‹ Astronomie populaire (volume 5)Chapitre 268 sur 305 · LIVRE XXII. — ÉCLIPSES ET OCCULTATIONS · texte numérisé non relu

LIVRE XXII. — ÉCLIPSES ET OCCULTATIONS

usage, l'intervalle obscur compris entre les deux étoiles, paraissait tout au plus égal au diamètre de chacune d'elles. La première et la seconde étoile disparurent subitement , c'est-à-dire «n moins d'une demi-seconde ; mais Tintervalle entre les temps des deux disparitions s'éleva à trente secondes. Ainsi, le bord de la Lune qui semblait n'avoir eu besoin que d'une demi-seconde pour se transporter au bord opposé d'un certain disque lumineux, employa 30 secondes à parcourir un espace obscur de même étendue apparente. Cet espace était donc plus grand qu'il ne le paraissait ; les deux étoiles rétrécissaient l'espace réel, à raison de l'élargissement de leurs diamètres ; cet élargissement donnait à chaque étoile un diamètre 30 fois au moins plus considérable que le diamètre véritable. Il est juste de remarquer que la lunette de Cassini n'étant pas achromatique, devait, par cette seule raison , présenter les étoiles considérablement dilatées. Aujourd'hui, l'observation ne donnerait pas, à beaucoup près , le résultat extraordinaire consigné dans le Mémoire de Cassini.

Il est une circonstance qui a jeté du louche dans l'esprit de beaucoup d'astronomes, sur l'observation des occultations d'étoiles, et sur les conséquences qu'on en à déduites, je veux parler de l'apparition de l'image de Pétoile sur le disque de la Lune.

On a souvent remarqué, en effet, qu'avant de disparaître , une étoile se projetait sur le disque apparent de la Lune, et, circonstance singulière, ce phénomène, souvent visible pour un observateur habile, et muni de trèsbons instruments, n'était pas aperçu par un observateur A.— m. 36

placé immédiatement à côté du premier , disposant de télescopes d'une qualité comparativement inférieure.

J'ai été étonné de voir dans un ouvrage publié récemment par un des astronomes les plus renommés d'un pays voisin, que ce phénomène lui paraissait devoir dépendre d'une réfraction qu'éprouveraient les rayons partis de l'étoile et traversant l'atmosphère de la Lune, comme si une telle réfraction ne devait pas avoir pour effet nécessaire et inévitable d'écarter toujours les rayons de l'étoile des bords du disque de notre satellite. Mairan qui avait pensé déjà à cette cause, ne s'y était pas trompé, il avait reconnu que la réfraction ordinaire ne pouvait produire les effets observés, qu'en supposant l'atmosphère de la Lune moins dense que l'éther dans lequel nage cette planète ; ce serait donc par une inflexion négative que le phénomène arriverait.

Duséjour était disposé à l'attribuer à une inégalité de réfraction que les rayons de l'étoile et les rayons de la Lune éprouveraient dans l'atmosphère terrestre. Supposons, en effet, que cette inégalité de réfraction existe et que l'étoile doive disparaître vers le bord supérieur de la Lune par l'effet d'un mouvement de cet astre en déclinaison , au moment du contact réel de l'étoile et du bord supérieur de notre satellite, les rayons seraient confondus et marcheraient ainsi ensemble jusqu'à notre œil ; mais si celui qui émanait des bords de la Lune était plus réfracté dans notre atmosphère que le rayon de l'étoile, le bord se projetterait en apparence sur l'étoile d'une quantité égale à l'inégalité de réfraction.

La même chose arriverait pour une occultation dont

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