LIVRE XV. — LUMIÈRE ZODIACALE
dans ses parties les plus éloignées du Soleil ; mais il est facile de reconnaître, par le calcul, que cette matière atteint l'orbite de la Terre lorsqu'elle sous-tend un angle de 90**. La force centrifuge qui résulterait d'un pareil mouvement aux limites de la lumière zodiacale , ne saurait être compensée par l'action attractive du Soleil, puisque sur Vénus et sur la Terre, où cette compensation existe, les temps des révolutions autour du Soleil sont respectivement de 225 et de 365 jours. La matière zodiacale se dissiperait donc très-promptement dans l'espace.
Les appendices connus sous le nom de queues, et qui accompagnent presque toujours les comètes, ne sont liés à ces astres que par une force attractive très-faible ; on peut donc admettre qu'au moment de leur passage au périhélie, la matière qui les compose se détaclie du corps proprement dit de la comète par l'action du Soleil, et finit par circuler définitivement autour de lui. Telle serait, d'après divers théoriciens, l'origine de la matière qui nous fait voir la lumière zodiacale, cette matière pouvant être lumineuse par elle-même ou nous réfléchir seulement les rayons du Soleil. Mais dans cette supposition, on aurait le droit de demander comment la matière des queues se serait exclusivement concentrée autour de l'équateur solaire, car les orbites des comètes, et conséquemment les orbites primitives de leurs queues, font toutes sortes d'angles avec cet équateur.
Euler a donné dans les Mémoires de P Académie de Ber* lin, t. II (1748) , une théorie qui comprend à la fois l'explication des queues des comètes, des aurores boréales et de la lumière zodiacale. Suivant lui l'atmosphère solaire
a pris une extension prodigieuse dans les parties correspondantes aux régions équatoriales de cet astre. Cette extension doit avoir été le résultat d'une impulsion des rayons solaires sur les molécules subtiles qui étaient contenues dans l'atmosphère primitive, impulsion dont l'effet diminuait la pesanteur naturelle de ces molécules vers le Soleil.
Il est vraiment étrange qu'un partisan décidé du système des ondes, qu'un adversaire ardent de la théorie newtonienne de l'émission, ait prétendu faire jouer un si grand rôle à l'impulsion des rayons solaires.
Les expériences que cite l'auteur sur les mouvements qu'éprouvent les molécules d'un corps placé au foyer d'un miroir ou d'un verre ardent, ne prouvent évidemment pas l'existence d'une telle impulsion.
Quelques personnes se sont imaginé que la Imnîère zodiacale est l'effet de la réfraction de la lumière solaire dans l'atmosphère terrestre (Young, t. i, p. 502). Mais si cela était, pourquoi cette lumière s'élèverait-elle dans une direction oblique par rapport à l'horizon ? Pourquoi semblerait-elle toujours placée dans le plan de l'équateur solaire?
Laplace a supposé que la matière zodiacale se compose des parties les plus subtiles de la nébuleuse primitive qui, par ses condensations, d'après les idées cosraogoniques du grand géomètre, a donné naissance au Soleil et aux diverses planètes dont se compose notre système. Ces molécules ne s'étant pas unies à l'atmosphère solaire continuent , dit l'auteur de la Mécanique céleste^ à circuler aux distances où elles étaient primordialement, avec des