LIVRE XX. — LA TERHE
cule du soir et Taurore du matin allongent la durée du temps pendant lequel on est éclairé par la lumière solaire. On conçoit que l'observation de ces phénomènes a dû faire naître de bonne heure l'idée d'y chercher la mesure de la hauteur de l'atmosphère terrestre.
Supposons que la Terre soit figurée par le cercle de rayon OA (fig. 246), que son atmosphère soit limitée
Fig. 246. — Mouvement de la courbe crépusculaire.
par la circonférence CDEF. II est évident que lorsque le Soleil sera descendu au-dessous de l'horizon AB du lieu A, il n'éclairera plus qu'une portion de l'atmosphère. Ainsi quand le Soleil sera en S, si on imagine un cône tangent à la Terre et ayant le Soleil pour sommet, toute la partie de l'atmosphère située au-dessous de SC cessera d'être éclairée pour l'observateur placé en A, et la partie CDEF seule le sera encore. Plus tard, quand le Soleil sera en S', il n'y aura plus d'éclairée que la partie DEF; plus tard encore, que la partie EF; enfin, quand le Soleil
486 ASTRONOMIE POPULAIKE,
sera en S''', sur la surface tangentielle menée par l'intersection E de Thorizon AB avec la circonférence limite de Tatmosphère, le crépuscule cessera. Dès que le Soleil est couché, on doit donc voir une sorte d'arc apparaître du côté opposé, s'élever de plus en plus, atteindre le zénith, puis s'abaisser, et enfin disparaître. Les phénomènes se passeraient d'une manière inverse pour l'aurore ou crépuscule du matin. Telle est la théorie que les plus anciens astronomes avaient conçue des phénomènes crépusculaires. On trouve dans VOptique d'Alhasen que l'angle d'abaissement du Soleil pour la fin du crépuscule ou le commencement de l'aurore est de 18*, et c'est encore cette valeur que les astronomes modernes adoptent comme moyenne. Rothman avait trouvé que le crépuscule ne finissait complètement que lorsque le Soleil était descendu de 24° au-dessous de l'horizon ; Nonius donnait 16*, Cassini 15". Riccioli trouvait pour les équinoxes 16* le matin et 20* le soir.
Dans nos climats on aperçoit difiicilement avec netteté la limite de séparation entre la partie de l'atmosphère éclairée par le Soleil et celle qui ne ifeçoit pas ses rayons directs. Mais Lacaille, dans son voyage au cap de fionne* Espérance , a constaté toutes les phases que nous venons d'indiquer d'après la théorie. « Les 16 et 17 avril 1751 , dit-il, étant en mer et en cahne, par un ciel extrêmement clair et serein, où je distinguais Vénus à l'horizon de la mer, comme une étoile de seconde grandeur, je vis la lumière crépusculaire terminée en arc de cercle, aussi régulièrement que possible. Ayant réglé ma montre à l'heure vraie, au coucher du Soleil, je vis cet arc con-