COMÈTE DE 1770 OU DE LEXELL
Messier découvrit une comète dans le mois de juin 1770. Les astronomes, dès qu'ils en eurent réuni trois bonnes observations, s'empressèrent, comme d'habitude, de déterminer ses éléments paraboliques. Ces éléments ne ressemblaient pas à ceux des comètes déjà observées. La comète resta longtemps visible. Il fut naturel de rechercher jusqu'à quel point ses dernières positions concordaient avec la parabole déterminée à l'aide des premières. Eh bien, les discordances étaient énormes;
1. Le catalogue des comètes calculées depuis la mort d^Arago est complété plus loin (p. /i83 et suivantes); on trouvera dans la uote additionnelle des détails succincts sur toutes les comètes observées depuis 1853. J.-A. B.
L1¥HS XVH. - LÉS COMÈTES. ÎWÎ
MiÊone combinaidon d'éiémentd parabolitjues ne les faisait disparaître. Dans ce cas particulier, josqué-^tà saiid exemple, dti fie pôttvaît donc pas légltififiemérit assimitef l'ellipse à la parabole : l'ellipse réelle devait MiAt ^ grand ax^ assez court. Lexell trouva, en effet, que la comète de 1770 (n* 85 du catalogue) avait parcouru autour du Soleil une ellipse dont le grand axé était égal seulement à trois fois le diamètre de l'orbite terrestre, et qui correspondait aune révolution de cinq ans et demi. Il représenta ainsi toutes les positions que l'astre alla occupei* pendant la longue durée de son apparition, avec Teîtactitude des observations elles-mêmes. Cet important résultat âouleva une grave objection. Avec une révolution aussi prompte, il semblait que la comète de 1770 am-âit dû déjà se montrer fréquemment, et on n'en trouvait aucune trace dans les cométographeë, avant les observations de Messier. Il y a plus, elle a toujours été invisible depuis, quoiqu'on l'ait cherchée attentivement aux places mêmes où t'orbite elliptique de Lexell devait la ramener^ .le laisse à deviner tout ce <|ue la comète perdue fit naître de sar^ easmes, bons ou mauvais, contre ces pauvres astroiiomes qui s'étaient tant vantés d'avoir trouvé définitivement la def des mouvements cométaires. 11 y avait néanmoins, im doit l'avouer, dans cette mystérieuse di^aritio&y Une véri"table question à résoudre, car la vive lumière dont brillait la com^ de 1770 ne permettait pas de supposer qu'elle fût revenue {yliisieurs fois sans être remarquée. Aujourd'hui toutestéctaîrci, et les lois de l'attraction universelle ont puisé dans une épreuve qui, au premier aperçu, semblait devoir les éfbranier , une force , une évidence nouveUes.:
Pourquoi n'avait-on pas vu la comète tous les cinq ans et demi avant 1770.? Par la raison que son orbite était alors totalement différente de celle qu^elle a parcourue postérieurement.
Pourquoi la comète n'a-t-elle pas été aperçue depuis 1770? Par la raison que son passage au périhélie de 1776 s'effectua de jour, et qu'avant le retour suivant, la forme de l'orbite fut tellement altérée par l'attraction planétaire que, si la comète avait été visible de la Terre, on ne l'aurait pas reconnue.
Aux éléments de la comète de Lexell donnés dans le catalogue des comètes, tels que M. Le Verrier les a calculés, il faut ajouter que son excentricité est de 0.7868 et que son demi-grand axe a pour longueur &.i5Sli.