I3MAEL, JOAS, JOAD, ATHALIE
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ISMAEL, à Joad.
Seigneur, le temple est libre et n'a plus d'ennemis ; L'étranger est en fuite, et le Juif est soumis. Comme le vent dans l'air dissipe la fumée, La voix du Tout-Puissant a chassé cette armée. Nos Lévites, du haut de nos sacrés parvis, D'Ochozias au peuple ont annoncé le fils.
Ont conté son enfance au glaive dérobée,* £t la fille d'Achab dans le piège tombée.
Partout en même temps la trompette a sonné :
Et ses sons et leurs cns dans son camp étonné Ont répandu le trouble et la terreur subite Dont Gédéon frappa le fier Madianite.
Les Tyriens, jetant armes et boucliers.
Ont, par divers chemins, disparu les premiers : Quelques Juifs éperdus* ont aussi pris la fuite ; Mais, de Dieu sur Joas admirant la conduite, Le reste à haute voix s'est pour lui déclaré. Enfin, d'un même esprit tout le peuple inspiré. Femmes, vieillards, enfants, s'embrassant avec joie, Bénissent le Seigneur et celui qu'il envoie.
Tous chantent de David le fils ressuscité.
Baal est en horreur dans la sainte cité ; De son temple profeme on a brisé les portes ; Mathan est égorgé.
Dieu des Juifs, tu l'emportes !'
1 Dérobée — Saveâfrom.
* ^/xrdta— DIsmayed, ■ Tu Fempories—Thovi triamphest
Oui, c'est Joas : je cherche en vain à me tromper ; Je reconnais l'endroit où je le fis frapper ; Je vois d'Ochozias et le port et le geste ; Tout me retrace enfin un sang que je déteste. David, David triomphe ; Achab seul est détruit. Lnpitoyable Dieu, toi seul as tout conduit !
Cest toi qui, me flattant d'une vengeance aisée, M'as vingt fois en un jour à moi-même opposée ; Tantôt pour un enfant excitant mes remoi^, Tantôt m'éblouissant de tes riches trésors Que j'ai craint de livrer aux flammes, au pillage. Qu'il règne donc ce fils, ton soin et ton ouvrage ! Et que, pour signaler son empire nouveau, On lui fasse en mon sein enfoncer le couteau ! Voici ce qu'en mourant lui souhaite sa mère : Que dis-je, souhaiter ! je me flatte, j'espère Qu'indocile à ton joug, iatigué de ta loi.
Fidèle au sang d' Achab qu'il a reçu de moi, Conforme à son aïeul, à son père semblable.
On verra de David l'héritier détestable Abolir tes honneurs, profaner ton autel, Et venger Athalie, Achab, et JézabeL
{AihaUe sort, les Lévites la suivent)
JOAD
Qu'à l'instant hors du temple elle soit emmenée. Et que la sainteté n'en soit point profanée.
Allez, sacrés vengeurs de vos princes meurtris,* De leur sang par sa mort fiiire cesser les cris. Si quelque audacieux embrasse sa querelle.
Qu'à la fureur du glaive on le livre avec elle.
1 Meurtris — Comme de meurtre on a fait meurtrir, il 6tfdt naturel que l'on conservftt le wdb de l'autre, et c'est ce qui a eu lieu d'abord. Mais l'usage, qu'on ne peut pas toi^ours expliquer, en a décidé autrement, et députe longtemps meurtrir ne signifie plus que faire dei meurtrissures, des contusions : " ils l'ont meurtri de coups."— La Habpb.