‹ Astronomie populaire (volume 4)Chapitre 230 sur 347 · LIVRE XXI. — LA LUNE. i · texte numérisé non relu

LIVRE XXI. — LA LUNE. i

grossissement de 600 permettra de voir des carrés et des cercles de 200 mètres de côté.

Un grossissement de 6,000 permettrait de voir des objets ronds ou carrés de 20 niètres de côté.

Un objet allongé se voit quand il sous- tend latéralement un angle de 6'' ou de 1^10* de minute; un objet de 2 mètres de large pourrait donc être vu avec un grossissement de 6,000 s'il était très-allongé : tel serait un front de fortification, un' remblai de chemin de fer, etc., etc.

Prenons au reste la chose d'un autre point de vue.

La distance moyenne de la Lune à la Terre est de 96,000 lieues.

Quand on se sert d'un grossissement de 1,000 fois, c'est comme si Ton observait la Lune, à l'œil nu, à la distance de 96 lieues.

Ungrossiss^ment(|e?,000rainènelaLuq@4 43 ligues. Un grossissement de A.,000 à 24 lieues,

(In gros3i3seinept^ de 6,0P0 ^ i^ liei^es.

De Lyon on voit parfaitement le Mont-Blanc^ à l'œil nu, à 16 myriamètres, à 160,000 mètres, à 40 lieues.

Les montagnes delà Lune se verraient comme le Mont- Blanc de Lyon, en se servant d'un grossissement de 2,500 fois.

En présence de ces calculs,, on se demandera sans doute pourquoi op p'a pas ^éjà appliqué Ips forts grossissements dont il vient d'être question à l'observation de la Lune; Ja réponse est toute simple. La lumière lunaire n'est pas d'une intensité suffisante pour supporter l'affai- Uissement qui résulte de grossissements aussi énormes.

Cest seulement lorsqu'on parviendra à faire des miroirs de télescope ou des objectifs réunissant en leur foyer une très -grande quantité de lumière, qu'on arrivera à tous les résultats annoncés et déduits de calculs dont on ne saurait contester les bases.

Dans rétat actuel des choses, on est forcé de n'appliquer à Tobservation de la Lune que des grossissements modérés; quand on force outre mesure ces grossissements, on perd plus par l'affaiblissement de la lumière qu'on ne gagne par ramplification des angles sous lesquels les objets se présentent.

L'emploi d'une monture parallatique à mouvement d'horlogerie sera alors aussi d'une indispensable nécessité ; il n'est pas possible de faire des observations utiles lorsque chaque objet, chaque tache ne reste visible dans le champ de la vision que pendant une ou deux secondes de temps.

On voit par ces calculs ce qu'il faut penser de cette assertion du célèbre Robert Hooke, qu'il avait trouvé le moyen de construire des lunettes avec lesquelles on pourrait voir dans la Lune des habitants de la dimension de ceui de la Terre.

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