Voy. la vignette en tête de ce chapitre
rieur BCDE, haut, comme les deux autres, de O"', 42, et profond de 0'",32, a 9'“, 65 de longueur à la façade G D, et 6™, 30 aux côtés B G et ED. A son angle D, est creusé un trou oblong F, qui dut recevoir une stèle. Au-dessus du 3*" degré s’étend une terrasse G H I, dont le centre est occupé par un autre gradin KLMN, long de A”? 45 à sa face LM, qui, haute de 0"‘,45, porte sur sa surface quatre trous de
stèles irrégulièrement disposés. Ge gradin sert de base à la tribune même A, à laquelle on montait par deux escaliers latéraux O et P, Gette tribune n’est plus qu’un cube ayant perdu sa partie supérieure, ornée sans doute d’une moulure quelconque et probablement munie d’un gardefou. Malgré cette dégradation, on peut voir encore par les traces restées sur la paroi du rocher que la hauteur totale du monument était d’environ 3 mètres.
Derrière la tribune, le rocher, sur une certaine largeur au-dessus de sa partie verticale, était taillé en gradins encore très-visibles, et de là aussi le peuple pouvait entendre l’orateur. G’était par un large passage coupé à l’extrémité méridionale de la paroi du rocher auquel était adossée la tribune que l’on arrivait à ces gradins supérieurs.
La tribune, le Pnyx, ces monuments si intéressants par les grands souvenirs qu’ils rappellent, étaient ensevelis sous la terre et les décombres, et ils n’ont été dégagés qu’en 1822, aux frais et par les soins de lord Aberdeen. Jusqu’alors la destination de cet hémicycle, dont la forme seule se dessinait sur le sol, avait donné lieu aux assertions les plus diverses; Wheler y avait vu l’Aréopage, Leroy l’Odéon de Périclès, Stuart celui d’Hérode Atticus ; Ghandler seul y avait reconnu le Pnyx,
l’NYX.
et son opinion avait été adoptée par Barthélemy et Barbié du Bocage, dès la fin du siècle dernier^.
Derrière la tribune, au-dessus et à 30 mètres en arrière, on trouve un autre rocher taillé aussi verticalement sur une moindre largeur, et sur une hauteur de 2"', 50 seulement dans la partie la plus élevée; il présente au nord un petit escalier, et au sud une niche que M. Pittakis pense avoir contenu la statue de Jupiter, devant laquelle on sacrifiait, avant de délibérer de jeunes porcs, dont le sang arrosait le lieu d’assemblée, cérémonie qu’on nommait xaGap[j(.a, purification^ ou îrepiçia, lustration La longueur de la partie conservée de cette seconde muraille de rocher est de 37 mètres.
C’est l’espace oblong compris entre cette paroi et celle de l’ancien Pnyx qui paraît avoir formé celui de Thémistocle. Cette supposition, adoptée par Leake, nous semble, malgré le peu de commodité que devait offrir ce nouveau lieu de réunion, être plus qu’aucune autre d’accord avec les témoignages de l’histoire.
A l’extrémité occidentale de cette esplanade rectangulaire fort allongée sont les restes de la tribune, espèce de grand piédestal réservé dans le roc, long de 3™, 30 et large de 3 mètres, qu’entourait un soubassement régulier, encore visible, large de 0'", 80. Détruite sans doute par les trente tyrans plutôt que par les siècles, la tribune ne conserve plus qu’une hauteur de 0'", 50.
En avant du centre de la paroi du rocher du Pnyx de Thémistocle
1. «Je ne conçois pas, dit Stuart, comment, ainsi que le dit Lucien, la Justice assise sur la colline de l’Aréopage, en face du Pnyx, aurait pu voir venir Pan qui' sortait de sa grotte, située sous l’Acropole, puisque, dans l’hypothèse de Chandler, elle aurait tourné le dos à ce dieu. »
Cette objection aurait certainement une grande valeur, si le texte de Lucien disait exactement ce que Stuart lui fait dire; mais il n’en est rien. Mercure, arrivant dans l’Attique avec la Justice, s’arrête sur l’Aréopage : « Tu n’as, dit-il à la Justice, qu’à t’asseoir ici quelque part sur cette colline et regarder du côté du Pnyx, en attendant que j’aie proclamé les ordres de Jupiter. Moi, je vais monter à l’Acropole pour convoquer le peuple d’un lieu d’où il puisse facilement m’entendre. — Mercure, répond la Justice, ne t’en va pas avant de m’avoir dit quel est ce personnage qui vient au-devant de nous; il est cornu, porte une syrinx et a les deux jambes velues. — Mercure: Comment! tu ne reconnais pas Pan? » Lucien. La Double Accusation.
On voit que dans ce passage rien n’indique que, dans ce moment, la Justice se soit déjà assise, comme Mercure l’avait invitée à le faire pendant son absence; il est même probable que, dans la pensée de Lucien, elle reste debout, puisque immédiatement elle entame un dialogue avec Pan qui se présente devant elle.
2. Aristoph. Les Acharniens et les Harangueuses . — Eschine. In Tirnocr.
sont, sur le sol, les traces d’un édifice dont le plan semblerait être celui d’une sorte de temple, avec son pronaos. Trois trous ronds, de 0'", ih de ' diamètre, creusés dans le rocher,, sur la limite occidentale de son ^ enceinte, paraissent avoir reçu des poteaux dont la destination serait difficile à déterminer. Je croirais volontiers cette construction postérieure à l’époque où l’on en revint à l’ancien Pnyx; car sa présence eût encore diminué l’espace déjà si restreint destiné au peuple dans le Pnyx de Thémistocle. Les citoyens n’avaient même pas ici, comme à l’ancien Pnyx, la ressource de prendre place sur le sommet du rocher; car, à partir de ce sommet, la colline descend vers le sud-ouest, où bientôt elle est coupée par des restes assez considérables de l’ancienne muraille de la ville, composée de blocs de grand appareil en pierres du Pirée.
Colline de Musée. Cette colline fait suite à celle du Pnyx, dont elle était séparée, ainsi que de l’Aréopage, par une vallée qu’occupait un des quartiers les plus populeux d’^Athènes, celui que sa position avait fait nommer Cceléj xoi'Xv], le creux. Là, entre le Pnyx et le Musee, se trouvait la porte Mélitide, dont l’emplacement est indiqué par la petite église de .S. Diniitri Lombardhari.
La colline doit son nom à un disciple d’Orphée, au poète Musée, fils d’Antiphème, né à Eleusis, qui vivait au xiib ou au xiv*" siècle avant Jésus-Christ, et mourut dans une extrême vieillesse en ce lieu où il fut inhumé^. Ses ouvrages étaient presque tous perdus dès le temps de Pausanias, et on ne possédait plus de lui qu’un hymne à Cérès^. Nous avons vu que son portrait était au nombre des peintures que l’on conservait dans la Pinacothèque des Propylées.
Démétrius Poliorcète qui, après avoir, délivré Athènes de ses tyrans, voulut y dominer à son tour, avait fortifié le Musée et n’en fut chassé
1. « Le poëte Musée chantait, dit-on, ses vers sur cette colline, et, quand il mourut de vieillesse,
il y fut enterré. » Pausani.vs. Att. C. XXV.