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Observations de Neptune

1° — Comme conséquence de ses caleuls, Le Verrier fixe la position de la planète troublante sur l’écliptique à 10° près. Il en détermine la masse probable, et, lui supposant la densité d'Uranus, il lui assigne un diamètre apparent de 3”,3. Le 23 septembre 1846, Galle, astronome à Berlin, prévenu par Le Verrier, trouve effectivement à 1° de la position prévue une planète dont le nur apparent est 2,5.

Neptune était découvert.

En même temps un astronome anglais Adams, travaillant le même problème, déterminait une planète troublante dont la position ne différait de celle de Le Verrier que de 3°. Si la priorité de la découverte est

certainement à Le Verrier, que le lecteur comprenne par cette coïnci-

dence de quelle nature était le problème ; sa solution était fort loin d’être miraculeuse. ;

Il est bon de comparer les éléments de la planète prévue aux éléments de la planète réelle.

Éléments prévus. Éléments réels: .

Demi-grandaxe. . . , . : 36,2 30,1 Révolution sidérale-. . . 217 ans 165 ÉXCENETIC ID He entends 0,107 0,006 Mass RE Te Een Ne LE 9 300 1:19 344

La concordance est fort loin d'être prodigieuse. N'en déplaise à Bertrand (Joseph), Le Verrier eut quelque veine que la planète réelle fût si près de la planète calculée.

2° — Et maintenant si vous voulez savoir ce qu'est l’âme des ant avec quelle facilité ils jettent linjure quand il s’agit de garder leur os, vous n'avez qu'à lire le mémoire d'Arago (t. XXXIII des Comptes Rendus, 1846, page 741) défendant son ami Le Verrier! C’est écœurant! Herschel, Airy, Challis sont traités comme des voleurs parce qu'ils osent dire qu'Adams avait eu la même idée que Le Verrier (après beaucoup d’autres) et était arrivé aux mêmes résultats, ou à peu près.

En lisant ces pages jaunies, mon indignation le cède pourtant à la tristesse. Il fut un temps où il paraissait injurieux aux Français que d’autres les égalassent dans l'avancement des sciences. Notre orgueil était ridicule; aujourd’hui nous n'avons plus d’orgueil, et pour cause!

Plus tard Le Verrier paya cher son triomphe insolent de 1846; on lui fit durement sentir qu'il n’était qu’un calculateur de génie, D'autres calculateurs surgirent pour le frotter à contre-poil. Après le mémoire d'Arago, il est moral de lire les mémoires de Delaunay rabrouant comme il convient le terrible despote de l'Observatoire.

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