‹ Astronomie populaireChapitre 64 sur 260 · LIVRE XIV. — LE SOLEIL · texte numérisé non relu

LIVRE XIV. — LE SOLEIL

Parmi lès modernes la découverte des taches du Soleil a donné lieu à un débat ardent et confus. Si ce débat n'a pas conduit à des conséquences décisives et admises généralement, c'est qu'on n'est jamais parti d'une base commune et solide; c'est qu'au lieu de -combattre pour les droits imprescriptibles de la vérité, chacun a cherché, plus ou moins, à faire prévaloir les intérêts d'amourpropre de tel ou tel pays. Il n'y a qu'une manière rationnelle et juste d'écrire l'histoire des sciences : c'est de s'appuyer exclusivement, comme je vais le faire, sur des publications ayant date certaine; hors de là tout est confusion et obscurité.

Le premier ouvrage ou jrémoire imprimé que l'on connaisse sur les taches du Soleil, est intitulé : Joh. Fabricii Phrysii^ de Maculis in Sole obss^rvatis et apparente earum ctim Sole conversione NarratiOy et Dubitatio de modo eductionis specterum visibilium. Wittebergœ, 1611, in-i". li'épître dédicatoire porte la date du 13 juin

' Les lettres pseudonymes de Scheiner, les lettres du prétendu Apelle à Velser, un des magistrats d'Augsbourg, n*ont été imprimées qu'en janvier 1612. Scheiner fait, il est vrai , remonter vaguement ses premières observations des taches solaires, aux mois d'avril ou de mai 1611 , mais aucune attestation précise n'est produite à l'appui de cette assertion. J'ajouterai que, suivant Scheiner lui-même, l'apparition des taches, au commencement de 1611, fixa peu son attention, et qu'il ne s'en occupa sérieusement qu'en octobre 1611. A cette dernière date, il cherchait encore à s'assurer que les

taches qu'il apercevait ne provenaient pas de di^fauts dans les verres qui lui servaient à regarder Tastre radieux ; que pouvaient donc être les prétendues observations de mai?

La première publication de Gralilée sur les taches solaires, Epistola ad Velserum de maculis solaribiUf est de 1612; Touvrage intitulé : Storia e dimastraziom intomo aile macchie solari et loro accidenti; Borna; est du 13 janvier 1613.

Par les dates des publications, c^est donc à Jean Fabricius que revient incontestablement Thonneur de la découverte des taches noires du Soleil.

Si c'est à tort qu'on a attribué à Galilée l'honneur d'avoir découvert les taches noires solaires, on doit reconnaître que ce grand philosophe est le premier qui signala l'existence des facules et qui ait tiré parti de ces phénomènes de lumière pour prouver, contre les explications des derniers péripatéticiens, que les apparitions des taches noires n'étaient pas le résultat du passage, sur le disque du Soleil, de certains satellites obscurs qui auraient circulé autour de cet astre.

La zone, dont le noyau des grandes taches parait toujours entouré, cette zone, notablement plus lumineuse que le noyau, notablement moins brillante que le reste du Soleil, qu'on appelle la pénombre, a été découverte par Scbeiner.

C'est aussi au jésuite d'Ingolstadt qu'on doit d'avoir remarqué que le Soleil est couvert d'un pôle à l'autre, soit de points lumineux et obscurs très- petits, soit de rides vives et sombres , extrêmement déliées, entre -croi-

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