LIVRE XX. — LA TERRE
Blanc, se sont soulevées après le dépôt des terrains tertiaires et avant la formation des terrains d'alluvion modernes.
XXI. Système de la chaîne principale des Alpes. — ■ Les crêtes de la Sainte- Baume, de Sainte-Victoire, du Leberon, du Ventoux et de la montagne du Poët, dans le midi de la France ; la crête principale des Alpes qui court du Valais vers l'Autriche ; la crête moins haute et moins étendue, qui comprend en Suisse le mont Pilate et les deux Myten , etc. , dit M. de Beaumont , sont différents chaînons de montagnes qui , malgré leur inégalité , sont comparables entre eux , à cause de leur parallélisme et de leurs rapports de constitution. » lis paraissent dus à un système de fracture unique dont la formation a été pour ainsi dire le signal de l'élévation des cratères de soulèvement du Cantal , du Mont-Dore et du Mezenc , autour desquels se sont groupés plus tard les cônes volcaniques de l'Auvergne. Cette fracture a donné naissance à deux pentes opposées qui n'ont pu se produire qu'après l'existence des lacs dans lesquels s'était accumulé le terrain de transport provenant de courants diluviens dus peut-être à la fusion des neiges des Alpes occidentales. 11 en est résulté de nouveaux terrains d'alluvion dont le dépôt n'a subi jusqu'ici aucun dérangement
XXII. Système du Ténare, de F Etna et du Vésuve. — Après le dépôt des parties les plus récentes du terrain subapennin, ont eu lieu des dislocations qui s'observent dans les montagnes de la Laconie, et qui se tenninent au cap Matapan ou Ténare. L'Etna et le Vésuve appartiennent à cette révolution du globe. Le système de ces vol-
cans paraît s'être soulevé immédiatement après la chaîne principale des Alpes.
XXIII. Système de VAxe volcanique méditerranéen. — Si l'on fait passer un grand cercle de la Terre par le pic de Ténériffe et le mont Etna, on a une direction à laquelle semblent appartenir Stromboli , Santorin, le mont Argée, PArarat et le pic de Demavend. Ce système, qui se serait soulevé vers la même époque que le système du Ténare, constitue ce que M. de Beaumont appelle l'Axe volcanique de la Méditerranée,
XXIV. Système des Açores. — Ce système est dirigé à l'extrémité sud-ouest de l'Europe, des Açores au petit groupe des îles de Madère et de Porto -Santo.
Nous avons dit précédemment (p. 83) que M. de Beaumont avait montré que les différents soulèvements qu'il est parvenu à classer par rang d'âge, sont disposés parallèlement à des grands cercles de la sphère terrestre. Cette vue ingénieuse a conduit notre illustre confrère à établir une relation certaine entre les chaînes de montagnes de l'Europe et celles des autres parties de notre globe. Nous croyons inutile de rien ajouter aux aperçus que nous avons déjà donnés à ce sujet. Nous dirons seulement que le soulèvement du système principal des Andes paraît être contemporain de celui des systèmes du Ténare et de l'Axe volcanique de la Méditerranée. Les systèmes nés postérieurement au système de la chaîne principale des Alpes, sont peut-être sortis du globe après l'apparition de l'homme sur la Terre. On trouve dans les dépôts de transport qu'ils ont produits des traces de l'industrie humaine. Le déluge historique pourrait se rattacher à cet
événement. «Des crises violentes, dit M. de Beaumont, accompagnées de l'élévation de chaînes de montagnes et suivies de mouvements impétueux des mers, capables de désoler de vastes étendues de la surface du globe, paraissent avoir, pendant un laps de temps probablement immense , fait partie du mécanisme de la nature ; il n'y a rien d'absurde à admettre que ce qui est arrivé à un grand nombre de reprises depuis les plus anciennes jusqu'aux plus modernes périodes de l'histoire de la Terre, soit arrivé une fois depuis que l'homme existe sur sa surface. »
Maintenant les montagnes ont -elles surgi au hasard? Ne peut-on trouver une loi qui ait présidé à leur arrangement? C'est une question que M. de Beaumont a encore abordée de la manière la plus heureuse. Quelques explications feront comprendre l'importante découverte que la science lui doit sur ce sujet. Si Ton jette les yeux sur la figure 245 (p. 100) qui représente les directions de 21 systèmes de montagnes européens sur les 24 que nous avons énumérés, on remarque d'abord que les directions semblent être presque perpendiculaires deux à deux. Cette figure a été obtenue en projetant l'Europe sur l'horizon du Binger-Loch, défilé par lequel le Rhin s'échappe de la plaine de Mayence. On y a tracé les directions de chaque système , en calculant l'orientation qu'aurait au Binger- Loch un arc de grand cercle de la sphère terrestre perpendiculaire au grand cercle de comparaison du système correspondant, et en menant ensuite par le Binger-Loch un second arc de grand cercle perpendiculaire au premier. Cet arc de grand cercle est représenté sur la figure
par une ligne droite qui lui est tangente au Binger-Loch même.
On voit que chacun des vingt-et-un grands cercles qui donnent les directions des vingt-et-un systèmes de mon-
tagnes figurés, coupe les vingt autres sous un angle particulier. De là deux cent dix angles différents que M. de Beaumont a déterminés, et il a eu ensuite la curiosité de