LIVRE XX. — LÀ TERRE
qu'en peu d'heures de vastes étendues de terrain sont sorties de leur niveau primitif ; je vais compléter le tableau ^1 citant, en Europe même, un grand pays, la Suède et la Norvège , dont le sol s'élève aussi , mais graduellement , au-dessus de la mer.
11 existe , dans le nord de la mer Baltique , ou dans le golfe de Bothnie , sur des rochers dont la mer vient encore baigner le pied , des marques invariables ,• qu'on observe de temps en temps et qui montrent que , relativement à ces marques , le niveau des eaux s'abaisse graduellement.
Pour expliquer ce phénomène , il faut ou que les rochers montent avec tout le terrain dont ils font partie, ou que le niveau de la mer descende. Cette dernière hypothèse n'est pas admissible, car alors l'abaissement serait aussi sensible dans le nord de l'Allemagne qu'en Suède , résultat contredit par les observations. Le sol de la Scandinavie monte donc I
Quelle est la valeur séculaire de ce mouvement? Est-il uniforme, croissant ou décroissant ? Les circonstances climatologiques en modifient -elles la valeur? ou cesse -t- il d'être sensible? Toutes ces questions sont loin d'être parfaitement résolues.
La mer Baltique n'est pas sujette au flux et au reflux de l'Océan. Cependant, son niveau peut varier de quelques mètres, suivant que les vents viennent à souffler dans telle ou telle direction , suivant que ces vents font entrer ou sortir d'immenses fleuves d'eau par le Sund. Or , rien ne prouve qu'aux instants où l'on traça jadis sur les rochers les marques qui aujourd'hui servent de repères , la mer était exactement dans son état moyen. On
ne doit donc pas s'attendre à trouver entre les résultats une conformité que les points de départ ne comportent pas; mais il serait également déraisonnable de vouloir attribuer à cette seule circonstance la totalité des élevations de terrains observées: il faudrait, en effet, que, dans une multitude de lieux , à différentes époques , et sans aucun dessein prémédité, on eût précisément choisi pour placer les -marques , le moment où la Baltique était gonflée par l'action d'un vent fort. Voici , au surplus , quelques résultats précis tirés d'un mémoire de M. Hallstrom.
Noms
des
endroits.
Dates da signe ^ de départ.
Noms des observateurs.
Dates du signe comparé.
Noms des observateurs.
AsceDSÎon
séculaire
do sol.
Raholman.
1700. Dawison.
Hellant
Zeelberg.
Stor-Rebben.
1761. Hellant.
Schulten.
Hjort
Ratan (6U' de latit).
1749. Chydénius.
Schulten.
Wallman.
Hallstrom.
1774. Hellant
Schulten.
Wallman.
Hallstrom.
Ronnskar.
1755. Klingius.
Hallstrom.
Brodd.
Wargon.
Schulten.
Hallstrom.
Brodd.
Lofgrandet (6f 45'
de latitude).
1731. Rudman.
Schulten.
Robson.
L'abaissement séculaire de la mer, ou plutôt l'élévation séculaire moy^ine du terrain , sur la rive occidentale du golfe dé Bothnie , est donc de 1"^ 31. ;