‹ Astronomie pratique. Usage et composition de la connaissance des tems. Ouvrage destiné aux astronomes, aux marins et aux ingénieurs;Chapitre 2 sur 167 · ET CONSEILLER D ETAT DE S. M. LE ROI DE DANNEMARCK · texte numérisé non relu

ET CONSEILLER D ETAT DE S. M. LE ROI DE DANNEMARCK

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totucoenu.

Ce 20 mars i83o.

Il existe plusieurs excellens traités d’Astre^omie , tels sont ceux de Laplace , Delambre , Lalande , Schubert, M. Biot , etc. ; mais il m’a paru que ces ouvrages avaient plus spécialcraenC pour but la théorie que la pratique de la science , et que, lors— ‘qu’on roulait eu venir à l’application des fq||jnu1es, on devait être arrêté par des difficultés. En effet, l’Astronomie est la science où l’on rencontre de plus fr^uentes occasions de faire des calculs longs et compliqués. Cest dans la Connaissance des Tems que le calculateur prend ordinairement une partie des données de ses problèmes; et s’il ne s’en fie pas aux prédictions contenues dans cet ouvrage, il doit recourir, aux tables astronomiques , précaution qui est indispensable dans tous les cas importuns et délicats. Il faut donc qu’il ait une parfaite connaissance de la formation de ces tables, de la manière dont on en tire les nombres des éphémérides, de l’emploi de ces nombres, des précautions qu’il faut prendre pour être assuré qu’on ne néglige aucune des conditions de la question , etc.

J’ai cru qu’il était utile de composer un traité qui eût spécialement pour but l’application des formules et des épbémé— , rides aux problèmes d’ Astronomie usuelle; et quoique la troisième partie de VUranographie puisse , jusqu’à un certain point, suppléer à ce travail, il A’a semblé qu’elle n’avait pu recevoir tous les développemens convenables pohr atteindre ce but. Iæ présent ouvrage , conçu pour cet objet spécial , ne me parait laisser aucune cause d’erreur ou d’omission, dans les ap- ))lications qu’on voudra faire des formules astronomiques.

La Connaissance des Tems est un ouvrage sous forme de calendrier astronomique; il est publié chaque année, deux où . trois ans d’avance, par les soins du Bureau des Longitudes de France. On y trouve les positions du Soleil, de la Lune et des planètes , ainst que celles des principales étoiles, à certaines époqué^^riodiques, pour mettre les astronomes, les ingénieur^^Hsnarins et toutes les personnes'qui observent le ciel ,

viij'

à même de r^iidre les problèmes qui s’offrent fréquemment è eux, -et leur ÿp|É|pier l’ennui de recourir aux tables astronomiques, d’oif^'ç^^npoibres sont extraits par des calculateurs spécialement chét^^ de ces travaux. - } : ÿ< Cet ouvrage , qui a servi de modèle à toutes les Éphémérides publiées en différens pays , fut composé pour la première fois, en 1670, par Picard, le fondateur de l’Astronomieu en France. Ficara continua cette publication chaque année, jusqu’en }685, que Lefebvre en fut chargé par l’Académie des Sciences. En 1703, Lieut&ud succéda à ce dernier, à qui l’on retira le privilège, et qu’on raya même de la liste des membres de l’Académie, par suite d’une querelle qu’il eut avec Lahire.

(^. VHisl. de F As tr. moderne, par Delambre, t. Il, p. 683.)

Lieutaud continua la Connaissance des Tems jusqu’en 1729', en 1780, elle fut composée par Godin, jusqu’en 1734, époque oh ce savant partit avec les académiciens charges de mesurer , au Pérou, un arc du méridien terrestre. Marakli composa cet ouvrage depuis 1735 jusqu’en 1759. En 1760, Lalande l’entreprit, et lui donna la forme qu’il a à peu près conservée depuis.

Il y ajouta des tables et des observations astronomiques , des dissertations , enfin , il bn fit des espèces d’annales ; il emprunta au îiaulicai Alnumaç l’usage d’indiquer les distances de la Lune an Soleil et aux principales étoiles, pour trouver la longitude en mer. Lalande composa la Connaissance des Tems jusqu’en • 775* Jeaurat' lui sifteéda depuis 1776 jusqu’en, 1787. Méchain fut chargé de cette publication depuis 1788 jusqu’à 1794. En6n, le Bureau des Longitudes fut créé par une loi le 25 juin 1795, sur le rapport de l’abbé Grégoire. Cette illustre amemblée fut chargé de composer cet ouvrage , et, depuis cette époque , il parait sous sa surveillance.

Beaucoup d’autres Éphéméridaro^piM'u en divers temps ; on en a pour l’an i44^' niais .IfMMifuhcien de ces ouvrages, qu’on ait publié avec régularité , est celui de Btgiomontanus, pour 1 475 , imprimé à Nuremberg l’année d’avant. On y trouve 4 diverses prédictions d’éclipses, le lieu des planètes. depuis 1476 jusqu’à i53i.

Les Épliéméritles ^le Sfcoflier parurent en 1482, et furent étendues jusqu’en i55o; celles de Stadius allèrent de i554 à 1606 J celles de Leovitius de i556 à 1606; celles d’Origan de 1695 à i654; celles d’Argoli , imprimées à Rome, vont de 162 1 à 1700; enfin, les Ephémérides de Kepler, de 1617 à i636, firent époque dans ce genre de productions, par le soin qu’y apporta leur illustre auteur. Celles de Malvasia, Imprimées à Modène en 1662, s’étendent de 1661 à 1666. Duret de Montbrisson fut le premier Français qui se livra à ces calculs j scs Épliémérides vpnt de 1637 jusqu’à 1700.

Lahire fils continua celles d’Argoli en 1701 , 1702 et 1703. Desforges, sous le nom de Beaulieu , en calcula d’autres de 1701 à 1714; elles furent continuées par Desplaces de*i7i5 à 1744« en trois volumes, de dix ans chaque. La Caille donna le 4*>

5* et le 6" volume, de 174^ ® *774» Lalande le 7* et le 8*, de 1775 à 1792.

Ce n’est qu’en 1767 que commença à paraître, en Angleterre, le Nautical Alntanac , rédigé sous la direction du célèbre Maskelyne.

L’institut de Bologne imita aussi nos savans, Manfredi publia des Épbémérides de I7i5 à i75o, qui furent continuées, jusqu’en 1786, par Zanotti.

Les Épbémérides astronomiques du père Hell furent publiées à Vienne, chaque année, depuis 1754.

L’Académie de Berlin en publie de pareilles. C’est en 1776 que Lambert les a fondées; depuis, M. Bode les a rédigées: c’est actuellement M. Encke qui est chargé de ce soin , dont il s’acquitte avec un talent et une correction dignes d’être pris pour modèle. Le 56' vol. est pour l’an i83i.

Heggio et César is , à Milan , donnent , depuis l'J'jS, des Éphémérides astronomiques, que continuent MM. Oriani et Carlini.

Depuis quelques années, M. Schumacher en publie qui sont très exactes et conçues sur un plan excellent , pour le service de la marine danoise.

On trouve, dans la Connaissance des Tems , l'annonce des éclipses et autres phénomènes célestes qu’il importe aux as-

trononies de prévoir et d’observer. C’est surtout aux luarins que cet ouvrage est destiné, pour leur fournir les éléinens des calculs nécessaires' à la résolution des problèmes de navigation. Ces problèmes sont principalcmeut la détermination du lieu où se trouve transporté un navire , savoir , la longitude et la latitude du vaisseau , l’heure sous le méridien où il est, la déclinaison de l’aiguille aimantée, les levers et couchers des astres , les relèvemens astronomiques des points remarquables d’une C(3te , enfin , l’heure de la pleine mer.

On conçoit qu’il serait très pénible au marin, livré au^ travaux et .aux dangers des éléinens, d’ètre obligé de reeourir aux tables astronomiques pour calculer les positions des corps célestes qu’il , a observés. D’ailleurs, le calculateur pourrait craindre les erreurs des opérations numériques, erreurs si faciles à commettre au milieu de tant de soins divers, et de la part d’officiers qui ne sauraient avoir l’exercice des tables au même degré que des personnes qui n’ont, pour ainsi dire, pas d’autre occupation , qui en ont bien étudié et bien compris toutes les difficultés , et qui font ces calculs contradictoirement, pour les vérifier par comparaison. 11 faut encore remar(|uer qu’il est bien plus facile, et moins sujet à erreur, de cbercber ces résultats consécutivement et pour des époques périodiques, que d’en obtenir d’isolés j d’ailleurs , plusieurs de ces nombres pouvant se déduire d’autres déjà trouvés, il est préférable de recourir à ces procédés plus faciles et plus simples, plutôt que de cbercber directement ces résultats numéri(|ues.

U Anriuaire , ou caleiulrier , ou ces résultats sont enregistrés, est terminé par une explication très claire de l’usage qu’on en peut faire. Mais il lu’a semblé que cette partie, suffisante pour les' hommes exercés à l’Astronomie, n’était pas assez développée pour ceux qui n’en fout, pour ainsi dire, qu’un usage accidentel ; qu’il pouvait être avantageux à ocs derniers de voir ces nombres combinés entre eux , selon les règles de la science, et introduits dans des problèmes du genre de ceux qu’ils rencontrent le plus souvent, afin qu’ils aient

sous les yeu:i des types de calcul qui, imités sur. les exemples qu’ils doivent traiter, ne laissent place à apetpne. erreur vraisemblable. Les exemples, presque tous talés ^e> l’année courante, i83oj n’exigent, pour être exécutés, qiie l’usage d’un seul volume de la Connaissance des Tems ; et les types de calcul sont tellement disposés, que, dans chaque question particulière, on n’éprouve d’aqtre embarras que de substituer aux nombres cité# ici ceux qui se rapportent aux circons-? tances où l’on se trouve.

Je me suis parf^ permis de désirer des améliorations dans la rédaction d&la Connaissance des Terni. Les .nations étrangères ont- aussî^urs Éphéinérides à l’usage de leurs marins et de leurs astronomes. Le Nautical Almanac, les Tables astronomiques de M. Schumaclief, les Éphémérides de Berlin, de Milan, etc. , contiennent des documens qu’i^^rait lion de voir introduits dans la Connaissance des 7'e/nsJ^ùrs résultats nuraéi^ùes sont aussi plus approchés. Les riclamaticfns des sa«vans français ont été entendues; déjà cette publication a reçu plus de 'correction dans lés calculs et dans la partie grap^qne : d’putres cbangemens ne se feront pas long-b^iplpl attendre^ Depuis que la majeure partie du présent ouvrage est imprimée, le Bureau des I^ongitudes a pris une décision qui étend beaucoup l’usage de la Connaissance 'des Tems. Çe livre était principalement destiné , par les législateurs , aux calculs de la navigation. Les savans d’un mérite éminent qui composent le Bureau des Longitudes n’ont pas voulu qu’une œuvre qui parait sous leurs auspices, et avec-leur approbation formelle, fût au-rdessous de celles que les étrangers font paraître; ils ont ordonné des modilications qui rendront cette publication utile aux astronomes de tous les pays. Déjà les étrangers l’ont appelée le trésor des astronomes^ les perfectionnemens qu’on y doit apporter lui mériteront de plus en plus ce titre , et rendront, superflus les vœux que j’ai formés en plusieurs endroits de mon livre. Ces souhaits, devenus inutiles, me seront pardennés par les savans auteurs de la Connaissance des Tems, pour lesquels je professe la plus haute estime, et dont j’àdmire , avec l’Eu-

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rope, les taiens distingués; et l’amitié dont plusieurs m’honorent me lait penser' qu’ils apprécient assez bien mes sentimens , pour ne voir dans les vœux que j’ai exprimés que l’intérêt de la science.

Mon ouvrage est divisé en trois parties. La première est destinée à indiquer la signification des termes usités dans la Connaissance des Tems, le sens qu’il faut rattacher à chacun des nombres qui s’y trouvent, et les moyen^d’en vérifier l’exactitude. Les matières y sont exposées dans l’ordre même où le lecteur les trouve classées dans cet annuaire astronomique.

La seconde partie comprend la théorie des principaux problèmes d’ Astronomie que doit résoudre le navigateur , ou celui ■qui observe* le ciel. Cette partie doit être étudiée avec soin, ' parce qu’elle renferme la plupart des-choset qu’il importe de savoir sur ce siqet, et montre comment on doit gouverner les calculs. , I

On ne tire des tables astronomiques que plusieurs des nom- '

J>res qu’on lit dans la Connaissance des Tems, et les autres ^

s’en déduisent |»ar des calculs dont nous avons exposé les règles dans la première partie; mais il nous restait à montrer comment on peut obtenir ceux-là , c’est - à - dire à donner la forme et l’usage des tables astronomiques : c’est ce (|ui se . '

trouve, dans la troisième partie.

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