DE LA CAUSE DES MOUVEMENTS PROPRES DES ÉTOILES
Herschel n'abandonnait aucun sujet de recherches sans ravoir examiné sous toutes les faces, sans avoir porté ses investigations aussi loin que l'état des sciences à son époque le permettait. Il ne faut pas s'étonner qu'après s'étpe assuré que notre Soleil n'est pas immobile dans l'espace, Herschel ait désiré rattacher le mouvement de cet astre, déduit de l'ensemble des observations, à l'action attractive de quelque groupe stellaire.
Dès les premières lignes de calcul , la recherche semble devoir conduire à un résultat négatif. En effet, faisons de Sirius un astre égal au Soleil, supposons sa parallaxe annuelle d'une demi-seconde ; calculons ensuite de combien , par l'action de l'étoile, le Soleil se déplacera en un an. Ce déplacement sera si petit que, vu perpendiculairement, il ne sous-tendrait pas de Sirius un angle égal à la cinq-cent-millionième partie d'une seconde* Sirius cependant, vu de la Terre, se meut en un an de plus d'une seconde (chap. i, p. 20). L'action d'une seule étoile sur le Soleil est donc beaucoup trop faible pour expliquer les faits.
Des groupes d'étoiles ne pourraient-ils pas être suffisants pour rendre compte de la translation du système
solaire ? Ed cherchant dans le ciel la solution de ce doute, Herschel tomba sur une petite tache blanche, découverte par Halley en 1714, entre K et ti d'Hercule (chap. xi, 1. 1, p. 503, fig. 122), dans laquelle personne n'avait jamais aperçu une seule étoile, et où le télescope de 12 mètres en fit voir plus de 14,000 qui auraient pu être comptées.
A quelque distance de cette première agglomération se trouve une autre tache aperçue par Messier en 1781, et dans laquelle le grand télescope démontrait aussi l'existence d'une multitude d'étoiles excessivement rap-» prochées.
, Il y a sans doute loin encore d'une trentaine de mille étoiles, à ce qu'il en faudrait pour produire dans nôtre système le mouvement reconnu. Aussi, quoique les deux groupes dont il vient d'être question soient précisément situés dans la partie du firmament vers laquelle notre «oleil se dirige, Herschel se garda bien d'insister sur cette coïncidence. Pour ne point décourager, cependant, ceux qui voudraient tenter de rattacher les étoiles les unes aux autres, malgré les prodigieuses distances qui les séparent, il leur rappelait que certaines parties de la Voie lactée offrent, dans des espaces fort resserrés, des centaines de mille et même des millions de ces astres. Les régions où le& deux branches de la Voie lactée vont se réunir, d'une part vers Géphée et Gassiopée , de l'autre vers le Scorpion et le Sagittaire , lui semblaient particulièrement pouvoir être des centres d'attraction puissants, et mériter toute l'attention des astronomes.
« L'attraction , disait Lambert dans ses Lettres cosmologiques (1761), étend son empire sur tout ce qui est