‹ Astronomie populaire (volume 5)Chapitre 275 sur 305 · LIVRE XXII. — ÉCLIPSES ET OCCULTATIONS · texte numérisé non relu

LIVRE XXII. — ÉCLIPSES ET OCCULTATIONS

les rayons qui lui parviennent ainsi exceptionnellement auront eu à éprouver une moindre réfraction; cette lumière aura donc plus d'intensité dans les éclipses apogées que dans les éclipses périgées» C'est ce qui est confirmé par toutes les relations des astronomes.

Je ne dois pas dissimuler pourtant que cette explication, toute naturelle qu'elle peut paraître, a été révoquée en doute par des observateurs justement célèbres.

Suivant les calculs de. William Herschel , dans l'éclipsé de Lune du 22 octobre 1790, il aurait fallu, pour rendre compte de l'arrivée des rayons solaires sur le corps de la Lune, qu'ils eussent éprouvé dans l'atmosphère terrestre une réfraction égale à 54' Ç", ce qui lui paraissait impossible. 11 préférait supposer* avec .quelques anciens, que toutes les planètes, y compris la Lune, émettent une faible lumière. Mais comment l'illustre astronome n'a-t-ii pas remarqué que, dans cette hypothèse, la Lune ne devait jamais disparaître en totalité. Or, les annales de r astronomie renferment plusieurs observations d'éclipsés totales de Lune, accompagnées d'une disparition complète de l'astre. Ainsi, Hévélius rapporte qu'on ne voyait aucune trace de notre satellite dans l'éclipee du 25 avril 1642. Maratdi dit avoir remarqué plusieurs fois le même phénomène. La Lune, suivant ce que racontent MM. Maedler et Béer, disparut aussi entièrement à Londres et à Dresde pendant P éclipse du 10 juin 1816.

Ces disparitions complètes se concilient facilement avec l'hypothèse que nous avons discutée d'abord; il suffira de supposer que les régions de notre atmosphère que doivent traverser les rayons qui peuvent parvenir à

la Lune par voie de réfraction sont quelquefois couvertes de nuages.

Qui pourrait légitimement se servir du mot impossible, lorsqu'il s'agit de réfractions éprouvées dans l'atmosphère des régions polaires et par des températures audessous de zéro, dont les valeurs entières ne sont pas encore exactement connues? Remarquons; au surplus, que les bizarreries qu'offrent dans leur déplacement sur le corps de la Lune les lumières rougeâtres en question tiennent peut-être au déplacement des éclaircies de l'atmosphère terrestre par lesquelles la lumière solaire parvient à pénétrer jusqu'à la Lune. On se tromperait fort, en effet, si l'on supposait que la nuance rougeâtre dont nous nous occupons ici est uniformément répandue sur la surface de l'astre. Messier aperçut dans les éclipses de Lune de 1783 des parties du disque diversement éclairées qui circulaient lentement autour du centre de la Lune.

Au surplus, des phénomènes de polarisation observés dans cette lumière secondaire tendraient à faire croire qu'une partie de cette lumière parvient à notre satellite après s'être réfléchie, c'est-à-dire polarisée, dans les régions supérieures de notre atmosphère. Je ne consigne ici cette remarque (je n'ai eu l'occasion dé la faire qu'une seule fois) que pour engager les observateurs à suivre attentivement un phénomène d'où l'on pourra déduire plus d'une conséquence importante.

Parlons aussi, en terminant, de la teinte bleuâtre qu'ont présentée quelquefois les parties de la Lune situées sur les bords de l'ombre, comme l'ont remarqué

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