LIVRE XIV. - LE SOLEIL
déclarations tardives des amis , des admirateurs les plus passionnés de Galilée, qui , en présence de ce qu'on vient de dire, pût constituer à ce savant illustre une apparence de droit à la découverte du mouvement de rotation du Soleil.
L'observation des taches a conduit à la connaissance du mouvement de rotation du Soleil. C'est la découverte de Fabricius. Il restait à déterminer, avec exactitude, la durée de cette rotation et la position de Taxe autour duquel elle s'opère. Ces deux problèmes, ce n'est pas Galilée qui les a résolus. Galilée n'a jamais assigné la durée apparente ou réelle de la rotation du Soleil que d'une manière vague. La durée apparente, il la fixait à près d'un mois {nello spazio quasi d'un mese. Dialogues). Elle est de 27 jours 1/2. L'axe de rotation, Galilée le supposa longtemps perpendiculaire au plan de l'écliptique. C'est seulement dans les dialogues qu'il parla de l'inclinaison, mais sans en indiquer même approximativement la valeur. Il ne dit rien , absolument rien , de la direction de la trace de l'équateur du Soleil sur le plan de Técliptique, de la position des nœuds, c'est-à-dire de§ points de rencontre de la circonférence de l'équateur solaire avec l'écliptique. D'ailleurs, les Dialogues ne parurent qu'en 16â2, deux ans après la publication de l'ouvrage de Scheiner, de cette volumineuse Rosa ursina (juin 1630), où le temps de la rotation apparente est indiqué entre 26 et 27 jours (les astronomes modernes ont trouvé 27^. 5) ; où le pôle de rotation du Soleil est placé à environ T du pôle de l'écliptique (on adopte aujourd'hui 7" 9') ; où l'indication de l'époque de l'année
dans laquelle les pôles de rotation sont sur les bords du disque, conduit à la position des nœuds de l'équateur solaire.
11 n'est presque pas d'astronome qui, une fois au moins dans sa vie, n'ait cherché par des observations directes à déterminer les éléments de la rotation du Soleil, Je pourrais donc consigner ici un grand nombre de résultats touchant le temps de la rotation de l'astre prodigieux qui maîtrise toutes les planètes de notre système, et la position de l'axe autour duquel cette révolution s'opéra» Mais je me contenterai de donner ceux des résultats qu'a obtenus M. Laugier, dans un travail très-élaboré, présenté à l'Académie des sciences. M. Laugier a établi, par des observations qui me paraissent à l'abri de toutes objections sérieuses, que les taches solaires éprouvent chacune un déplacement particulier, outre le mouvement général qui les entraîne autour de l'astre. De là il résulte que les temps de la rotation réelle déterminés par l'observation de diverses taches doivent être dissemblables.
La moindre valeur déduite par M. Laugier de l'observation de vingt-neuf taches distinctes , est de 2/i.J. 28. Le maximum obtenu dans les mêmes circonstances s'élève à 26J. 23. L'ensemble des observations donne pour la rotation du Soleil, 25J. 34.
Ce n'est pas seulement par les dissemblances sur le temps de la révolution du Soleil que M. Laugier a établi le déplacement propre des taches, il a déterminé l'arc de distance de diverses taches évaluées en degrés d'un grand cercle du Soleil , et a trouvé cet arc de distance trèsvariable. Ainsi, le 2/i mai 18/iO, deux taches se trou-
valent à 78° 80' de distance angulaire; le 27, cette digtance n'était plus que de 73** 20'. En attribuant ce changement de 5° 10' au déplacement d'une seule des deux taches, l'auteur trouve que la vitesse propre de cette tache était de 111 mètres par seconde.
Il résulte aussi de l'excellent travail de M. Laugier, cette circonstance singulière que l'ensemble des taches situées dans un même hémisphère éprouve sur la surface du Soleil des changements dans le même sens, alors même que ces variations s'opèrent en sens contraire dans l'hémisphère opposé.
Diaprés les observations de M. Laugier , l'inclinaison moyenne de l'équateur solaire par rapport au plan de Técliptique est de 7« 9^.
D'après le même astronome, l'angle formé, en 1840, par la trace de l'équateur solaire dans le plan de Fécliptique avec la ligne des équinoxes , était de 75'' 8'.
M. Henri Schwabe, de Dessau, qui, parmi les astronomes modernes, s'est occupé avec tant de suite et de constance de l'observation des taches solaires, a trouvé, pour le temps de la révolution de l'astre, les limites extrêmes suivantes : 25^.07 et 25^.75.