‹ AthalieChapitre 95 sur 130 · Nous attacher signifie ici nous confier · texte numérisé non relu

Nous attacher signifie ici nous confier

4. Cacher a pour sujet nous sous-entendu. Voir Chassang, Gramm. franç., § 317, Rem. V.

5. Quatre portes aux quatre points cardinaux donnaient entrée dans le temple.

JOAD

N'y reste-t-il que vous et vos saintes cohortes?

AZARIAS

De ses parvis sacrés j'ai deux fois fait le tour.

Tout a fui, tous se sont séparés sans retour^

Misérable troupeau qu'a dispersé la crainte ;

Et Dieu n'est plus servi que dans la tribu sainte^. 260

Depuis qu'à Pharaon ce peuple est échappé^,

Une égale terreur ne l'avait point frappé*.

JOAD

Peuple lâche, en effet, et né pour l'esclavage,

Hardi contre Dieu seul ! Poursuivons notre ouvrage.

Mais qui retient encor ces enfants parmi nous? 265

UNE DES FILLES DU CHŒUR

Hé! pourrions-nous. Seigneur, nous séparer de vous? Dans le temple de Dieu sommes-nous étrangères? Vous avez près de vous nos pères et nos frères.

UNE AUTRE

Hélas ! si pour venger l'opprobre d'Israël,

Nos mains ne peuvent pas comme autrefois JaheP, 270

1. On a vu, acte II, scène 2, que le peuple s'était dispersé ù la venue d'Athalie dans le temple.

2. Cette tribu était celle de Lévi. Azarias, qui ne sait encore rien des projets de Joad ne son^e qu'à l'interruption des cérémonies de la fête et pense qu'elles vont reprendre.

3. Sur l'emploi de l'auxil. être, voir Chassang, Gramm. franç. § 289.

4. Cette terreur des Israélites est décrite dans l'Exode (XVI, 11). « Est-ce faute de tombeaux en Égypte que tu nous a amenés mourir dans le désert? Nous aimons mieux servir les Égyptiens. »

5. Juges, ch. IV (Racine.) — Sisara, général des Cliananéens, ayant

Des ennemis de Dieu percer la tête impie, I^ous lui pouvons du moins immoler notre vie. Quand vos bras combattront pour son temple attaqué, Par nos larmes du moins il peut être invoqué.

JOAD

Voilà donc quel vengeurs s'arment pour ta querelle^ :

Des prêtres, des enfants, ô sagesse éternelle ! [275

Mais si tu les soutiens, qui peut les ébranler*?

Du tombeau, quand tu veux, tu sais nous rappeler.

Tu frappes et guéris ; tu perds et ressuscites^

Ils ne s'assurent point en leurs propres mérites^, 280

Mais en ton nom sur eux invo qué tant de fois,

En tes serments jurés au plus saint de leurs rois^

En ce temple où tu fais ta demeure sacrée^,

Et qui doit du soleil égaler la durée.

Mais d'où vient que mon cœur frémit d'un saint effroi?

Est-ce l'esprit divin qui s'empare de moi? [285

C'est lui-même. Il m'échauffe. Il parle. Mes yeux s'ou-

Et les siècles obscurs devant moi se découvrent, [vrent,

■été défait par Barac, chef des Juifs, se retira dans la tente de Jahel femme d'Haber ; celle-ci, pendant son sommeil, le fit périr en lui enfonçant un clou dans la tête.

1. Querelle signifie ordinairement contestation violente et bruyante. Racine l'a employé ici dans le sens de cause. Corneille l'avait déjà ■employé ainsi {le Cid, I, 4) :

Mon bras, qu'avec respect toute l'Espagne admire... Trahit donc ma querelle, et ne fait rien pour nioi.

2. " Tu frappes et tu guéris, tu conduis aux enfers et tu en ramènes, « (TOBIE, XIII, 2.)

3. Ils ne s'assurent point signifie ici ils n'ont point confiance.

4. Serments jurés. Remarque?; cette expression qui forme une sorte de pléonasme. — David est le roi dont il s'agit ici.

5. Où tu fais ta demeure. On dirait plus ordinairement où tu établis ta demeure ; ou, dont tu fais ta demeure. Le temple était considéré •comme la demeure de Dieu.

ATÎIALIE, ACTE III, SC. VII

Lévites, de vos sons prêtez-moi les accords^,

Et de ses mouvements secondez les transports^. 290

LE CHŒUR chante au son de toute la symphonie des instruments.

Que du Seigneur la voix se fasse entendre, Et qu'à nos cœurs son oracle divin

Soit ce qu'à l'herbe tendre Est, au printemps, la fraîcheur du matin=^.

JOAD

Cieux, écoutez ma voix. Terre, prête l'oreille. 295 Ne dis plus, ô Jacob, que ton Seigneur sommeille. Pécheurs, disparaissez : le Seigneur se réveille ^

(Ici recommence la symphonie et Joad aussitôt reprend la parole.)

Comment en un plomb vil l'or pur s'est-il changé?^... Quel est dans le lieu saint ce pontife égorgé?^...

1. Prêtez-moi les accords de vos sons, c'est-à-dire soutenez ma voix par les accords de vos instruments ; par accords on entend les sons unis et formant harmonie. Remarquez aussi que prêter a ici le sens de fournir comme dans les locutions : prêter aide, prêter assistance.

2. Ses, les mouvements, les inspirations de l'esprit divin. Ses est un peu éloigné du mot auquel il se rapporte, mais il n'y a pas d'obscurité.

3. « Que mes paroles se répandent comme la rosée et comme les gouttes de l'eau du ciel qui tombent sur l'herbe.» (Deutéeonome XXXII, 2.)

4. « Racine a cru pouvoir s'affranchir ici de la règle, en mettant trois rimes féminines de suite. Huit vers plus bas. on trouve encore trois rimes masculines ; peut-être a-t-il cru ce système plus propre à peindre le désordre des idées dans un moment d'inspiration. » fAiMÉ Martin.)

5. Joas. (Note de Racine.) — « Comment l'or s'est-il obscurci? comment a-t-il changé sa couleur qui était si belle? » (Jérémie, IV, I). Joas devenu roi, se déshonora plus tard par ses crimes,

6. Zacharie. (Note de Racine.) — Joas le fit lapider dans le vestibule du temple.

Pleure, Jérusalem; pleure, cité perfide^ 300 Des prophètes divins malheureuse homicide 2, De son amour pour toi ton Dieu s'est dépouillé ; Ton encens à ses yeux est un encens souillée. .

Où menez-vous ces enfants et ces femmes*? Le Seigneur a détruit la reine des cités ^. 305" Ses prêtres sont captifs, ses rois sont rejetés. Dieu ne veut plus qu'on vienne à ses solennités^ Temple, renverse-toi. Cèdres, jetez des flammes'.

Jérusalem, objet de ma douleur, Quelle main en un jour t'a ravi tous tes charmes? 310 Qui changera mes yeux en deux sources de larmes Pour pleurer ton malheur^?

AZARIAS

O saint temple !

JOSABET.

O David !

LE CHŒUR

Dieu de Sion, rappelle,

1. « Jérusalem 1 Jérusalem ! qui tues les prophètes I » (Saint Matthieu, XXXVIII, 37.)

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