‹ Astronomie populaire (volume 5)Chapitre 19 sur 305 · LIVRE XX. — LA TERRE · texte numérisé non relu

LIVRE XX. — LA TERRE

dans son beau livre des Révolutions célestes , imprimé à Nurenberg en 1543. Dans les brillantes leçons qu'il professa à l'Université de Padoue, Galilée soutint le système de Copernic. Ces leçons donnèrent lieu à une vive polémique de la part des péripatéticiens, partisans du système de Ptolémée , et ce qui était bien plus dangereux pour l'illustre professeur, de la part des théologiens qui prétendaient que la doctrine du chanoine de Thorn était contraire aux Saintes Écritures.

Les adversaires de Galilée, aussi ignorants que superstitieux , ne cessaient de répéter le Terra in œternum stat de l'Écriture, et le passage que j'ai apprécié dans le chapitre précédent et où il est dit que Josué commanda au Soleil de s'arrêter.

En réponse à ses ennemis, Galilée écrivit en 1615 une lettre à la grande -duchesse Christine de Toscane, dans laquelle, prenant la question au point de vue théologique, il s'efforçait de prouver que la Bible avait jusque-là été mal interprétée. Cette prétention d'un savant non engagé dans les ordres religieux à expliquer les Saintes Écritures, excita à Rome une grande rumeur, et fut considérée comme l'empiétement le plus dangereux sur les prérogatives de l'Église.

Dans la même année 1615, le moine carme napolitain Foscarini publia une dissertation où il chercha à concilier le sens littéral des passages de l'Écriture avec le système de Copernic , en faisant remarquer que la Bible , que la Genèse ne sont pas des ouvrages de science, et que pour être compris il fallait bien se conformer en apparence aux idées et aux préjugés de la multitude.

Cependant l'orage qu'amassaient à Rome contre Galilée les péripatéliciens, devenant de plus en plus menaçant, il résolut de se rendre dans la ville éternelle pour confondre ses ennemis. 11 y trouva des préventions beaucoup plus vives qu'il ne Pavait supposé. Les moines, ses antagonistes, avaient circonvenu tous les cardinaux ; les démonstrations savantes et lucides de Galilée n'eurent enfin pour résultat que la publication d'un décret du saint- office par lequel les ouvrages de Copernic et du carme fôsearini furent censurés et prohibés. Quant à lui, il n'échappa à une censure explicite que parce que les preuves qu'il donnait à l'appui du double mouvement de la Terre n'étaient pas publiées. Aussi, lorsque Galilée publia à Florence, en 1632, son célèbre ouvrage les Dialogues, dans lequel le double mouvement de la translation de la Terre autour du Soleil et de la rotation diurne se trouve défendu par des considérations astronomiques longuement déduites, il ne tarda pas à être dénoncé à Rome. Galilée , alors âgé de soixante -dix ans, malgré l'état très- précaire de sa santé , malgré une maladie contagieuse qui avait fait établir un cordon sanitaire sur les frontières de la Toscane, fut obligé de se rendre en 1637 dans la capitale du monde chrétien. Le 20 juin de cette année, les inquisiteurs rendirent leur sentence ; elle portait que l'auteur des Dialogues était condamné à la détention dans les prisons du saint-office , suivant le bon plaisir du pape : Urbain VIII portait alors la tiare. On dicta à l'illustre astronome une formule d'abjuration qu'il fut tenu de prononcer à genoux, et qui était conçue en ces termes, que j'emprunte à l'Histoire de V Astronomie de Delambre :

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