‹ Astronomie populaire (volume 4)Chapitre 309 sur 347 · LIVRE XXIT. -^ ÉCLIPSES ET OCCULTATIONS · texte numérisé non relu

LIVRE XXIT. -^ ÉCLIPSES ET OCCULTATIONS

Jupiter emploiera k djpparattre; U aura be^in du même temps pour reparaître en totalité ; car, à la sortie de derrière le corps opaque de la Lune, les phénomènes doivent 3e passer comme à l'entrée, mais seulement en sens inverse. Quand Mars a un diamètre de 10 secondes de degré, c'est 20 secondes qu'il emploie, soit à s'éclipser, soit à émerger, etc. , etc.

Supposons maintenant qu'une étoile zodiacale de première grandeur ait deux secondes de diamètre réel. Ce diamètre a beau être amplifié par les accidents de vision, il a beau être confus, mal défini, la Lune n'en emploie pas moins quatre secondes de temps à le parcourir. Pendant la durée de ces quatre secondes , la portion visible de l'étoile ira graduellement en diminuant. Une diminution de la portion visible d'un astre doit être inévitablement accompagnée d'une diminution d'intensité dans SQp image. Parvenue au bord de la Lune, la plus brillante étoile devra passer graduellement dans l'intervalle de k secondes de temps, par la 2% â% 4% etc., grandeur, avant de disparaître entièrement, A sa sortie, elle suivra la progression inverse ; presque imperceptible à l'instant mathématique de l'émersion, l'étoile s' élèvera bientôt jusqu'à la première grandeq?-. .

Ce n'est pas ainsi que les choses se passent : une étoile conserve tout son éclat jusqu'au moment v^èaie (ie sa disparition ; elle reparaît subitement aussi avec toute son intensité.

Nous étions donc partis d'une fausse hypothèse; les étoiles, malgré les apparences contraires, n'ont pas deux secondes de diamètre réel.

Si , au lieu de deux secondes de diamètre, nous avions pris une seconde, pour base de notre raisonnement, nous aurions trouvé que les mêmes changements d'intensité devraient s'opérer en deux secondes de temps. Deux secondes forment une période , pendant la durée de laquelle l'œil saisirait, sans aucun doute, des variations d'intensité portant graduellement une étoile dç la l** à la 10* grandeur, ou réciproquement. Ainsi, les étoiles zodiacales de première grandeur, n'ont pas même une seconde de diamètre réel.

Quoique la méthode dont je viens de donner l'analyse, ne soit applicable qu'aux étoiles situées dans le zodiaque, ou que la Lune peut éclipser, elle m'a paru assez utile, assez ingénieuse, pour mériter qu'on recherchât à qui elle était due. Voici ce que j'ai découvert de plus ancien à ce sujet :

Dans le cahier des Transactions philosophiques (fes mois de juillet , d'août et de septembre' 1718, je lis, page 853 : «Que l'étoile Palilicium (Aldebaran), émergea de dessous le bord obscur de la Lune, à 9^ 58" 20', qu'elle recouvra toute sa clarté en un clin d'œil, et qu'un pareil résultat démontra que le diamètre de cette étoile, de première grandeur, était presque nul. i Cette note est je crois de Halley.

On trouve une observation analogue dans le volume de l'Académie des Sciences de 1720.

Le 21 avril de cette même année 1720, Jacques Cassini observa l'immersion de y de la Vierge, sous le bord de la Lune. Cette étoile est double. Dans la lunette de 5*. 3, et non achromatique » dont l'astronome faisait

Page 1