CHAPITRE XXVIII
INTENSITÉ ET COULEDR DE f.A ^iUM^ÈRÇ (SEND^ÉÇ
La lumière secondaire qui nous fait voir la totalité d'un hémisphère de la Lune, lors même que la portion éclairée par le Soleil se présente à nous sous la forme d'un croissant très-délié , cette lumière qu'on appelle aujourd'hui eendrée, fut remarquée des anciens, et les avait fort embarrassés. Les uns croyaient que la Lune était légèrement phosphorescente, et que c'était cette lumière propre qui nous faisait voir la totalité de l'astre dans des circonstances où, suivant la théorie des phases, on n'aurait dû en apercevoir qu'une très-petite partie; mais dans cette supposition, la Lune ne devait jamais disparaître dans les éclipses totales, et le contraire est arrivé.
D'autres astronomes, tels que Posidonius, pensaient qu^ la matière de la Lune était diaphane , de telle sorte
que les rayons du Soleil pénétraient au delà' de la surface directement éclairée par cet astre, et ensuite nous étaient renvoyés à la manière des rayons qui ont pénétré dans l'intérieur d'un nuage.
Cette opinion a été conservée par Vitellion et Reinhold.
Tycho-Brahé trouvait l'origine de la lueur cendrée dans la lumière de Vénus, qui, après avoir été illuminer la portion de notre satellite non visible du Soleil , était de là réfléchie vers la Terre.
Il en est qui sont allés jusqu'à chercher l'origine de cette lueur secondaire dans la lumière des étoiles ; enfin Maestlin, celui que Kepler appelait son maître, trouva la véritable cause de ce phénomène curieux dans la lumière solaire qui après être tombée sur notre globe et s'être réfléchie vers la Lune , revenait à la Terre à la suite d'une seconde réflexion éprouvée sur la matière dont notre satellite est formé. Cette explication fut publiée en 1604 dans VAslronomiœ pars optica de Kepler. En Italie on l'attribue à Léonard de Vinci, dans les manuscrits duquel elle se trouve, dit-on, consignée. Mais ce fait, que je n'ai nulle intention de révoquer en doute, s'il prouve toute la pénétration du peintre célèbre en matière de science , ne lui donne aucun droit au mérite de l'invention. Le véritable inventeur est celui qui a publié le premier, sauf de bien rares exceptions.
J'ai expliqué précédemment comment l'intensité de la lumière cendrée (chap. xxvi. p. 472) dépend de la portion de la Terre visible de la Lune et de son état plus ou moms nuageux. Il serait donc très-important de pouvoir