Eschine. In Tiin. et Ctesiph. — Dinarch. In Aristog
6. « Voici , selon Varron , la raison pour laquelle cette ville fut nommée Athènes, qui est un nom tiré de celui de Minerve, que les Grecs appellent ’AO-nva. Un olivier étant tout à coup sorti de terre en cet endroit, et une source d’eau en un autre, ces prodiges étonnèrent le roi, qui députa vers Apollon de Delphes pour savoir ce que cela signifiait et ce qu’il fallait faire. L’oracle répondit que l’olivier signifiait Minerve et l’eau Neptune, et que c’était aux habitants à savoir de laquelle de ces deux divinités ils donneraient le nom à leur ville. Cécrops assembla tous les citoyens, tant hommes que femmes: car les femmes panni eux avaient alors voix dans les délibérations. Lorsqu’il recueillit les suffrages , tous les hommes furent pour Neptune et toutes les femmes pour Minerve, et, parce qu’il y avait une femme de plus. Minerve l’emporta. »
Saint Augestin. Cité de Dieu. L. XVIII, c. 1).
l’NVX.
Tout citoyen ..qui avait atteint trente ans pouvait prendre la parole, après toutefois qu’elle avait été accordée à ceux qui avaient accompli leur dixième lustre^.
Uépistate qui présidait l’assemblée était choisi parmi les proèdres^ ciui avaient pour mission de compter les suffrages exprimés par les cailloux qui avaient remplacé les fèves, xuapi, employées d’abord à cet usage
Les citoyens qui assistaient aux assemblées recevaient des mains des thesmothètes un salaire qui varia de i à 3 oboles Le plus faible salaire, institué par Périclès^, fut porté au triple par Cléon, qui voulut ainsi se concilier l’affection du peuple Ceux qui arrivaient trop tard à l’assemblée étaient privés du triobole®.
Les mêmes citoyens ne pouvaient juger deux affaires dans ‘la même journée
. 1. Le héraut, après avoir indiqué le sujet de la délibération, terminait par ces mots : Quels sont les citoyens au-dessus de l’âge de cinquante ans qui veulent prendre la parole? (Voy. Eschine. In Tim. et Ctes.)
2. Aristophane , dans sa comédie des Chevaliers, appelle le peuple athénien mangeur de fèves, c’est-à-dire vivant du salaire de ses votes.
3. 15 à 45 centimes, qui aujourd’hui représenteraient la valeur de 1 fr. 50 c. à 4 fr. 50 c.
« Autrefois, quand à l’assemblée ils ne recevaient qu’une obole, on pouvait causer assis tout à l’aise; maintenant on est étouffé par la foule... Aujourd’hui, quand on fait quelque chose pour la patrie, on demande 3 oboles, comme le maçon mercenaire. »
Aristophane. Les Harangueuses.
Dans un passage de sa comédie des Grenouilles, le même comique fait allusion au salaire de 2 oboles que les citoyens recevaient à l’époque où il fit représenter sa pièce.
« Hercule : Un vieux nautonier te passera dans une petite barque, moyennant un salaire de 2 oboles. »
« Bacchus : Vraiment! Quel pouvoir ont partout 2 oboles! Comment sont-elles venues jusque-là? »
Ce salaire, gagné sans fatigue, avait pour les Athéniens un grand attrait. Aussi Aristophane raille-t-il souvent leur rage de juger et de prendre part aux délibérations; il leur forge le surnom de peuple pnycien dans les Chevaliers. C’est contre cette manie qu’est dirigée toute sa comédie des Guêpes, dont les Plaideurs de Racine sont une si charmante imitation; enfin, dans les Nuées, Strepsiade, auquel on met sous les yeux une carte de la terre en lui montrant Athènes, s’écrie : « Que dis-tu là? Je n’en crois rien; je n’y vois pas déjugés en séance. »
4. « Périclès, le premier, salaria les juges, d Aristote. Politique. L. II, c. 10.
5. « Cléon : Quant à moi, je ne cesserai de nourrir le peuple et de le servir, et tous les moyens
me seront bons pour lui faire payer les 3 oboles. « Aristoph. Les Chevaliers.
0. « Allons à l’assemblée, ô hommes! Le thesmothète a menacé de ne pas payer le triobole à quiconque n’arriverait pas de grand matin. » In. Les Harangueuses.
« S’il t’arrive de te lever à midi, tu n’auras pas à craindre d’être exclu par le thesmothète. »
Id. Les Guêpes.
7. « O peuple! c’est assez d’avoir jugé une affaire; va au bain, prends un morceau, bois, mange, et reçois les 3 oboles. » lo. Les Chevaliers.
C’était au Pnyx seul qu’en vertu de la loi de Solon étaient proclamées les couronnes décernées par le peuple aux citoyens qui avaient bien mérité de la patrie. Gtésiphon ayant fait décider que celle accordée à Démosthène serait proclamée au théâtre et avant même qu’il eût rendu compte de sa conduite, cette infraction donna lieu au fameux procès sur la Couronne, intenté par Eschine ^ à Démosthène pour se venger de celui que l’illustre orateur lui avait suscité autrefois à l’occasion de son ambassade près de Philippe de Macédoine.
La colline du Pnyx ne fait en quelque sorte qu’une avec celle des Nymphes; elles n’étaient séparées que par une faible dépression dont on a profité pour faire passer la route moderne conduisant à l’observatoire. La face de la colline des Nymphes qui regarde le Pnyx est coupée verticalement ‘dans plusieurs parties; il en est de même de celle du Pnyx, contre le côté nord duquel ont été évidemment appliquées des habitations dont on voit encore indiquées les séparations, ainsi que les trous des chevrons des toits. Près de là, à l’est, sont sur le roc d’autres traces de maisons et d’escaliers.
II y eut à Athènes deux Pnyx voisins l’un de l’autre, mais qui ne furent point fréquentés en même temps.
On ignore à quelle époque fut établi l’ancien, mais nous verrons par la construction de sa muraille de soutènement qu’il devait dater d’un temps très-reculé On attribue à Thémistocle le nouveau Pnyx; sentant le besoin d’exalter les sentiments patriotiques et l’énergie des citoyens d’Athènes, il reporta le lieu de leurs assemblées sur un point plus élevé d’où leurs yeux pouvaient apercevoir la mer, théâtre de leurs exploits. Par la raison contraire, en l’an hOk avant Jésus-Christ, les trente tyrans,
1 Le décret portait : « Le héraut proclamera au théâtre, eu présence des Hellènes, que le peuple athénien couronne Démosthène pour sa vertu, sa loyauté, et parce qu’il ne cesse de procurer, par ses paroles et par ses actions, le plus grand bien du peuple. »
Cf. Cicéron. Du meilleur genre d'éloquence. VIL
2. <( Vous l’entendez, ô Athéniens! d’après le législateur, on proclamera dans le Pnyx, devant le peuple convoqué, la couronne donnée par le peuple ; mais ailleurs, jamais ! D’après Ctésiphon, qui foule aux pieds les lois et change même le lieu, ce sera au théâtre, non à l’assemblée des citoyens, mais aux nouvelles tragédies; non devant le peuple seul, mais en présence des Hellènes, pour qu’ils sachent comme nous quels hommes nous décorons. »
Eschine. Discours sur la Couronne.
3. Pollux l’appelle une place arrangée suivant la simplicité antique , y wpiov xaTeuxEuafTp-évov xaxà
vrjv 7ra),aiàv àTiXovrixa. Lexic. L. VHI, 132.