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çon d’intempérance suffisait pour empêcher l’admission d’un citoyen^, de même c|ue la moindre tache pouvait motiver son exclusion 2. La tenue des aréopagites devait toujours être décente et grave ; le rire leur était interdit comme une marciue de légèreté de caractère^, et la plus grande discrétion leur était ordonnée ; enfin Plutarque ^ nous apprend qu’il ne leur était pas même permis de composer des comédies. Il n’était pas jusciu’à leur cœur qui ne fût soumis à un sévère contrôle, et l’un d’eux fut exclu pour avoir étouffé un oiseau qui s’était réfugié dans son sein®. On pensa qu’un homme inaccessible à la pitié ne pouvait sans danger être appelé à prononcer sur la vie de ses semblables.
C’étaient en effet les accusations capitales qui surtout étaient portées devant l’Aréopage, et ce tribunal fut le premier à Athènes qui eut le droit d’appliquer la peine de mort 7. Devant lui comparaissaient les meurtriers , les empoisonneurs , les incendiaires , les sacrilèges , les traîtres, les transfuges.
Plus tard, ainsi que nous l’avons dit, Solon étendit les attributions de l’Aréopage; il fut même, dans certains cas, investi du pouv’oir d’annuler le jugement rendu par les assemblées du peuple, lorsqu’il lui semblait qu’un coupable avait été acquitté; il devint de droit le tuteur des orphelins auxquels il faisait donner une éducation conforme au rang qu’ils étaient appelés à occuper dans la république ^ ; il fut chargé de punir l’ivresse^; il exerça une surveillance sur les mœurs du peuple et surtout de la jeunesse, chacun de ses membres ayant droit d’entrée et de contrôle dans toute réunion publique et même privée^®. L’Aréopage prononçait sur toute contestation religieuse, punissait le blasphème et l’irré-
1. « Les membres de l’Aréopage refusaient d’admettre parmi eux un homme qui avait dîné dans
un cabaret. » Hypéride. C. Patfocle, ap. Athén. Deipnos. L. XIII.
2. Il paraît que, dans les derniers temps de la prospérité d’Athènes, on ne s’était que trop relâché
de cette rigidité, car, dès la fin du iv" avant J.-G., un sénateur de l’Aréopage, nommé Gyllion, ne rougissait pas d’être le parasite de Phryné. (Voy. Athénée. Deipnos. L. XIII.)