‹ Astronomie populaire (volume 4)Chapitre 337 sur 347 · LIVRE XXII. -^ ÉCLIPSES ET OCCULTATIONS · texte numérisé non relu

LIVRE XXII. -^ ÉCLIPSES ET OCCULTATIONS

que la couronne n'ait rien de réel et soit le résultat de la diffraction que la lumière éprouve sur les bords des montagnes placées aux limites du disque apparent de la Lune? il faudra expliquer dans cette supposition ce qu'étaient les rayons courbes et qui plus est les rayons emmêlés, observés à Perpignan, dans l'éclipsé totale de 18/i2; il faudra dire pourquoi la couronne se voit avant !a disparition totale du Soleil et quelque temps après sa réapparition; pourquoi les rayons divergents, obscurs ou lumineux, dont la couronne semble parsemée, ne se prolongent pas jusqu'au bord de la Lune.

Prenons dans un autre sens l'expérience de De l'Isle, et voyons quels sont les doutes qu'elle peut soulever contre les idées reçues.

En faisant dans une chambre obscure une éclipse artificielle de Soleil , c'est-à-dire en faisant projeter sur le Soleil une plaque métallique dont le diamètre angulaire surpassait un tant soit peu celui de cet astre, De l'Isle rapporte qu'il voyait un anneau lumineux autour de l'image de l'écran opaque. Mais un pareil effet avait-il réellement, comme on l'a supposé, rien d'extraordinaire? Les régions de l'atmosphère terrestre qui paraissent toucher au Soleil n'ont-elles pas un grand éclat qui devait se manifester dans l'observation instituée par l'académicien français, en dehors des limites de la photosphère solaire , la seule que l'écran métallique occultait réellement? Loin qu'on dût s'étonner de la formation de l'anneau lumineux , ce serait l'absence d'un pareil anneau qui aurait droit de surprendre.

En supposant que l'anneau blanchâtre des éclipses

totales soit dû à Tatmosphère du Soleil» pourquoi eet anneau ne se verrait-il pas aussi dans les éclipses artificielles de cet astre? On peut donc supposer que Tanneau * observé dans l'expérience de De Tlsle était formé par la superposition de deux anneaux distincts, dépendant Tun de l'atmosphère terrestre, et l'autre de l'atmosphère solaire.

L'académicien français remarqua, lorsqu'il observait dans une chambre obscure, que l'anneau lumineux qiii entourait l'ombre du corps occultant , était composé de plusieurs anneaux distincts concentriques et séparés les uns des autres par de petites lignes obscures. Quand il observait en plein air, il ne voyait que le plus inférieur de ces anneaux. Nous retrouvons ici l'anneau remarqué à Perpignan pendant l'éclipsé de 1842, et si l'on veut le double anneau noté en Italie par M. Baily.

J'ajouterai que s'il fallait admettre certaines explications, dont nous parlerons tout à l'heure , on serait obligé de supposer qu'il existe dans l'atmosphère solaire extérieure (liv. XIV, chap. v, t. n, p. 9à) plusieurs couches concentriques de nuages placées à des hauteurs très-inégales au-dessus de la photosphère. Mais une circonstance de laquelle résulte que les anneaux blancs et concentriques, parfaitement terminés, dépendent d'une autre cause, c'est qu'en ne faisant dans la chambre obscure qu'une éclipse partielle. De l'Isle voyait les anneaux se projeter avec un grand éclat sur la partie non couverte du Soleil.

M. Swan a supposé, conformément à ce que nous avions admis en 1842 et en 1846, que la photosphère

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