‹ Astronomie populaire (volume 5)Chapitre 85 sur 305 · LIVRE XX. — LA TERRE · texte numérisé non relu

LIVRE XX. — LA TERRE

MM. de Humboldtet Boussingault , puis le colonel Hall, et M. Wisse Tont vu brûler lors des périlleuses ascensions qu'ils exécutèrent en 1802, 1831, 1832 et 1845,

On ne connaît pas d'éruption de l'Antisana postérieure à 1590.

Le Cotopaxi a fait éruption en 1742, pendant que les académiciens français mesuraient dans le voisinage un degré du méridien. La colonne de flammes et de matières embrasées s'éleva à 250 mètres plus haut que la montagne. Les neiges entassées pendant deux siècles, depuis le sommet jusqu'à 250 mètres au-dessous, furent fondues en masse ; le torrent qui en résulta se précipita dans la plaine avec impétuosité, formant des vagues de 20 à 30 mètres de hauteur. A trois ou quatre lieues de la montagne, la vitesse des eaux, d'après l'estimation de Bouguer, était encore de 13 à 17 mètres par seconde. Six cents maisons furent rasées; le torrent engloutit 700 à 800 personnes. Les éruptions de 1743 et de 1744 furent encore plus désastreuses.

Bouguer et La Gondamine , ayant examiné les traces encore visibles de la grande éruption de 1533, dont le souvenir s'est conservé de génération en génération parmi les habitants du pays, ont reconnu que le volcan lança alors à plus de trois lieues de distance des pierres de 89 à 111 mètres cubes, beaucoup plus grosses, en un mot, pour me servir de l'expression de La Condamine, qu'une chaumière d'Indien 4. L'origine de ces pierres ne pouvait pas être douteuse : elles formaient en tous sens des traî-

1. La plupart de ces blocs de trachytes ont, d'après les mesures de M. Boussingault, de 25 & 30 mètres cubes.

nées dirigées vers le volcan. Il ne paraît pas que le Vésuve ait jamais lancé de pierres à plus de 1200 mètres de distance.

Au mois de février 1803, M. de Humboldt a été témoin d'une éruption du Cotopaxi , qui a retenti fort au loin dans la mer tiu Sud* Le Tunguragua fit explosion en 1641. Le Sangay est resté constamment enflammé depuis l'année 1728.

Le Chimborazo ne figure pas sur la liste , quoique personne ne conteste sa nature volcanique , parce qu'on n'a conservé le souvenir d'aucune de ses éruptions. Il en est de même du Carguairazo. L'inondation boueuse qui, en 1698, couvrit 18 lieues carrées de terrain, ne fut pas l'effet d'une éruption proprement dite. Quand le Carguairazo s'écroula, les eaux qu'il recelait dans son sein se précipitèrent dans la plaine avec impétuosité, et occasionnèrent les désastres dont parlent les historiens de l'Amérique.

Au Pérou, le volcan d'Arequipa jette constamment des vapeurs et des cendres , mais il n'a pas fait d'éruption depuis l'arrivée des Espagnols en Amérique. C'est le volcan d'Uvinas, situé à quelques lieues seulement du précédent qui, au milieu du xvi* siècle, a vomi des cendres en si grande quantité, que la ville d'Arequipa fut presque entièrement ensevelie. Le volcan d'Omato à 40 lieues d'Arequipa a faitune violente éruption en 1667. Le Gualatieri, nommé aussi le Sacama, vomit constamment beaucoup de fumées et de vapeurs.

En jetant les yeux sur la carte d'Amérique, on est frappé de ne trouver aucun volcan ni entre le 2# et le 16*

degré de latitude australe, ni entre le \ 8- et le 27* degré. Si le groupe des volcans d'Àrequipa, d'Uvinas, de Gualatieri et d'Omato, n'existait pas, la rangée de Guatimala et de Niquaragua, les groupes de Popayan, de Quito, et de los Pastos , se trouveraient séparés de la longue traînée du Chili que nous allons passer en revue, par un' espace de 25° en latitude, totalement dépourvus de volcans. Quoique le Pérou ne renferme qu'un petit groupe de volcans très- peu actifs, il est peu de pays où Ton ressente plus de tremblements de terre, et où ils fassent plus de dégâts. Souvent ils occasionnent la formation d'immenses crevasses sur lesquelles on doit jeter des ponts pour rétablir les communications entre les diverses provinces. Une de ces crevasses , à la suite du tremblement de terre qui détruisit Lima en 1746, avait une lieue de long sur deux mètres de large.

On a marqué , sur certaines cartes du Chili, plus de' volcans que je n'en ai indiqué en tête de ce paragraphe; mais j'ai dû me borner à ce qui m'a paru le plus certain. Je ne parle d'ailleurs que des volcans en activité aujourd'hui. Le volcan de Santiago paraît n'avoir pas cessé d'être en activité depuis le grand tremblement de Terre de 1822. Le volcan de Maypo doit avoir une grande circonférence et être dans une grande activité, car on ne cesse d'y apercevoir, durant la nuit , une vive lumière et une fumée épaisse, et souvent pendant le jour il s'en échappe des flammes. Le Rancagua est connu par les jets de lumières et les éruptions de cendres qui s'élèvent de son cratère. Le Peteroa est très-actif; il est célèbre par la grande éruption dont il a été le théâtre en dé-

cembre 1762. Le volcan d'Ântuco vomit constamment des vapeurs sulfureuses, de la fumée, des cendres et des pierres; en 1828, il s* en échappait une coulée de lave dont la lueur se voyait durant la nuit , à une distance de 40 lieues. Le Votuco rejette tant de cendres et de vapeurs, que la végétation est entièrement empêchée dans un rayon de & à 5 lieues. Le volcan de Villa -Rica est connu pour une éruption dont il a été le théâtre en 16&0.

Nous arrivons aux volcans des lies de l'Amérique. L'archipel des Antilles présente un grand nombre de bouches toujours ouvertes. Les îles de Saint-Eustache , de Nevis, de Montserrat sont connues pour des volcans qui dégagent constamment des vapeurs de soufre. L'Ile de Saint- Christophe à été au milieu de 1682 , le théâtre d'une seconde éruption qui a duré plusieurs semaines.

Le volcan de la Guadeloupe a fait sa dernière éruption en 1797, et il vomit alors de la pierre ponce, des cendres et des nuages de vapeurs sulfureuses.

Dans la Dominique, il y a fréquemment de petites éruptions de soufre, mais sans combustion.

La Montagne Pelée, à la Martinique, renferme un cratère qui le 22 janvier 1782 a rejeté des vapeurs de soufre et des masses d'eau chaude.

A Sainte-Lucie, il y a formation continuelle de soufre, occasionnée par la condensation des vapeurs qui s'élèvent du cratère nommé Oualibou. On y observe aussi des jets d'eau chaude. En 1766, il y a eu une petite éruption de pierres et de cendres.

Le volcan de l'île de Saint- Vincent a jeté des laves en 1718 et en 1812. Les cendres de cette dernière érup-

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