‹ Athalie, tragédie, annotéeChapitre 38 sur 63 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

SALOMITH, LE CUŒUR.

SALOMITH.

Que de craintes, mes sœurs, que de troubles mortels ! Dieu tout-puissant, sont-ce là les prémices.

Les parfums et les sacrifices Qu'on devait en ce jour ofirir* sur tes autels ?

UNE DES FILLES DU CHŒUR

Quel spectacle à nos yeux timides I Qui l'eût cru qu'on dut voir jamais Les glaives meurtriers, les lances homicides Briller dans la maison de paix ?

UNE AUTRE

D'où vient que, pour son Dieu pleine d'indifférence, Jérusalem se tait' en ce pressant danger ?

D'où vient, mes sœurs, que, pour nous protéger, Le brave Abner au moins ne rompt pas le suence ?

SALOMITH.

Hélas ! dans une cour où Ton n*a d'autres lois

Que la force et la violence.

Où les honneurs et les emplois Sont le prix d'une aveugle et basse obéissance.

Ma sœur, pour la triste innocence

Qui vou(bfait élever sa voix ?

1 Peut-on — Is it possible.

* (iu'on devait offrir— Which were to be offbred.

* Se taitr—JB or ramfdna silent

UNE AUTRE

Dans ce péril, dans ce désordre extrême, Pour qui prépare-tron le sacré diadème ?

aÂLOMITH.

Le Seigneur a daigné parler ; Mais ce qu'à son prophète il vient de révéler.* Qui pourra nous le faire entendre ?

S'arme-t-il pour nous défendre ?

S'arme-t-il pour nous accabler ?

TOUT LB CHŒUR ckœnJt^

O promesse ! ô menace ! ô ténébreux mystère 1 Que de maux, que de biens sont prédits tour à tour ! Comment peut-on avec tant de colère Accomer tant d'amour ?

UNE VOIX, seule.

Sion ne sera plus ; une flamme cruelle Détruira tous ses ornements.

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