Observation de Maraldi
1° — Comme exemple, voici l'observation de Maraldi qui le premier étudia soigneusement le phénomène découvert par Cassini fr.
Fig. 176.
Je profiterai de l’occasion pour montrer au lecteur comment on utilise les signes du Zodiaque.
La conjonction de Saturne et du Soleil arriva le 8 septembre 1714 ; le Soleil est au quatorzième degré de la Vierge. On commença à voir la planète le 23 septembre vers onze heures du matin, la Terre ayant tourné d’un certain angle dans le sens TT’. Son anneau était clair mais étroit. Le 4% octobre l'anse orientale parut plus large que l'occidentale ;
PLANÉTES ET COMÈTES
les anses se raccourcirent de sorte que le 9 octobre elles semblèrent moilié plus courtes que d'habitude. Le 12 l’anse orientale, qui précé- demment était plus large, disparut la première. Enfin le 44 octobre, Salurne était en phase ronde. Il resta rond pendant plus de trois mois jusqu'au 1* février où il reprit ses anses : la Terre, alors en T’, voyait le Soleil dans le Verseau. Ù
Ces observations prouvent d'abord que l'anneau n’est ni parfaitement
plan, ni parfaitement de révolution. S'il était l’un et l’autre, toutes ses parties disparaîtraient d’un coup.
Pendant tout le
temps de la disparition de l'anneau, on vit sur le
disque de Saturne une raie noire formée en partie par l'anneau obseur qui se projetait sur le disque, en partie par l'ombre que ce même
anneau projetait.
Maraldi observe que l'anneau est éclairé même quand il présente sa
tranche au Soleil:
Puisque son épaisseur est moindre que le diamètre
solaire, il reçoit de la lumière des bords de celui-ci, mais peu et sous une incidence très faible ; il diffuse vers.nous cette lumière sous une incidence également très faible : d’où son invisibilité, 3
2° — Voici comment il détermine la longitude de la ligne des nœuds
de l’anneau.
« L'an 1674, M. Cassini vit disparaître les anses le 8 décembre, lorsque Saturne n'était pas encore arrivé au nœud de son anneau et que, comme vu du Soleil, il était au 19° 41’ des Poissons. Mais cette année nous avons vu paraître l'anneau lorsque Saturne, ayant passé l'intersection, comme vu du Soleil, il parcourait le 20° 18’ de la Vierge. Entre le lieu opposé au 19 11’ des Poissons, qui est 19° 11’ de la Vierge, et le 20° 18° du même signe, il y a 4°7/ qui est l’espace le plus précis dans lequel l'anneau disparaît faute de lumière du Soleil. La moitié de cette différence étant ôtée du lieu de l'observation du 10 février 1715, donnera le lieu de l’intersection avec l'orbite de Saturne au 19° 45’ de Ja Vierge et des Poissons. »
C'est la ligne >,
£" de la figure.
3° — Le lecteur voudra bien maintenant reprendre la description de
Maraldi.
Aussitôt qu'il put voir la planète après la conjonction, la Terre se trouvait au voisinage de T, du même côté du plan de l'anneau que le Soleil : l'anneau était donc visible. Puis la Terre passa dans le plan de l'anneau qui devint invisible. Le plan de l'anneau se trouva donc entre ‘la Terre et le Soleil : la troisième raison d’invisibilité ne cessa qu'après l'instant où le plan traversa le Soleil. Maraldi a donc le droit d'utiliser ‘le temps où l'anneau redevint visible pour déterminer la position du
nœud de l’anneau.
Lorsque : Saturne va de Y’ à 2°, le Soleil éclaire la face nord de l'anneau; la face sud-est dans l'ombre. Il éclaire la face sud quand
, Saturne va de X/,
à Z'. Le lecteur se représentera donc le plan de
l'anneau comme passant par D'X’, et faisant 28° avec la partie nord de la figure. L
En septembre (point T dela figure) la Terre voyait la face sud éclairée ; puis en octobre elle est passée du côté de la face nord qui ne l'était pas.
4° — L'observation de Maraldi continue toujours aussi remarquable.
La Terre allant beaucoup ‘plus vite que Saturne devait rattraper le plan de son anneau quelque part en T”: l'anneau devait rédevenir invisible. En effet, peu après l’'équinoxe de printemps, le23 mars 1713 les anses disparurent à nouveau, jusqu'au 42 juillet où elles reparurent; la
Terre était en T’”. A partir de ce jour et pendant quinze ans, Saturne
devait conserver sés anses : ce qu'il fit.
Le plan de l'anneau avait cessé de balayer notre trajectoire.