ACTE III. — SCÈNE VI
Abiron et Dathan, Doëg, Achitophel :
Les chiens à qui son bras a livré Jézabel, Attendant que sur toi sa fureur se déploie, Déjà sont à ta porte, et demandent leur proie.
MATHAN, trovbU,
Avant la fin du jour. . .on verra qui de nous. . . Doit... Mais sortons, NabaL
NABAL
Oii vous égarez-vous ?
De vos sens étonnés quel désordre s'empare ?
Voilà votre chemin.
8GÎ:ne VI.
JOAD, JOSABETU.
JOSABETH
L'orage se déclare ; Athalie en fureur demande Éliacin.
Déjà de sa naissance et de votre dessein On commence, Seigneur, à percer le mystère :
Peu s'en &ut que Mathan ne m'ait nommé son père.*
JOAD
Au perfide Mathan qui l'aurait révélé ?
Votre trouble à Mathan n'a-t-il point trop parlé ?
JOSABETH
J'ai fiEÛt ce que f ai pu pour m'en rendre maîtresse. Cependant, croyez-moi. Seigneur, le péril presse. Réservons cet enfant pour un temps plus heureux. Tandis que les méchants délibèrent entre eux. Avant qu'on l'environne, avant qu'on nous l'arrache, Une seconde fois souffrez que je le cache ;
1 Peu s'en faut, . . A little more, and Mathan woold hâve given me the naine of his fatiber.
Les portes, les chemins, lui sont encore ouverts. ; Faut-il le transporter aux plus affireux déserts ?
Je suis prête ; je sais une secrète issue iî Par 011, sans qu'on le voie, et sans être aperçue,
;; De Cédron avec lui traversant le torrent,
'1 J'irai dans le désert où jadis en pleurant,
: Et cherchant comme nous son salut dans la fiiite,
J David d'un fils rebelle évita la poursuite.
If Je craindrai moins pour lui les lions et les ours...
Mais pourquoi de Jéhu refuser le secours ?
;; Je vous ouvre peut-être un avis salutaire.
: Faisons de ce trésor Jéhu dépositaire :
;| On peut dans ses états le conduire aujourd'hui,
I Et le chemin est court qui mène jusqu'à lui
Jéhu n'a point un cœur farouche, inexorable ; j De David à ses yeux* le nom est favorable.
!î Hélas ! est-il un roi si dur et si cruel,
1« A moins qu'il n'eût pour mère une autre Jézabel,
il Qui d'un tel suppliant ne plaignît l'infortune ?
Sa cause à tous les rois n'est-eUe pas commune ?
JOAD
Quels timides conseils m'osezrvous suggérer ! En l'appui de Jéhu pourriez-vous espérer î
JOSABETH
Dieu défend-il tout soin et toute prévoyance t Ne l'offense-t-on point par trop de connanœ ? A ses desseins sacrés employant les humains, Na-t-il pas de Jéhu lui-même armé les mains ?
JOAD
Jéhu, qu'avait choisi sa sagesse profonde, Jéhu, sur qui je vois que votre espoir se fonde, D'un oubli trop ingrat a payé ses bienfaits : Jéhu laisse d'AchîU) l'affreuse fille en paix,
^ i/u nomfavorahle aux yeux n'œt pnti Fnia9ai«.^AcADi6Mii.