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DE L^HABITABILITÉ DES COMÈTES

Après Texamen détaillé auquel nous venons de nous livrer dans le chapitre précédent , des limites entre lesquelles peuvent osciller les températures des corps célestes dont les distances au Soleil sont très -variables, on concevra que quelques philosophes aient admis que les comètes sont habitées. Pour prévenir les diflTicultés qu*on aurait pu puiser, quant aux facultés respiratoires , dans les énormes changements de volume que les nébulosités cométaires éprouvent ; pour montrer que nos poumons sont susceptibles de s'accommoder à des atmosphères de densités très-dissemblables , ces philosophes ont cité Halley, qui, enfermé au centre d'une cloche de plongeur, respirait librement à une profondeur de 10 brasses (46 mètres). Ajoutons que Gay-Lussac, dans son mémorable voyage aérostatique du 16 septembre 1804, ne s'arrêta qu'à une hauteur où le baromètre marquait 329 millimètres et le thermomètre 9* au-dessous de zéro; l'illustre physicien était alors à une hauteur de 7,016 mètres au-dessus de la mer. Dans leur périlleuse ascension du 27 juillet 1850, MM. Barrai et Bixio, partis à quatre heures du soir de TObservatoire de Paris par une température de 17** au-dessus de zéro, séjournèrent trois quarts d'heure plus tard, durant près de vingt minutes, dans une couche d'air située à 7,049 mètres au-dessus de la mer, dont la température était de ftO" audessous de zéro, et où le baromètre était descendu à

315 millimètres. Dans ces deux expériences, les ballons flottaient au milieu de couches atmosphériques dont la densité n'était pas les deux dixièmes de celle de l'air contenu dans la cloche de Halley.

Je ne prétends pas tirer de ces considérations fat conséquence que les comètes sont peuplées par des êtres de notre espèce. Je ne les ai présentées ici que pour rendre, comme dit Lambert, leur habitairiliié moins problématique. Je ferai observer, au surplus, que tous les corps célestes ont soulevé la même question et les mêmes doutes. Si la solution a présenté quelques difScultés, c'est qu^en fait d'organisation nos vues sont très-rcstreintes ; c'est que nous concevons difficilement des animaux^ qui diffèrent totalement de ceux dont nous avons étudié la forme, les mouvements , la nutrition. Nous croyons aujourd'hui que le vide parfait , que des milieux d'une très-haute température, ne sauraient renfermer des êtres animés , mais sans appuyer cette opinion sur de meilleurs arguments, qu'une personne qui n'ayant jamais vu de poissons, soutiendrait, par cela seul, que dans l'eau la vie est impossible. Des scrupules religieux sont aussi venus ajouter à la complication du problème. Voici en quels termes Fon tenelle répondait , dès l'année 1686, à ce noaveau genre de difficulté : « Il est des personnes qui s'imaginent qu'il y a du danger, par rapport à la religion, à mettre des habitants ailleurs que sur la Terre. Mais il faut démêler ici une petite erreur d'bnagination : Quand on vous M que la Lune est habitée , vous vous y représentez aussitAt des hommes faits comme nous; et puis, si vous êtes un peu théologien , vous voilà plein de difficultés. La posté-

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