‹ Athenes (volume 2)Chapitre 63 sur 276 · Ibid., n · texte numérisé non relu

Ibid., n

nous seraient parvenus. » Toute restauration serait donc hypothétique. M. Beulé suppose qu’il ne manque que neuf à dix figures; on en compte douze dans la restauration proposée par M. Nolau^. Au centre devait être Jupiter assis sur son trône ^ ayant près de lui Junon, Vulcain et diverses autres grandes divinités de l’Olympe, témoins de la naissance miraculeuse de la déesse de la Sagesse

De toutes ces figures, il n’a été retrouvé à terre, au-dessous du fronton, qu’un torse viril mutilé déposé aujourd’hui dans la casemate voisine de l’Érechthéion. Dans la partie du tympan qui succède à la brèche se présentait d’abord une femme ailée, dont le torse, renversé sur la base du fronton , avait échappé à Carrey , qui ne l’a point fait figurer dans son esquisse; ce doit être une Victoire^. A coté se trouvait le fameux groupe de trois femmes, dans lesquelles, malgré leur jeunesse, on s’accorde généralement à reconnaître les Parques^, et dont les draperies sont peut-être les plus belles que nous ait léguées l’antiquité grecque. Enfin, la composition était terminée par la figure de la Nuit qui, s’enfonçant à mi-corps dans la base du fronton , guidait, comme Hypérion, son char attelé de quatre chevaux dont les têtes seules étaient visibles. Deux de ces têtes sont également au Musée de Londres*^. Renversée par la chute de la partie du rampant qui la

1. Les Antiquités d’Athènes et autres monuments grecs d'après les mesures de Stuart et de Revett, enrichis des nouvelles découvertes. In-18. 1835.

2. « Le moine Cédrénus dit qu’au xi” siècle on voyait sur la place publique de Constantinople un

Jupiter en marbre blanc de Phidias. Le dieu était assis sur iin siège sans dossier, sorte de banc que recouvrait un tapis ou un coussin. Tels sont les sièges qui servent aux divinités sur la frise du Parthénon. Au milieu du viii'- siècle, le Parthénon fut converti en église grecque. On construisit l’abside sur l’emplacement du pronaos, et, pour que les rayons du soleil pénétrassent par les petites fenêtres byzantines, on abattit la couverture du portique et le milieu du fronton oriental. Alors, neuf ou dix statues disparurent sans qu’on en ait retrouvé de traces. C’étaient précisément les principaux personnages de la grande composition qui représentait la Naissance de Minerve; Jupiter y occupait la première place. Je me suis demandé si ces statues, une fois enlevées par les chrétiens, n’ont pas été transportées à Constantinople, où les empereurs entassaient tous les chefs-d’œuvre que Rome avait respectés, et si le Jupiter du Parthénon n’était point celui dont parle le moine Cédrénus. Assis au centre du fronton, il contemplait sa fille qui venait de s’élancer de son cerveau, et « qui enlevait, t( comme dit Hésiode, de ses épaules immortelles ses armes divines, et le cœur de Jupiter se réjouis- '< sait. » E. Beüiæ. La Jeunesse de Phidias {Revue des Deux Mondes. Mars 1800).

3. La naissance de Minerve a fourni à Lucien le sujet de son huitième dialogue des dieux, intitulé Vulcain et Jupiter.

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