‹ Astronomie populaireChapitre 103 sur 260 · LIVRE XIV. — LE SOLEIL · texte numérisé non relu

LIVRE XIV. — LE SOLEIL

parût égale à Tautre, il arriva à cette proportion : Tinten- Mté de la portion centrale du Soleil est à Tintensitë d'une portion siiiiée aux trois quarts du rayon, à partir du betitre , comme 48 est à 35. Uauteur avoue quMl aurait dû répéter ces observations un plus grand nombre de fois ; cmais, dit-il, il est toujours certain que le Soleil est moins lumineux dans les endroits de son disque qui sont plus éloignés du centre. »

Lambert a adopté , dans sa Photométrie^ une opinion directement opposée à celle de Bouguer. Au commencement du chapitre ii (n* 73), il dit en termes formels : c La surface du Soleil nous présente partout le même éclat ; il n'y a personne qui ne convienne de ce fait. »

MM. Airy et John Herschel, au contraire, admettent, avec Bouguer, que le bord du Soleil est moins lumineux que le centre.

Voici ce que dit sir John Herschel dans la 2* édition de son Traité tï astronomie (n* 395, page 234).

« Lorsqu'on regarde le disque entier du Soleil avec un télescope d'un grossissement assez modéré pour permettre cette observation , et à travers un verre noir qui laisse voir le disque tout à l'aise, il est tout à fait évident que les bords du disque sont beaucoup moins lumineux que le centre. On s'assure que ce n'est point là le résultat d'une illusion, en projetant l'image du Soleil sur une feuille de papier blanc qu'on a le soin de placer bien exactement au foyer ; alors on observe la même apparence. »

William Herschel composa, avec du velours, du papier blanc faiblement illuminé, et du papier pareil , mais très^fortement éclairé , un ensemble qui lui paraissait la

représentation assez exacte, en forme et en intensité, d'une belle tache solaire. Le velours était le noyau; le papier brillant figurait les parties lumineuses de la surface du Soleil ; le papier que très-peu de rayons frappaient donnait l'éclat intermédiaire de la pénombre. H^rschel tira de son expérience les conclusions suivantes :

Si l'intensité de la lumière solaire est. . . 1000

L'intensité de la pénombre sera 469

Et celle du noyau 7

Il serait très- intéressant de vérifier cet aperçu de William Herschel par des expériences photométriques exactes. Ces expériences présentent des difficultés d'exécution fort grandes, qui cependant ne semblent pas insurmontables.

Il faut, dans les observations photométriques, se garantir avec soin des illusions; il est important, toutes les fois qu'on le peut, de substituer des mesures à de simples appréciations. Je ne citerai qu'un exemple des erreurs auxquelles on s'expose lorsqu'on procède autrement. La totalité de l'atmosphère est envahie par des nuages uniformes et gris, une couche de neige couvre la terre : il n'est personne qui, dans cette circonstance, hésite à déclarer que la neige est beaucoup plus brillante que le ciel ; eh bien, si l'on substitue une mesure à un jugement vague , on trouve que le contraire est la réalité.

Ne pourrait-on pas dans le cas actuel appliquer directement le photomètre à la comparaison du bord et du centre de l'image solaire projetée sur l'écran de papier? En théorie, la chose paraît aisée; mais, en réalité, l'exi-

Page 1