‹ Astronomie populaire (volume 5)Chapitre 88 sur 305 · LIVRE XX. — LA TERRE · texte numérisé non relu

LIVRE XX. — LA TERRE

§ 7. — Résumé.

Les volcans actuellement actifs qui établissent par leurs cratères une communication permanente entre l'atmosphère et l'intérieur de la Terre sont la preuve de la réaction de la masse interne de notre globe contre son écorce. A. ce point de vue, les volcans ne sont pas des phénomènes produits par des causes purement locales. Leur formation ne remonte pas à une époque très-reculée ; ils ne sont venus qu'après les couches de craie les plus élevées et les dépôts tertiaires: et ils se distinguent ainsi des épanchements antérieurs de granit et de porphyre quartzeux qui eurent lieu à travers les fissures de l'ancien terrain de transition. Ils sont dus à l'existence d'une action générale de la masse interne du globe contre son écorce solide telle qu'elle est aujourd'hui constituée. Cette action se manifeste sous la forme volcanique dans les points où cette écorce présente moins de résistance. Aussi un phénomène digne de l'attention des observateurs, est celui de la propagation du bruit qui précède ou accompagne les éruptions. Nous avons vu précédemment (p. 164), qu'en 1815 , les détonations du Tomboro de Sumbava s'entendirent à Sumatra, distant de la montagne, en ligne droite, de 300 lieues. Voici un fait presque aussi saillant que rapporte M. de Humboldt. Les explosions qui annoncèrent, le 27 avril 1812, la première éruption de cendres du volcan de Saint- Vincent, ne parurent pas plus fortes aux habitants de l'Ile que celles d'un canon de gros calibre. Ces explosions cependant furent parfaite-

ment entendues sur le Rio- A pure, au confluent du Rio- Nula, à 210 lieues du volcan, c'est-à-dire à la distance du Vésuve à Paris. Le bruit paraissait si bien transmis par l'air, qu'on le prit pour des décharges d'artillerie, et qu'il donna lieu, sur beaucoup de points du continent d'Amérique , à des dispositions militaires.

L'action volcanique ne se produit pas indifféremment dans tous les points de la surface du globe, ainsi qu'on peut le voir en jetant les yeux sur les cartes (fig. 244 et 245, p. 176 et 177 ) , que j'ai chargé M. Barrai de dresser pour figurer les volcans et les montagnes sur lesquels j'ai cru nécessaire d'appeler l'attention , pour bien fixer l'histoire de la Terre au point de vue astronomique. Cette conséquence résulte encore du tableau suivant, qui résume les détails que j'ai donnés dans ce chapitre :

Nombre des volcans actifs

Sur les continents. Dans les lies. En totalité*

Europe 1 11 12

Afrique . 0 6 6

Asie 9 24 33

Amérique... 52 10 62

Océanie 0 62 62

Totaux... 62 113 175

A l'exception des volcans de l'Asie centrale et de deux volcans du Nouveau-Monde, tous les autres volcans actuellement actifs sont situés à des distances de la mer inférieures à 50 lieues. Il semble difficile de ne pas conclure de ce fait, que les côtes semblent un gisement plus favorable aux éruptions actuelles que l'intérieur

Page 1