‹ Athenes (volume 2)Chapitre 249 sur 276 · PRISON DE SOCRATE · texte numérisé non relu

PRISON DE SOCRATE

comme à la colline des Nymphes, et où l’on peut suivre facilement le tracé de l’ancienne muraille d’Athènes, qui conserve encore plusieurs assises de pierres du Pirée^.

Prison de Socrate.

Prison de Socrate. Au pied de la colline de Musée, à quelques pas dé l’emplacement de l’ancienne porte Mélitide et en regard de l’Acropole, sont creusées trois grottes que l’on croit avoir servi de prison à Socrate et avoir été témoins de sa mort.

Plan de la prison de Socrate.

La façade du rocher, grossièrement aplanie, est percée de trois portes irrégulières ABC, et couverte de trous carrés c{ui semblent avoir reçu les poutres d’un toit. Du reste, le rocher D, faisant saillie en équerre, à droite, semble en effet indiquer la présence d’une construction en avant des grottes aussi bien que l’escalier E, qui, placé à gauche et dans le haut du rocher, dut être complété dans sa partie inférieure par un escalier en maçonnerie ou en bois dépendant de cette construction. Ce bâtiment devait être destiné aux gardiens de la prison.

1. Suivant Pline (L. XXXV, 49), les murs d’Athènes regarJaiit le mont Hymette étaient en liriques.

Les deux grottes de gauche communiquent entre elles par une porte. La première F, selon M. Pittakis, serait la salle où Socrate alla se baigner avant de boire la ciguë; une trace qui existe de trois côtés sur le sol, le long des parois, pourrait en effet indiquer l’emplacement de trois baignoires.

Cette grotte, la plus régulière de toutes , présente un carré de 3™, 35

de profondeur sur une largeur égale et 2“, 20 de hauteur ; le plafond est plat. La porte d’entrée A est haute de 2 mètres et large de j.'",75; la porte de communication G n’a que 0™,70 de large.

La seconde grotte H est très-petite et fort irrégulière. La manière dont le fond en cul-de-four est taillé dans le roc avec une espèce d’autel I, réservé en avant, semblerait indiquer une chapelle, ùpov, probablement consacrée à Mercure Strophœus, Srpofpaioç sous la protection duquel étaient les prisons.

Un trou rond K, pratiqué violemment dans la paroi de droite, sans doute à une époquê comparativement très-moderne, communique avec la troisième grotte. Celle-ci est double; en avant est une sorte de vestibule carré L, de grandeur égale à celle de la première grotte F, mais dont le plafond est à double rampant comme celui des hypogées étrusques de l’antique Tarquinia. A droite, au fond, une grande ouverture M, irrégulièrement arquée, communique à une salle circulaire taillée également dans le roc. Cette rotonde, tholus, OoXoç surmontée d’une voûte elliptique, était' la prison. Sa forme rappelle celle de la Trésorerie d’Atrée, à Mycènes; son diamètre est de 3'", 25. Les parois sont polies avec assez de soin. Au centre de la voûte est une ouverture ronde que fermait une dalle dont il reste encore la moitié.

Tombeau de Musée. Gravissant la colline, un peu au-dessous de son sommet, on voit sortir de terre la partie supérieure d’un très-ancien tom-

1. StpcçaiO!;, de crxpoçEyç, gond de porte; chez les Romains, les gonds avaient aussi leur divinité tutélaire, nommée Cardea ou Carna, de Cardo^ gond.

2. On appelait tholus tout édifice rond surmonté d’une coupole, mais il y avait à Athènes un édifice spécialement nommé le Tholus. « Il se trouve, dit Pausanias {Att. C. V), auprès du sénat des cinq cents. Les prytanes y ofifrent des sacrifices, et on y voit quelques petites statues d’argent. »

Le Tholus avait été probablement le trésor et le palais des anciens rois d’Athènes, et, « comme l’autorité de ceux-ci, dit M. Alfred Maury, passa ensuite aux prytanes, on comprend pourquoi ces magistrats sacrifiaient au Tholus. C’était dans cet édifice que l’on renfermait les clefs de la citadelle et le trésor public. Les trente tyrans y siégeaient. »

MONUMENT DE PHILOPAPPUS.

beau, qu’il serait bien facile de dégager entièrement^. Tourné vers l’orient, il présente un fronton long de 4'", 20, grossièrement taillé dans le roc. et à l’intérieur il paraît avoir été divisé par une cloison centrale. La tradition veut voir dans ce monument le tombeau de Musée, et la rudesse de son style autorise jusqu’à un certain point cette supposition dont la réalité n’est, du reste, aucunement prouvée.

Monument de Philopappus. Au point culminant de la colline de Musée s’élèye une ruine connue sous le nom de monument de Philopappus 2. Sa façade, tournée à l’est, regarde l’Acropole, et sa hauteur est de 12™, 62. Pausanias s’est contenté de le mentionner en passant, sans entrer dans aucun détail Stuart pense avec raison qu’il a été élevé en l’honneur du dernier roi de Comagène et de plusieurs de ses descendants. La Comagène, qui formait la partie septentrionale de la Syrie, et fut soumise la dernière par les Romains, ne figure dans l’histoire comme royaume indépendant que vers l’an 65 avant Jésus-Christ, époque où le reste de la Syrie fut réduit en province romaine par Pompée. Antiochus 1®% qui y régnait alors, fit alliance avec les Romains auxquels il donna plus d’une preuve de fidélité et sut ainsi conserver son trône, Cfu’il transmit à ses héritiers. La Comagène, devenue à son tour province romaine, à la mort d’ Antiochus ITI, l’an 17 après Jésus-Christ, fut rendue en l’an 38 à son fils Antiochus IV Épiphane par Caligula, qui lui adjoignit une partie de la Cilicie. Antiochus lY fut un des premiers princes qui reconnurent Yespasien comme empereur, et il commanda un corps d’auxiliaires au siège de Jérusalem; mais, en l’an 72, s’étant compromis par une alliance avec les Parthes, il perdit son royaume qui fut définitivement réuni à l’empire romain ^ sous le nom à' Euphmtésie

\. Voy. la lettre en tête du chapitre.

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