RÉFRACTION ET ABSORPTION ATMOSPHÉRIQUES
Le cône d'ombre est raccourci par la réfraction atmosphérique.
En effet les rayons solaires qui tangentent la Terre, deviennent. courbes dans leur traversée de notre aimosphère. 3
Sorlis d'elle, ils reprennent leurs trajectoires rectlignes; mais au lieu de converger au point C, précédemment déterminé, ils le font en un point C’ plus rapproché de la Terre. F
En définitive le passage à travers notre atmosphère pour-les rayons. qui tangentent le sol, produit un changement de direction, une cassure, qui sont 2 fois la réfraction horizontale, près de 73! dans les conditions: normales (suivant la table du Bureau des Longitudes). L'angle au sommet du cône Cest en moyenne de 32’. Le cône dont le sommet est en C’, aurait 32 + 2(73) —178' d'angle: il serait donc 5 fois moins long que le cône C. Il est vrai que les rayons qui tangentent le sol sont fortement absorbés (voir plus loin); d'autre part à mesure que les rayons traversent l'atmosphère à plus grande distance du sol, la Cas sure est moindre.
: Quoi qu'il en soit, de cette explication résulte la possibilité d’un éclairement plus ou moins intense à très grande distance du sommet C du cône géométrique; en particulier à la distance où se trouve la Lune.
Mais l'atmosphère est absorbante; tout se passe donc comme si de: ce chef le diamètre terrestre était augmenté. Elle est aussi diffusante.
Ces deux causes, agissant en sens contraire, expliquent : d’une part, que dans les éclipses totales de Lune, le disque lunaire reste constamment visible et d'une couleur rougeâtre; de l’autre, que l'ombre paraisse toujours un peu plus grande que ne l'indiquent le calcul du 1° et la règlgqui sera donnée plus loin.
. Bref les éclipses de Lune sont un phénomène intéressant, mais d'une définition géométrique imprécise. On trouve souvent deux minutes de différence entre les temps du commencement d’une même éclipse observée par divers astronomes. Le lecteur comprend pourquoi nous nous contenterons d'évaluations approchées et pourquoi nous nous en tiendrons à la considération de l'ombre géométrique ; il serait absurde de calculer avec la dernière précision un phénomène aussi mal délimité, aujourd'hui surtout qu'on n’a plus l'excuse de l'utiliser à la détermination des longitudes.
329. Diamètre apparent de la section du cône d'ombre ter-. restre à l'endroit où la Lune le traverse. |
1° — La droites (fig. 254) représente schématiquement le diamètre du Soleil; la droite T représente le diamètre de la Terre; C est le. sommet de son cône d'ombre. |
La Lune se déplace dans le plan P qui est vu de champ; MN est le-
ÉCLIPSES\S": * | 56% 4 ba diamètre de la section du cône d'ombre par ce plan. Son centre est ce que plus haut nous appelons l’antisoleil.
La figure 254 rend évidente la règle suivante. Le demi-diamètre apparent o de la section MN vue de la Terre est égal à la somme p + P des parallaxes horizontales solaire et lunaire, moins le demi-diamètre apparent À du Soleil vu de la Terre :
Je rappelle que la parallaxe horizontale solaire ou lunaire ($ 233) est l'angle p ou P sous lequel, du Soleil ou de la Lune, on voit le rayon É
terrestre placé normalement à la ligne de visée. Le lecteur n'oubliera pas à quel point la figure exagère les rayons des astres par rapport à leurs distances.
2° — Nous prendrons uniformément ,
Par exemple, il y eut pleine Lune (opposition) le 4° janvier 1915 à + Oh 30" (heure astronomique). |
La parailaxe lunaire était alors P — 55/28",
Le demi-diamètre solaire était : 16/48”.
D'où pour le demi-diamètre de l'ombre :
On a coutume d'ajouter autant de secondes qu'il y a de minutes dans. ce demi-diamètre pour tenir compte de l'absorption atmosphérique. Le demi-diamètre apparent de l'ombre était done au 4° Janvier 1918 :