LIVRE XXII. — ÉCLIPSES ET OCCULTATIONS
M. le docteur Angelo CavaHa, de Codogno, assurent que l*éclipse ne produisit d'effet ni sur les chevaux ni sur l'espèce bovine.
Le professeur Balsamo, de Milan, dit que deux chiens qu il examinait attentivement restèrent parfaitement im* passibles pendant toute la durée du phénomène.
M. Piola , au contraire , vit près de Lodi un chien de chasse qui se montra très-inquiet et poussa de longs gémissements. A Vérone, on fit la même observation.
Que conclure de la remarque de M. Balsamo comparée aux faits que j'ai rapportés d'après les observateurs de Perpignan, de Lodi et de Vérone? Une seule chose, ce me semble : c'est qu'il n'y a pas moins de différence, quant à T intelligence ou aux facultés provenant de l'instinct, entre les animaux de même espèce qu'entre les hommes.
Des observateurs de Crémone disent qu'il tomba à terre une immense quantité d'oiseaux. M. Zamboni, l'auteur des piles sèches, est cité pour avoir vu tomber à côté de lui un passere (un moineau).
M. Piola, qui était sous un arbre près de Lodi, remarqua que les oiseaux cessèrent de chanter au moment de l'obscurité; mais aucun ne tomba.
Dans la relation que M. l'abbé Zantedeschi m'a fait l'honneur de m'adresser de Venise , je lis qu'au moment de l'obscurité totale, « des oiseaux voulant s'enfuir et n'y voyant pas, allaient se heurter contre les cheminées des maisons ou contre les murs, et qu'étourdis du coup ils tombaient sous les toits, dans les rues ou dans les lagunes. Parmi les oiseaux qui éprouvèrent de ces acci-
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dents, on peut citef des hirondellçs et un pîgeor^. De^ hirondelles furent prises dans les rues, l'épouvante qui les avait saisies leur ayant à peine laissé la faculté de voleter {svolazzare) . »
Je lis, dans une brochure de M. Majocchi, que des abeilles qui avaient quitté let^r rviche en grand nombre, au lever du Soleil , y rentrèrent même avant le moment de réclipse totale, et qu'elles attendirent, pour en sortir de nouveau , que l'astre éclipsé eût repris tout son éclat.
Voici ce que rapporte M. Kutczycki des effets produits sur les habitants des îles Sandwich par l'éclipsé totale de 1850 :
« Quelques personnes qui m'entouraient gardaient aux approches de l'éclipsé totale un silence solennel, çt même les Indiens qui remplissaient la grande salle de la mission à Honolulu se turent complètement malgré feur loquacité ordinaire. Le silence dura pendant tout le temps de l'éclipsé totale ; mais à la fin, au mouient de la réapparition du Soleil, une acclan^ation immense et unanime retentit dans Honolulu et la campagne environnante, je puis dire dans l'île tout entière. Nul cas do terreur superstitieuse parmi les indigènes n'est parvenu à ma connaissance ; ils ont montré en général une grande curiosité; les rues d'Honolulu, après l'éclipsé, étaient littéralement jonchées de fragments de verre enfumé ; mais il y a eu des cas d'indifférence complète : on voyait plusieurs cerfs-volants, avec lesquels les enfants s'amusent presque continuellement, flotter tranquillement et se projeter en blanc sur le ciel assombri pendant l'éclipsé totale. • . •