‹ Athènes (volume 3)Chapitre 20 sur 234 · CicÉnoN. De offiriis. II, IT · texte numérisé non relu

CicÉnoN. De offiriis. II, IT

■i. Le souhassciiiciit des Pr(i|)yli''cs iiii'iiaraif niiiic; M. Wysc, iniiiisiir d" Aii^'lrlcrrc l'ii (îivcc,

pniposa de le fain- ri''])ar('r aux fi-ais di- son pays, si rmi xnulail pcnnriiic (| (itc i-i'^iaiiraiinn lut

signôe du nom dt^ rAnj^lotcrrc. Les Grecs rcfusèrcnl, ii le mal ((niliinia i\r s'a^'i^ravi'r-. l'.ntin, in 1X57, le KOUVrrnrmi'Ill lirll(''irK|ili'' n fait cvi'rulcr di'S ti'a\aii\ di' rniisnlidaliiiii di\inns iiidispnisalilrs.

rontraiit . un polit canal carré pour récoulement des eaux, de sorte (jifils olVreiit ce profil :

Coupo des degrés.

Chaque entre-coloimement, aussi bien que cliaque base du stylobate, est formé d'une seule pierre de l'",69 de largeur, mais dont la longueur est pour les entre-colonnements de 1'", 56, et pour les bases de i'",83. Chaque colonne est inscrite dans un carré indi([ué par une saillie ou bandeau, de ()"',0G de hauteur et 0'",9 de largeur. Sur la face anté-

Plan d'une colonne.

rieure, ce bandeau présente une échancrure pour l'écoulement des eaux qui, sans cette précaution, eussent séjourné, comme dans un bassin, au pied du fût de la colonne.

Les colonnes sont cannelées à vive arête dans toute leur hauleur, et les cannelures sont au nombre de 20. Pour les faire paraître plus saillantes par le jeu des ombres, on ne les a point tracées en segment de cercle, ce qui eût permis à la lumière de pénétrer également dans toutes li's parties de la concavité, mais on les a laissées presque plates dans le tond, afin (|iie leurs extrémités, en se relevant l)nis(|U('inent , proj(^ta>s(Mit une ombiv plus tranchée.

La laigcnr tolalc du porti({ue, prise au degré supérieur lormant styloi)ate, est de 2.')'". SI, et au degré inférieur de 21'", Ù9. Cette dernière éten(lu(> est pai'lagé(> on deux paities par le passage central K E, réservé aux victimes. Ccliii-ci est lar^c de .'V". ()5. ce {|ui laisse par cous('(iueut.

l'ROI'VLEliS.

pour la largeur de cliaque porlion du portique et de l'escalier qui y conduit, 8'", 92.

Les Turcs, après avoir couvert le corps principal des Propylées M E M d'une pesante coupole, en avaient lait un arsenal et un magasin de poudre'^. Spon et Wheler racontent (ju'en 1656, vingt ans avant leur arrivée à Atiiènes, un aga nommé Isoui' (lousouf?) se préparait à célébrer une des grandes fêtes de sa religion, en détruisant à coups de canon, du haut de la citadelle, l'église de Saint-Dimitri, située dans la plaine, au pied de la colline de Musée. Dans la nuit cjui précéda le jour li\é pour ce sacrilège, la foudre tomba sur le magasin de poudre des Propylées , et l'aga périt avec toute sa famille à l'exception d'une jeune fille ; le plafond des Propylées et deux colonnes furent renversés ; les autres colonnes et les murailles furent ébranlées, et les blocs qui les

Les l'roiivléfs un 1750, il'aiiiis Stuart ut Hovi'tt.

composaient dérangés de loin- place. Cependant, le fi-onton de la farads occidentale soutenu |)ar six colonnes doi'iques existait rncoi'e-, et n'a disparu (pic pins tard, ainsi (|M(' (jnalre cliapileaux et la partie su|)('i'ienre

\. L*' sol (lu vcstihiilr ('tait tcllcnicnt exhaussé par les débris, ([iic les iictiti's i)ortos du nuir de fond i''lairiit l)(iiirhi''cs jus(|n';i Iriirs linlraiix.

'2. Il fut \ Il (Il place jxir Spon et \\ lieler, sui\aiit lcs(|iii'ls cette partie des Pni|i\ li'es, (pie de leur tc'mi)s ou ai)pelait Varseiial de Lyciirgiie, fut un teiu|il<'. Aujourd'hui, des morceaux du fronton gisent h terre, et M. Beuh' en a retrouvi'' un aiinle. I.es fnintous des PropyhVs ne paraissent )ias avoir l'-ti' ornt's de sculptures, car aucun auteiu- anti(pie n'en a fait inentinn.

4t athi<:nes.

ck'.s colonnes, par ki tloublc action du temps et des hommes^. I^es clia- ])itpnn\ rtairiit (Mirore tons les si\ en place, mais les dcnx colonnes à gauche porlaicnl seules un morceau d architrave, à l'époque où Revett dessina les Propylées-. Les entrc-colonnements étaient alors fermés par un mur j)ci((' de meurtrières, qui n'a été démoli que dans les premières années du royaume hellénique, par M. Ludwig Ross, alors conservateur di's anti(|iiilés.

Le ])()rti(|ue I/L. par une disposition tout exceptionnelle, laisse au milieu un entre-colonnement K beaucoup plus large que les autres, comprenant dans sa frise deux triglyphes et trois métopes, au lien (Tun triglyphe et deux métopes. Des six colonnes, les deux des extrémités ont seules conservé leurs chapiteaux, et encore sont-ils dans le plus triste état de dégradation. On peut cependant voir encore que ces chapiteaux ne le cédai'ent en rien, pour la beauté, l'élégance, la fermeté, la perfection des profils, à ceux du Pai-thénon.

chapiteau ilcs Proiijlcos.

Le diamèti-e des colonnes à leur base est de l'",5/|3 et au sommet (le l"„:2()r). La hauteur (\u fut est de 8'", 078 et celle du chapiteau de 0'". 7^2. ce (jui donne un total de 8'", 80. La coloinie a donc de haut<Mii' 5 diamètres 3//i. La largeur de l'entre-colonnement est de 2'", 10, c'est-à-dire d'en\iron \ diamètre 1/3; celle de renti-e-colonnemenl ceniral alteiiit 5'". 51 ou environ 2 di;unètres 1/3.

Deiii.'ic le |)()iti(|uc s'étend, entre deux murailles parallèles, le grand vestibule MEM (lue soutenaient six colonnes ionicjues '"^ ; toutes malheu-

I. In (l.'s rliapitraux ost an llrilish }fnscnm, Elgi)} snloon. u" \'M), ainsi qn'nnc partie- di' ri'nlalilciiH'iit (|(»ri(|nr, 11" KU.

'1. Voy. la viîincfte, p. 't'.i.

3. .1 Les coldiiMcs (pii simiicnniMit lr tmij)!»' (les prnpyhVf; ) par drdans, dit Spon, sont i()ni((uo^, parro (ju'tHant pln^ liant. 's ,\r i.intr rr^pai-^snir dr r;iivliiti-av.', pour en soutenir le iainl)ris, la proportion t\<- l'ordiv ioniipw, ipii fait la cidnun.' plu-, hante ipio le doricpic, lui convcnail mieux. »

PROPYLÉliS. 45

rcu.sL'iiiL'ul ont perdu leurs chapiteaux, et plusieurs quelques-unes de leurs assises supérieures; la dernière à gauche n'eu conserve même que deux, y compris cellr (jni l'onnc la base. De ce cot(' . les tambours des trois colonnes ont r\r di'plact's par la violence de Texplosion , et ce dérangement permet d'apprécier la perfection de leur poli intérieur, aussi bien ((ue divers morceaux épars sur le sol. Les cannelures, au nombre de Hk , ne soni point à vive arcte . mais séparées par des baguettes, selon la règle de l'ordre ioni([ue. J.e diamètre de ces colonnes

est de 0"'.97.

L'entre-colonnement a 2'", 63, environ 2 diamètres 2/3. Des fragments assez importants des chapiteaux ont été retrouvés et ont permis aux architectes d'en donner (\ofi restaurations exactes^. Ces chapiteaux sont d'un style beaucoup plus simple et plus sévère que ceux (lue nous trouverons à l'Érechthéion. On y reconnaît encore des traces très-visibles de peintures, qui, circonscrites à la pointe, remplaçaient une partie des ornements qui à riM'echthéion étaient sculptés, bien qu'également coloriés. Dans le siècle ({ui précéda celui de Périclès, les ornements d'architecture ne sont parfois composés que de traits profondément creusés et remplis de rouge, ainsi ({u'on le fait pour les iiiscri[)ti()ns aiiti([ues, l'espace qu'ils circonscrivent restant incolore. On trouve des exemples de ce genre de décoration dans le petit musée de l'Acropole; ce sont des fragments découverts dans des fouilles faites autour de l'Acropole en :I830; on ignore à ([uel monument ils ont pu appartenir.

Sous le vestibule des Propylées, sont déposés de nombreux fragments d'architecture, de sculpture^ et d'inscriptions. On y remarcpie une des |)i)n(i'cs de marbre du sollile des l*rop\ h'cs . (|iii n'a pas moins defV'.'iO do longueur-. J)ans les dalles (|ne supportaient ces ('normes pontrc^s, étaient crensi's les caissons. çp-y'Tvwv.aTa , hicmnirid, l\ donhle rang, dont le fond ('lait occup*'' inntornii''nienl par des étoiles.

^ous a\uus dit (|ue le [)orli(|M(; jii-incipal (''tait llanipK' de deii\ ailes

1. llL'\(;tt, n'ayant pas vu eus restes di' cliapileaux i<>ni([ues, a pi-i)|ios,' la plus nialin'ureusc des iTstaiirutions, des colonnes sans chapiteaux, portées par des piédcst^uiN.

V(iy. Sri Mil ei lli:\i;iT. 'r. U, pi. i:i.

2. « Les Propylées, dit Pan anias, ont lenr faite en marine blanc, el c'est l'nnvrap- le pins atliniral)le (pi'(ni ait fait juscpi'à prissent , tant pnni' le \iiluini' de-, pien-es cpir pniu' la lieanl^' Ar 1 e\ecution. n Ml. C. Wli.

en saillie G ot II (|iii. par iino do ces lioiircuses hardiesses que présentent si souM'iit h's Piopylées, ollraient un petit ordre dorique à côté même du grand ordre rentrai. au(iucl Mnésiclès avait voulu conserver toute son importance. Les ailes étaient en apparence symétriques, bien qu'elles fussent en réalité de profondeur fort inégale. Chacune d'elles était ornée de trois colonnes.

PiNACOTiifeQiE. L'aile gauche G'^ est restée la partie la plus intacte des Propylées, ayant conservé son architrave et sa frise, et par conséquent ses colonnes et leurs chapiteaux. La frise avec ses triglyphes se prolonge sur les murs qui forment les trois autres côtés de l'édifice, murs qui. bien ({ue criblés de boulets et de balles, ont conservé en place

E. BRETOM.

Poi*ti(iuc (le la Fiiiacothèquo.

tnutcs Irurs assises. A cette aile, comme au portique central, les entrccnloiiiiciiif'iiis étaient murés à l'époque du voyage de Stuart et Revett-.

I. Clianillor, ainsi que Stuart et, d'après lui, Legraïui, l'ont prise ixiur le tmiplc do la Victoire Aptère. K Le premier olijit, dit-il, (pii se présente au-dessous de Vaile droite des Propylées ou Ifiitjde de 1(1 Victoire, est une grotte consacrée autrefois à Apollon et à Pan, etc. »

(^handler redescendait alors de l'Acropole, et par conséquent les nioininients s'olVraient à lui en sens inverse; c'est pour cela qu'il nomme aile droite la partie des Propylées que nous appelons aile gauche. Nous verrons (|ue c'est m ctlVi au-dessous do celle-ci ((ue si' troiivi' la f;rotte de Pan.

'.', Voy. la vignette, p. V.\.

IMNACOTlIKniK. 47

Ici, les colonnes sont inscrites dans un rond en creux, et non dans un carré, coninic au portiiiur criiti'al. et on n'avait pas eu la précaution d'y ménager le petit déversoir ])our l'écoulement des eaux. J^e diamètre des colonnes esta la base de 1"',025, et au sommet de ()'". 784. f.a hauteur du fût est de 5"'.or)(). colh' du chapiteau est de ()"'./i1; total 5"'.77(), en\iroii 5 diamètres 2/3.

L'entre-colonnement est de l'",/!|5 ou 1 diamètre 5 0 environ. Entre les colomics sont les traces de scellenicnl d'une grille, ((ui probablement n'était ffu'un simple garde-fou. Ce portique n'a en dedans des colonnes que k mètres de profondeur sur 10'", 75 de largeur. Le mur du fond est perce d'une grande porte 13 et de deux baies ou fenêtres 14. La porte est large de 2'", 35 et haute de 4'", 60. Son seuil de marbre noir d'I'lleusis est élevé de 0'", 31. A 2'", 33 au-dessus du pavé du poi'ti([ue, règne un bandeau de ce même mai'bre, lai-ge de ()'", 13, et servant d'appui aux deux fenêtres hautes de 2'", 40 et larges seulement de 0"\85, accompagnées chacune de deux pilastres doriciues ; les impostes portent encore des traces d'oves peintes, dont les contours avaient été d'abord dessinés à la pointe. Ces fenêtres, aussi bien que la porte, ouvrent sur une grande salle N, de iO'", 75 de largeur sur 8'", 92 de profondeur. On domie à cette pièce le nom de Pinacothèque, et tout nous paraît justifier cette dénomination*. Pausam'as dit, en effet, qu'en regard du h'mple de la Victoire Aptère, et par conséquent à la gauche des Propylées, se trouve un pclil édifice orné de peinlures. De|)uis la découverte du temple de la Nictoire, aucun doute n'est plus possible sui' ce que Pausani is cnlfMid par la gauche des Propylées, et par conséquent nous n'avons pas à nous arrêtei' à discuter l'opinion de Stuarf . (|ni place les peintures de Vo\)gnot<' d;ins inie s;ille (lerrièi'(> l'.'iile dntile. salle (pie nous pron\(M'ons n'a\()ii' j.nii.iis pu exister, lîexenons done à la partie gauche (\r> Pn)p\ lées. Les l'onilles faites en LS/|5 ''t LS'lO, en axant de cet ('(litice et ;i gaucli'' du pi('(|estal d'Agrippa . oiil proiiM' (in'en ce lien il n'\ a\ail jamais eu anciine con^lnicl ion. Il ne l'eslc dniic plus (|ne la grande salle de l'aile gauche à la(|iielle puissent s'appli(|iier les paroles de Pausanias. M. I»enl('' suppose (|ue sa destination priniilixe ne l'ut peut-('tre pas d(> servir de galerie de lubleaux. et il eu donne poin' raison (|ue les deux

I. LEnoY {Monumentx de la Grèce) avait dijà, en l'770, nininmi la Piiia<oilii''i|iir.

l'enètres liantes et ('troilcs dont nous avons parl(' n'eussent pu suflfire pour éclairer les peintures, et en même temps eussent nui à leur elïet, si. eninmi> il (\'^t probable, la salle eût rté éclairée par le haut. (Juel eût alors été l'ciiipldi de cette salle dans la pensée de Mnésiclès? Disons avec M. lieuh' lui-même : « llypotlièse pour hypothèse, ne vaul-il pas mieux se figurer dans ces beaux murs de marbre, avec ces élégants pilastres et cette corniche d'mi profil si pur, une gahu'ie de tableaux (lii'un corps de garde ou un dépiM d'armes? »

Dans la supposition de M. Beulé, qui rapprocherait de nous l'époque de la décoration de la salle des Propylées, nous trouverions une preuve de plus à rapj)ui de notre opinion dans une autre controverse qu'a sou- Iev('e le passage de Pausanias. Les peintures de la Pinacothèque étaientelles des tableaux portatifs ou des peintures murales ? Suivant notre voyageur, plusieurs étaient dues au pinceau de Polygnote. Or, cet artiste, le Giotto de l'école grecque'', qui avait peint le Pœcile d'Athènes en l'an hlS avant Jésus-Christ, devait avoir au moins quatre-vingts ans lorsque en /i30, ou plus tôt, il eût pu conmiencer la décoration des Propylées; à plus forte raison n'eùt-il pu y travailler, si la salle n'eût été destinée que plus tard à recevoir des peintures. De plus, à répo([ue de la construction de la Pinacothèque, il y avait vingt-cinq ans au moins (jue Polygnote avait quitté Athènes pour ce voyage triomphal à travers la Grèce, pendant lequel il sema tant de chefs-d'œuvre sur son passage, et (|u"il termina par la décoration de la Leschè de JJelphes. Nous croyons donc, avec MM. Raoul Piochette et Beulé, que les peintures que vit l'ausanias étaient de véritables tableaux sur bois, sur marbre, ou sur toute autre matière, ({ui avaient été rassemblés dans cette espèce de musée.

llarpocration- nous apprend {|ue Polémon le Périégète avait écrit un onvi-age sur les peintures des Propylées s, et le titre de cet ouvrage,

1. « Los premiers peintres célèbres, dont les ouvraj^cs ne se rcconiniandi'ut pas si'ulcineiit par leur aiitirpiité, sont, dit-on, Polygnote et Aglaoplion. Quoiqu'ils n'cmplouassenl ({u une seule couleur*, leur pi'indire a encore aujourd'hui des amateurs si zélés qu'ils pn'féniii ces ébauches presque grossières et où l'on ne peut guère qu'entrevoir les germes de l'art, aux productions des i)lus grands maîtres" «lui 1rs ont suivis, mais sans autn; raison, selon moi, que la prétention de passer pour lial)iies connaisseurs. .. Quimtilien. De l'inst. or. L. XII, c. lll.

"J. I.e.r., au mot Aà(;.7îa;.

■<. Ilcfl tJ)v è.v llp07ty).aiot; Tttvâxwv.

• Cftto a.ss.Tti()n ost (iémontU! par Pline : « Polygnote de Thasos, dit-il, le premier, peignit dos femmes avec des vôtcniont.s brillants, leur mit sur la t.H,. ,l,.s niilros de lUjfennks couleurs, etc.» llhl. nul. !.. XX.KV, c. 2Ô.

l'I.NACOIII koil:;. 49

malheureusement perdu, portait le mot Triva/ce; ^ (tableaux, peintures sur bois) et non celui de ypaç-^' (peinture en général).

Des preuves plus concluantes encore naissent de l'examen attentif ch; la salle même des Propylées. Sur ses )nurs, il est impossible de trouver la moindre trace de peinture, tandis que nous en avons reconnu aux impostes des fenêtres où elles ont réellement existé, aussi bien que sur les divers membres d'architecture des autres édifices de l'Acropole. La muraille est trop polie pour avoir retenu un stuc dont elle aurait été revêtue, pas assez pour avoir reçu diccctement la peinture. Knlni. M. Uesbuisson a fait remarquer que cette muraille, non plus que bien d'autres parties des Propylées, n'avait jamais été achevée. Selon l'usage des Grecs, la surface de chaque bloc avait été laissée en saillie, et les angles en étaient abattus de manière à éviter les cpaufrures pendant la durée de la construction ; la surface entière de la muraille devait être ravalée et |X)lie tout d'une pièce après son achèvement. C'est ce dernier travail (|(ii. pour une cause demeurée inconnue, n'a jamais été exécuté, et aujourd'hui la surface non abattue de chaque bloc est encore de niveau avec certaines moulures ([iii devaient rester en saillie.

Les adversaires de cette opinion ont fait remarquer que l'on ne trouve sur la muraille aucune trace des clous qui auraient servi à suspendre les tableaux. Il eut été difficile, en elfet, d'enfoncer des clous dans une muraille de marbre, mais rion au contraire n'était plus facile que d'établir en avant un «'iliafaudage mobile ainsi (|U(', nous l'avons vu faire pendant tant d'années dans la grande galerie du l^ouvre, à répo([ue des expositions amiiK^lles.

Voici maintenant le passage de Pansanias c|ui nous a l'ail connailrc lr> peintures déjà foi't en(lonnnag(''es (|ni. de son lenips. (''laienl e\pos(''es dans la l*inacotlièf{iie : « A gauche ries l'ropyl(''es es! nn pdit ('dilicr orni'' de peintures. Pai'mi celles que le temps n'a pas entièrement elVacées, on remar([ue Dionu'dc cmporlant de Troie la sluluc de Minerve, et I h/sse it

!. Ce mol r('i)()ii(l cxaclciui'iit ;m iiml Uihula îles Latins i(ui \i'ut ilii'c en nièiiii' tciiiiis pluiulH' ri lahleau, et que justomont Pline, iri beaucoup trop absolu, oppose à la peinture murale, lorsqiril dit (jnil n'y avait di- gloire ipir pdiir li's pcintn's de tableaux : iinlla (jluria iiisi raniiii 'lui hihiildx pinjerunl.

M. Beuié croit toutefois que le mot Trivaxi; avait pu passer dans l'usa^^e pour di'si^rnri' touti- peinture portative, (pielle ((u"en fût la matière, de même cpic cbez nous ou a ('tendu le mot tal>lritii ipii, dans l'oripine, voulait aussi dire petite lalilr ilr l/ais. au\ peintures sur toile ou sur cuivre.

50 ATIII-NKS.

Lemnos se saississant des flèches de Philoctèle. On y voit aussi Oresle et Pyladc liuuil, \\u\, Érjistfte, et le second, les fils de Nauplius qui étaient venus au secours d'/ujisthe. Une autre partie de ce tableau représente Poh/xène qu'on va sacrifier sjir le tombeau d'Achille. îîomcrc a bien fait de passer sous silence une action aussi cruelle. 11 me semble aussi qu'il a eu raison de dire qu'Achille prit Scyros, au lieu de le représenter dans cette île confondu avec des jeunes filles, comme l'ont fait d'autres poètes, ce que Polygiiotc a représenté dans l'édifice dont nous parlons ^. Il a peint également Nausicaa et ses compagnes lavant leurs vêtements dans le fleuve et Ulysse debout auprès d'elles^ le tout d'après Homère. On y remarque encore d'autres peintures, savoir : Alcibiade, avec les emblèmes de la victoire qu'il avait remportée aux courses de Némée^; Persée se rendant à Séryphe et portant à Polydecte la fêle de Méduse. Au-dessus de ces peintures, en laissant de côté l'Enfant qui porte des urnes et le Lutteur, peint par Timœnète, on voit le portrait de Musée ^. » Cette énumération de peintures n'ayant entre elles aucune liaison, aucun rapport, cette réunion' d'ac«(/e»izes^ de portraits, de compositions historiques, n'indiquent-elles pas évidemment un musée composé de tableaux rapportés et non pas une salle revêtue de peintures murales qui nécessai-

1. Nous retrouvons ce sujet, Achille découvert par Ulysse au milieu des filles de Lycomède, dans une des i)rincii)alcs peintures de PomptM. Cette composition , qui existait dans le tablinum de la maison du Questeur ou de Castor et Pollux, pourrait bien ôtre une réminiscence de celle de Polygnote. La même donnée a inspiré Fauteur d'une mosaïque encore en place à Pompéi dans la maison d'Apollon.

2. Alcibiade avait fait faire deux peintures à l'occasion de cette victoire; le nom de l'artiste nous a été conservé par Athénée :

« Lorsqu'il revint d'Olympie à Athènes, il consacra deux tableaux dus au i)inceau d'Aglaophon. Dans Tun, on voyait l'assemblée des jeux olympiques et pythiques couronniM- Alcibiade; dans l'autre était représentée [la nymphe) Némée tenant sur ses genoux Alcibiade dont la figure surpassait en beauté celle des plus belles femmes. » Satyris, cité par Athkmîk. Deipnos. L. XII.

Il y a dans ce passage plusieurs erreurs manifestes; ce fut à Némée qu'Alcibiade remporta la victoire, ainsi que l'atteste la présence de la nymphe protectrice de ce lieu. En outre, comment eùt-on pu représenter à la fois l'assemblée des jeux olympiques et pythiques qui se célébraient, les premiers à Olympic, les seconds à Delphes.

D'un autre coté, Plutarquc n'est pas d'accord avec Satyrus sur le nom du peintre, et Amyot, son traducteur, de son autoriti- privée, voit dans celui de Némée tout autre chose que la désignation de la divinit('; protectrice de Némée :

« Et ayant le peintic Arislophon peint une courtisniii' nommée Nemea, qui tenait entre ses bras Alcibiade assis en son giron. Unit le peuple y accouroit et prenoit grand plaisir à voir ce tableau. »

Pi.tTARQiiE. Vie d' Alcibiade.

:». Pmswias. .1//. I,. wn.

IMNACUTIIKQUE. 5)

rement eussent formé une suite, eussent eu une donnée commune, comme nous verrons qu'il en avait été au Pœcile. Rappelons que, parmi ces peintures, Pausanias iiidicjue un porti-ait d'Alcibiade vainqueur aux jeux Néméens, et que le brillant élève de Socrate n'était encore ([u'un enfant à la mort de Polygnote.

Dans la partie supérieure du mur septentrional ou de fond, partie qui ne date que du moyen âge, est une petite fenêtre double et carrée 15. A la même hauteur se trouve une autre fenêtre 16, dont le linteau sculpté est évidemment byzantin. Dans la Pinacothèque, aussi bien que dans le portique ({ui la précède, on voit les traces de poutres qui les avaient divisés en étages. Ces travaux, et sur ce point nous sommes d'accord avec M. Boulé, nous paraissent devoir être attribués au premier duc d'Athènes, Neri Acciajuoli. mort en J393, et que les historiens nous apprennent avoir enrichi sa nouvelle capitale de nombreux édifices. 11 découvrit l'aile gauche des Propylées, si toutefois la couverture existait encore à cette époque, en fit surélever les murailles où l'on distingue encore des vestiges de peinture du même temps, et, la partageant par des planchers, la rendit habitable ^ Aussi, après la conquête d'Athènes par Mahomet II, cette partie des Propylées devint-elle la demeure de l'aga turc, commandant la citadelle.

L'aile gauche des Propylées a été convertie également par les modernes en une sorte de musée. Dans le portique, sur des tables de pierre, sont scellés des pieds, des mains, des têtes et autres fragments de sculpture provenant des fouilles de l'Acropole. La Pinacothèque est remplie d'inscriptions, de stèles, etc. On y remarque plusieurs des tuiles de marbre (|ui couvraient les Propylées, divers fragments des sculptures du Parthénon, un clianiiaiit bas-relief trouvé près de la grotte de Pan, i-ej)rés(Mitnnt inio matrone devant ce dinii. dont malJKMirrMisemr'nt la p;iiii(^ supt'rieure est brisée. Des ins( riptinns li-ouvées dans la PinacotIuHjue môme nous font connaître la part (|ue chacun des peuples de rAtti(|ue avait prise au (popô;, cette coiitribution pour la guerre contre les Perses, dont le |)roduil ('tait déposé dans l'opisthodome du PartlKMion et (jui l'ut employé en partie par Péi'iclès aux embellissements d'Athènes.

1. Ces murailli^s, d'unn liautcnr :\ \m)\\ ])n's ('riili^ h rr\W de l;i r(mstriicli(iii aiiticiuc, se rctroiivi'iit encore avec leurs fenêtres et leurs créneaux dans le dessin de lli-vctt (|ue nous avons reproduit à la page 43.

32 aiiii:.m:s.

Aii.i': ni'.oiii;. l/;iili' dniiic (]r> Piopylées Tl lie se composait que du p(trli(|ii.' seul. iV'pi'hiiit. (|iiiii(iue avec un peu plus de profondeur (/i"'.75). celui de l'ail»' i;;iii(lic. mais ne précédant pas comme lui mie arrière-salle telle (jue la l'iiiacoIJièciue. bien (iiif Stuart en ail indicfué une sur son plan, prenant, comme nous l'avons dit. cette partie des Propylées pour ri'dilice (jiu) Polyg'iiote avait eni'ichi de ses peintures. Cette aile fut en partie (h'inolic. probablement pour élargir la nouvelle entrée de l'Acropol<>. lorscjne, les entre-colonnements du portique central ayant été murés, on diil pénétrer dans l'enceinte par un passage- ménagé entre les Pi'opNlées et le temple de la Victoire Aptère.

La jiremière colonne de l'aile droite 17 n'a laissé que la trace de son fut sur le stylobate. Rn avant, des pierres portant en creux la trace des crampons. àyy,wveç. (\u\ U^s unissaient à d'autres pierres aujourd'hui absentes, indiquent le prolongement de la face septentrionale jusqu'à l'angle détrm't . ainsi ([ue le mur occidental ([ui a entièrement disparu. Les murs (In >[n\ cl (k' Test existent seuls, et forment la base d'une tour haute d'environ 27 mètres qui servait de prison à l'épotiue où Leroy visita Athènes, et ffui fnl construite ]irobablemeiil au commencement du xv'' siècle par un duc (T Athènes. j)eut-etre Antonio Acciajuoli '; ces murs composés de marbres assemblés avec soin n'avaient pas été entièrement achevés, cl les blocs portent encore j)res([ue tous les tenons réservés en saillie pour les <''l''^<'|■ •'' l<'s mettre en jilace. aussi bien (juc la surface provisoire en saillie (jin". destiiK'e à prévenir les accidents du transport et de la construction, ne devait èti-e al)allue ([ue lors(|ue la mnrailN^ recevait la dernière façon. Là niallieureusement. comme aussi aux autres murailles des Pi-opylées. beaiicnnp de blocs ont ('^té brisés pour extraire les crampons ([(il le< nnissaieni à I intérieur.

Dans la muraille se|)lenlrionale de la tour sont renfermées Tante et les (leu\ autres colonnes du porli(|ue. grossièremeni mutil('>es et visibles seulement à rinti'rienr. oii l'on ne p(''nèlre (|ne par mi(> très-petite porle i8. j)ercée à r-iccideni en lace du temple de la Victoire Aptère.

I.e mur méi-idional se termiiK» par une aille 19. (jui indique que dans l'angle sud-ouest setron\ail une porte dont l'autre pied-droit devait être attenant au mur occidculal. C'est la piV>scnce de cette porte (|ui a pu

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