‹ Astronomie populaire (volume 5)Chapitre 23 sur 305 · LIVRE XX. — LA TERRE · texte numérisé non relu

LIVRE XX. — LA TERRE

Tout le monde sait que lorsqu'un corps est assujetti à tourner suivant une circonférence de cercle, il tend à être jeté en dehors de cette circonférence avec une violence proportionnelle au carré de la vitesse de sa rotation , et dans un rapport inverse avec le rayon de sa circonférence. La force centrifuge est connue de tous ceux qui ont fait tourner une fronde ; on en perçoit l'effet chaque jour dans les courbes des chemins de fer. Un point qui est placé à la surface de la Terre est soumis à l'action de la pesanteur qui le fait tomber suivant la verticale ; en outre, si la Terre tourne, il subit l'influence de la force centrifuge dans le sens de la perpendiculaire à l'axe de rotation, force qui sera d'autant plus grande que la distance à l'axe de rotation sera elle-même plus grande.

Eh bien , supposons qu'on fixe un fil à plomb au sommet d'une tour, et que le poids qui le tend descende jusqu'à la surface du sol. La direction de ce fil à plomb dépendra de la direction de la pesanteur et de la force centrifuge résultant de la rotation de la Terre mesurée au pied de la tour. Un second fil à plomb dont le point de suspension serait à une petite distance à l'est, à 20 millimètres , par exemple , du point de suspension du premier fil , et qui serait tendu par un poids à une petite distance au-dessous du point d'attache, n'aurait pas la direction du premier. En effet , la direction de ce second fil s'obtiendrait en combinant la direction de la pesanteur, direction qui est absolument la même que pour le premier, avec la force centrifuge plus grande au sommet de la tour qu'à la base. La résultante de ces deux forces porterait

donc ce second fil' prolongé à plus de 20 millimètres à a.— m. 3

Test du point auquel correspond le premier poids. Que , dans l'impossibilité de s'assurer directement du défaut de parallélisme des deux fils , on détache le poids suspendu à l'extrémité du second, dans sa descente ce poids suivra la direction suivant laquelle il avait tendu le second fil. Si donc la supposition dont nous sommes partis est exacte, si notre globe tourne de l'ouest à l'est , ce poids tombant touchera la Terre à l'orient du point auquel aboutit le premier de plus de 20 millimètres.

Les expériences faites d'abord en Italie par Guglielmini, répétées en Allemagne par Benzemberg et par M. Reich, ont constamment donné une déviation orientale comme l'indiquait la théorie. Mais ce que ne donnait pas le calcul de Laplace et de M. Gauss, c'est que le corps tombant tombe avec une petite déviation au sud, en sorte que la déviation totale se trouve être est-sud-est. Laplace a trouvé par le calcul qu'à l'équateur la déviation pour 100 mètres de hauteur devrait être de 22 millimètres. Les expériences de Guglielmini ont donné une déviation de 18mill.05 pour une hauteur de 78™. 28, et celles de Benzemberg une déviation de llmU1.28 pour une hauteur de 84n,.46. M. Reich, en répétant les mêmes expériences, a trouvé une déviation de 28mill.3 pour une hauteur de chute de 158m.5; la théorie indiquerait une déviation de 27mm.6. Ce phénomène délicat et sur la mesure duquel les moindres courants d'air peuvent exercer une influence notable, devrait être soumis à un nouvel examen.

Il est dès ce moment parfaitement certain que la déviation est ou sud-est ne peut pas se concilier avec l'immobi-

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