‹ Astronomie populaire (volume 5)Chapitre 196 sur 305 · T A-T-IL EU DES CHANGEMENTS DANS LA TRANSLATION · texte numérisé non relu

T A-T-IL EU DES CHANGEMENTS DANS LA TRANSLATION

DE LA TERRE

Whiston , comme nous l'avons vu dans le chapitre xi (p. 107 etsuiv.), s'était proposé de rattacher à des causes physiques le déluge biblique, celui que Moïse a décrit. Son célèbre compatriote Halley avait envisagé le problème d'une manière moins spéciale.

Il existe, disait -il, des productions marines, loin de la mer et sur les plus hautes montagnes ; donc ces régions ont été jadis sous les eaux. Mais par quelle impulsion l'Océan abandonna- 1 -il des limites dans lesquelles de nos jours, sauf de très- légères oscillations, il reste constamment renfermé? C'est ici que Halley appelle à son secours , non comme Whiston , une comète passant dans notre voisinage et donnant naissance à une très- forte marée, mais un astre de cette espèce qui, dans sa course elliptique autour du Soleil , choque directement la Terre. Examinons de près quels seraient les effets d'un pareil événement.

Concevons un corps solide marchant en ligne droite avec une certaine rapidité, et sur lequel, à l'origine, un autre corps beaucoup plus petit aura été seulement posé. Ces deux corps, quoiqu'ils ne soient pas liés l'un à l'autre,

ne se sépareront point dans leur marche, parce que la force qui les entraîne leur aura graduellement , et dès le début, communiqué des vitesses égales. Supposons maintenant qu'un obstacle insurmontable se présente tout à coup sur le chemin du premier corps; qu'il l'arrête instantanément. Les parties de la surface antérieure, les parties choquées seront, à la rigueur, les seules dont la vitesse se trouvera directement anéantie par l'obstacle; mais comme les autres parties sont invariablement liées aux premières, puisque d'après notre hypothèse le corps est solide, ce corps s'arrêtera tout entier.

Il n'en sera pas de même du petit corps que nous avons simplement posé sur le premier. Celui-ci peut s'arrêter sans que l'autre, auquel rien ne le rattache si ce n'est un très -faible frottement, en éprouve aucun effet, sans qu'il perde rien de sa vitesse. En vertu de cette vitesse acquise et non anéantie , le petit corps se séparera du gros. 11 continuera à se mouvoir dans la direction primitive jusqu'au moment où la pesanteur l'aura ramené à terre. On doit maintenant comprendre comment un promeneur est lancé au loin lorsque son cheval, en s'abattant, arrête tout à coup le rapide tilbury auquel il était attaché; de quelle manière les voyageurs assis sur l'impériale des voitures à vapeur qui parcourent avec tant de vitesse les chemins de fer, sont lancés dans l'espace comme autant de projectiles, à l'instant même où un accident met fin aux mouvements de ces ingénieux appareils. Mais la Terre est-elle donc autre chose qu'une voiture qui, dans sa marche à travers les régions de l'espace, n'a besoin ni de roues ni de rails ?

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