GROTTE DE PAN
marbre composé de deux piédroits avec un fronton portant sur la frise le seul mot «eptnikot.
Embouchure du canal de la Clepsydre.
La chapelle a environ h mètres de long sur 2'", 50 de large. L’autel, dont il ne reste plus de traces, devait être placé en A, près de l’entrée moderne; on y voit encore peint le Christ entre la Vierge et saint Jean évangéliste. Les parois présentaient les images grossières des douze apôtres; trois du côté sud ont été détruites en pratiquant l’ouverture de la muraille. Enfin, sur l’arc du cul de four qui a remplacé la porte, on distingue à gauche une figure prosternée, qui semble avoir fait partie d’une Annonciation. Toutes ces fresques barbares, remontant au moins au x® siècle, sont en fort mauvais état; elles offrent en maint endroit les traces de balles tirées par les Turcs. La chapelle est complètement obscure, et, pendant que je la dessinais, l’éclat de ma bougie réveilla quelques-unes des chauves-souris suspendues à la voûte et seules habitantes du sanctuaire abandonné.
Grotte de Pan. Nous avons fini la visite de l’Acropole; quelques édifices adossés à son rocher nous restent à étudier, mais ils sont entièrement indépendants de la citadelle et ils trouveront leur place dans un autre chapitre; il n’en est pas de même de la grotte de Pan, qui, nous l’avons dit, avait avec l’Acropole une communication directe par son escalier taillé dans le roc, et c’est par elle c|ue nous terminerons cet examen de la partie la plus célèbre et la plus intéressante de l’antique Athènes.
La grotte de Pan^, située à la droite de celle d’Aglaure, auprès du bastion moderne qui renferme la fontaine Clepsydre, avait été primitivement dédiée à Apollon, et, dans son enceinte, Créuse, fille d’Érechthée,
1. Plan de l’Acropole I. La grotte est indiquée sur la médaille que nous avons donnée p. 179.
victime de la passion de ce dieu^, avait exposé elle-même son fils Ion, qui donna son nom aux Ioniens d’Europe et d’Asie Cette grotte fut plus tard consacrée également à Pan par les Athéniens, en reconnaissance de’ la terreur qu’il avait répandue parmi les Perses à Marathon s, terreur sans cause et sans mesure qui, depuis lors, fut appelée panique. Si l’on en croit Lucien'^, qui n’y croit guère lui-même^, le dieu quitta les montagnes d’Arcadie et vint s’établir dans la grotte ciui lui était
1. « Il est une ville célèbi’e de la Grèce à laquelle Pallas à la langue d’or a donné son nom; là,
Phébus surprit Gi'éuse, fille d’Érecbthée, et la força de céder à sa passion au pied de la citadelle de Pallas. » Euripide. Ion.
« CréüsÊ : Tu connais cet antre exposé au souffle de Borée, creusé dans le rocher de Cécrops que nous appelons Macra?
« Le Vieillard : Je connais cette grotte où est le sanctuaire de Pan, non loin d’un autel.
« Creuse : C’est là que j’ai soutenu une lutte déplorable. » Id. Ibid.