‹ Astronomie populaire (volume 5)Chapitre 48 sur 305 · LIVRE XX. — LA TERRE · texte numérisé non relu

LIVRE XX. — LA TERRE

or on observe , au contraire , dans le nord de la France , où ces dépôts paraissent avoir été très- peu tourmentés, que les craies n'atteignent jamais une hauteur de plus de 200 mètres au-dessus de la mer actuelle. Elles présentent précisément la disposition d'un dépôt qui se serait formé dans un bassin rempli d'un liquide dont le niveau n'aurait atteint aucun des points élevés aujourd'hui de plus de 200 mètres.

Je passe à une seconde preuve , empruntée à Saussure, et qui semble encore plus convaincante.

Les terrains de sédiment renferment souvent des galets ou espèces de cailloux roulés, d'une forme à peu près elliptique. Dans les lieux où la stratification du terrain est horizontale , les plus longs axes de ces cailloux sont tous horizontaux, par la même raison qui fait qu'un œuf ne se tient pas sur sa pointe ; mais là où les couches sédimenteuses sont inclinées sous un angle de 45% les grands axes d'un grand nombre de ces cailloux forment aussi avec l'horizon des angles de 45° ; quand les couches deviennent verticales, les grands axes de beaucoup de cailloux sont verticaux.

Pour se convaincre que dans l'acte du redressement d'une couche horizontale, tous les grands axes des cailloux qu'elle renfermait n'ont pas dû devenir verticaux, on n'a qu'à tracer des lignes dans diverses directions sur un plan horizontal et à le faire tourner ensuite autour d'une certaine charnière. Dans ce mouvement, toutes les lignes parallèles à la charnière resteront constamment horizontales. Les lignes perpendiculaires à cette même charnière s'inclineront au contraire à l'horizon de toute

la quantité dont le plan se mouvra, en sorte qu'au moment où il atteindra la position verticale, ces lignes seront verticales elles-mêmes. Les lignes placées primitivement dans des directions intermédiaires entre celles de ces deux systèmes, formeront avec l'horizon des angles compris entre 0 et 90°. Or c'est là l'image fidèle de la disposition qu'affectent les grands axes des cailloux dans les couches redressées.

Les terrains de sédiment , l'observation des cailloux le démontre, n'ont donc pas été déposés sur la place et dans la position qu'ils occupent aujourd'hui; ils ont été relevés plus ou moins au moment où les montagnes dont ils recouvrent les flancs sont sorties du sein de la Terre.

Cela posé , il est évident que les terrains sédimenteux dont les couches se présenteront sur la pente des montagnes, dans des directions inclinées ou verticales, existaient avant que ces montagnes surgissent. Les terrains également sédimenteux qui se prolongeront horizontalement jusqu'à la rencontre des mêmes pentes, seront, au contraire, d'une date postérieure à celle de la formation de la montagne ; car on ne saurait concevoir qu'en sortant de terre elle n'eût pas relevé à la fois toutes les couches existantes.

Plaçons des noms propres dans la théorie générale et si simple que nous venons de développer, et la découverte de M. de Beaumont sera constatée.

Des quatre espèces de terrains sédimenteux que nous avons distinguées, trois, et ce sont les plus élevées, les plus voisines de la surface du globe ou les plus modernes, se prolongent en couches horizontales jusqu'aux mon-

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