‹ Astronomie populaire (volume 4)Chapitre 93 sur 347 · LIVRE XX. — LA TERRE · texte numérisé non relu

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au moment de son départ, ne manque jamais de se munir d'un baromètre; mais à peine a-t-il parcouru quelques lieues dans le pays qu'il veut visiter, que l'instrument fragile est brisé ou rendu inutile par la rentrée de l'air dans le tube barométrique ; remplir un nouveau tube et le soumettre à l'ébullition, semble alors le seul remède possible, mais une telle opération est longue, pénible, difficile, et dans certains pays, comme dans l'intérieur de l'Afrique, complètement inexécutable. Mon ami, M. Boussingault, m'a raconté que pendant ses voyages dans l'intérieur de l'Amérique centrale, c'est-à-dire dans un pays à demi civilisé , il n'avait pas cassé moins de quatorze baromètres. 11 était donc bien désirable qu'on pût placer dans les mains des voyageurs un instrument dont les indications eussent toujours la certitude désirable, et qui ne fût pas soumis aux chances de rupture qu'on ne saurait éviter. J'ai pensé qu'on satisferait complètement à ces deux conditions, si l'on transportait le baromètre à cuvette entièrement vide, si on le remplissait sur place, ce qui ne devrait pas prendre plus de deux minutes , et si à l'aide de la réduction de la chambre barométrique, on déterminait expérimentalement la quantité d'air que le mercure non bouilli avait pu laisser échapper.

Cette idée, si simple, si plausible, est restée sans application, sinon dans les observatoires, du moins de la part des artistes en possession de fournir les voyageurs des instruments dont ils ont besoin. Récemment, un mécanicien très-habile s'était proposé de construire des baromètres satisfaisant à la condition désirée. M. Boussingault, à qui il faisait part de son projet, l'avertit que

j'avais déjà imaginé le même procédé il y a plus de vingt ans, et que des instruments exécutés d'après ce principe existaient à l'observatoire de Paris. Mais, eti matière de priorité , rien ne peut suppléer à une publication. J'en étais arrivé à regretter de ne pas avoir répandu mon projet par la voie de la presse, lorsque M. Boussingault me fit remarquer que le volume xxxiii des Annales de chimie et de physique renferme dans le résumé météorologique de l'année 1826, une indication très-circonstanciée de ma méthode.

Voici en effet le passage en question : « En apportant une légère modification à la construction des baromètres ordinaires, on se mettra désormais entièrement à l'abrî de ces dérangements que les baromètres éprouvent, soit dans le transport , soit par une infiltration graduelle de l'air extérieur , soit enfin par le dégagement de celui que le liquide peut renfenner. Ce changement , qui consiste tout simplement à rendre le tube de verre mobile, afin qu'on ait la faculté d'augmenter ou de diminuer à volonté , et dans des rapports connus, la capacité de la chambre barométrique, permettra même, si je ne me trompe , de porter en voyage le mercure à part et de n'en remplir le tube qu'au moment de l'expérience, sans soumettre ce liquide à aucune ébullition. Il est facile de voir, en efiet, que si Ton fait une observation dans un certain état de la chambre barométrique et qu'on la répète aussitôt après avoir réduit la capacité de cette chambre au 1/10' de sa valeur primitive, la petite quantité d'air sec qui pourra s'y trouver, produira juste dix fois plus d'effet dans la seconde observation que dans la première. La difl'érence des deux

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hauteurs divisée par 9 sera donc ce qu'il faudra ajouter à la première, pour la ramener à ce qu'on aurait trouvé avec un baromètre entièrement purgé d'air. Je m'abstiendrai ici de plus amples détails; le lecteur remarquera seulement que si ce procédé réussit, comme tout le fait espérer, les voyageurs n'auront plus à craindre les ruptures des baromètres , puisqu'ils pourront transporter le mercure dans une fiole en fonte de fer, construire le tube lui-même en fer forgé , réduire toute la partie fragile de l'instrument à un cylindre de verre épais de 8 à 10 centimètres de long, qui ne se vissera sur le tube en fer qu'au moment de l'observation, et qu'on renfermera immédiatement après dans un étui semblable aux étuis des thermomètres et assezt court pour être placé dans la poche d'un habit. »

J'ai .fait établir plusieurs baromètres sur ce principe; l'un d'eux construit par un des artistes les plus habiles que la France ait possédés, par Gambey, a été présenté à l'Académie des sciences en 18/ift. Je disais alors : « Le baromètre se monte et se démonte facilement ; toutes ses parties sont contenues dans une boîte de peu de volume , et il n'y a plus de chances de rupture , la boîte tombâtelle de la hauteur d'un cheval. » M. Kupffer en a fait exécuter plusieurs pour les observatoires de Russie; on comprend, en effet, que la faculté de diminuer ou d'augmenter la chambre barométrique fournit une vérification importante, à laquelle on doit désirer pouvoir soumettre les instruments étalons des observatoires.

Un changement de pression atmosphérique n'est pas la seule cause qui puisse faire varier la longueur de la

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colonne de mercure qui est contenue dans le tube du baronrïètre. Les physiciens ont reconnu , en effet, que la chaleur dilate tous les corps et que le froid les resserre ; de là il résulte que le poids de mercure qui fait équilibre à celui de Talmosphère, occupera dans le tube un espace d'autant plus grand que la température de ce liquide sera plus élevée. Les observations du baromètre ne seront donc comparables que lorsqu'on les aura réduites à la même température; et c'est pour cela qu'on enchâsse dans la monture de cet instrument un thermomètre dont la boule touche le tube, et qu'il faut consulter, si l'on vise à une grande précision, toutes les fois qu'on observe le baromètre. Les recherches des physiciens ont montré que la longueur d'une colonne de mercure augmente de sa 5550"' partie pour chaque degré centigrade d'élévation dans sa température. Dans les calculs de correction qu'on effectue pour ramener les hauteurs barométriques observées à ce qu'elles seraient si l'appareil se trouvait à la température de 0**, il faut aussiavoir soin de tenir compte de la dilatation de Téchelle de laiton, de verre ou de toute autre substance qui porte les divisions en millimètres ou en lignes. On a construit des tables qui permettent d'effectuer ces corrections avec une grande promptitude.

11 est enfin une dernière cause d'erreur contre laquelle îl est utile de se prémunir, et qui tient à ce que la force de la capillarité produit sur la colonne de mercure un abaissement d'autant plus grand que le diamètre du tube est plus petit. A cet égard les meilleurs baromètres sont ceux dont les tubes sont le plus larges. Des expériences et des calculs dus à d'illustres physiciens et géomètres.

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