‹ Athènes (volume 3)Chapitre 211 sur 234 · PRISON DE SOCRATE · texte numérisé non relu

PRISON DE SOCRATE

comme à la colline des Nymphes, et oii Ton peut suivre facilement le tracé de l'ancienne muraille d'Athènes, cjui conserve encore plusieurs assises de pierres du Pirée*.

Prison de Socrate.

Prison de Socrvte. Au pied de la colline de Musée, à quelques pas de l'emplacement de l'ancienne porte Mélitide et en regard de l'Acropole, sont creusées trois grottes que l'on croit avoir servi de prison à Socrate et avoir été témoins de sa mort.

l'ian rie la prison de Socrate.

La façade du rocher, grossièrement aplanie, est percée de trois portes irrégulières ARC, et couverte de trous carrés qui soinhloiit avoir i"ecu les poutres d'iut loil. Du \'os\(\ le rocher I). faisant sailhc en ('(jud'iv, à

droite, .semble en etïct iiuliijuer la présence (rinie constriicti mi a\aiit

des grottes aussi bien que l'escalier E. (jui, plac('' à gauche <'t dans \o haut du rochei', dut être complété dans sa |Kniie iiir('ri(Mn'(> |)ar un escalier en maçonnerie ou en bois dépendani de cette consirnclion. (le bâtiment devait être destiné aux gardiens de la prison.

1. Suivant l'iino (L. XXXV, 4'.)), les niiirs irAtlii'iics re!iai\laiii !'• mont ll.vmi-lt.> rtairnl m Iniquos.

328 atii(:nes.

Les deu\ grottes de gauche coinniiiniciuent entre elles j)ar une porte. La première F, selon M. Pittakis, serait la salle où Socrate alla se baigner avant de boire la ciguë; une trace fjui existe de trois côtés sur le sol, le long des parois, pourrait en elTet indiciuer l'emplacement de trois baignoires.

Cette grotte, la plus régulière de toutes, présente un carré de 3'", 35 de profondeur sur une largeur égale et 2'", 20 de hauteur; le plafond est plat. La porte d'entrée A est haute de 2 mètres et large de l'",75; la porte de communication G n'a (jne 0'''.70 de large.

La seconde grotte H est très-petite et fort irrégulière. La manière dont le fond en cul-de-four est taillé dans le roc avec une espèce d'autel L réservé en avant, semblerait indiquer une chapelle, ispo'v, probablement consacrée à Mercure Strophœus, STporpaio; ^ sous la protection duquel étaient les prisons.

Un trou rond K, pratiqué violemment dans la paroi de droite, sans doute à une époque comparativement très-moderne, communique avec la troisième grotte. Celle-ci est double; en avant est une sorte de vestibule carré L, de grandeur égale à celle de la première grotte 1'. mais dont le plafond est à double rampant comme celui des hypogées étrusques de l'antique Tarciuinia. A droite, au fond, une grande ouverture M, irrégulièrement arquée, comniunique à une salle circulaire taillée également dans le roc. Cette rotonde, l/iobis, OoXo; -, surmontée d'une voûte elliptique, était la prison. Sa forme rappelle celle de la Trésorerie d'Atrée, à Mycènes; son diamètre est de 3'", 25. Les })ar()is sont ])olies avec assez de soin. Au centre de la voûte est une ouverture ronde que fermait une dalle dont il reste encore la moitié.

ToMBE.vu DE Musée. Gravissant la colline, uii p(Mi au-dessous de son sommet, on voit soi'lir de terre la pai'tie supérieure d'un très-aiicien tom-

1. Sxpo^aîo;, de (iTpoçsù;, gond de porte; chez les Romains, les gonds avaient aus5i leur divinité tutélaire, nommée Cardea ou Carna, de Cardo, gond.

1. On appolail lliohis tmit ('diliii' roiul suiMiioiiti' d"iiiii; couiidIo, mais il y avait. :\ Athènes un édifice spécialement nonnné le 'l'Iiolus. « 11 se trouve, dit l'ausanius (Att. C. V), auprès du sénat des cinq cents. Les prytancs y olVrent des sacrifices, et on y voit quelques petites statues d'argent. »

Le Tliolus avait été probablement le trésor et le palais des anciens rois d'Athènes, et, " comme l'autorilé de ceux-ci, dit M. AHVcd Maury, jiassa ensuite aux piylancs, on comprend po'.irquoi ces magistrats sacrifiaient au 'Ihuliis. C'était dans cet édilice que Ton renfermait les clefs de la citadelle et le trésor public. Les trente tyrans y siéfieaient. » •

MONUMl'NT Dli IMl I LOl'A l'PL S. ' 329

beau, qu'il serait l)icn facile de dégager entièrement*. Tourné vers l'orient, il présente un fronton long de /i"',20. grossièrement taillé dans le roc. et à l'intérieur il paraît avoir été divisé ))ar une cloison ccHtralf. La tradition veut voir dans ce monument le tombeau de Musée, et la rudesse de son style autoi'ise jus(iu';i un certain point cette supposition dont la réalité n'est, du reste, aucunement jirouvée.

Monument de Piiilopappus. Au point culminant de la colline de Musée s'élève une ruine connue sous le nom de monument de Philopappus -. Sa façade, tournée à l'est, regarde l'Acropole, et sa hauteur est de l!2"'.()!2. Pausanias s'est contenté de le mentionner en passant, sans entrer dans aucun détail -^ Stuart pense avec raison qu'il a été élev(' on l'honneur du dernier roi de Gomagène et de plusieurs de ses descendants. ]^a Gomagène, qui formait la partie septentrionale de la Syrie, et fut soumise la dernière par les Romains, ne figure dans l'histoire comme royaume indépendant que vers l'an 65 avant Jésus-Christ, époque où le reste de la Syrie fut réduit en province romaine par Pompée. Antiochus T", qui y régnait alors, fit alliance avec les Romains auxcjuels il donna plus d'une preuve de fidélité ^, et sut ainsi conserver son trône, qu'il transmit à ses héritiers. ]^a Gomagène, devenue à son tour province romaine, à la mort d' Antiochus II T, l'an 17 après Jésus-Christ, fut rendue en l'an o8 à son fils Antiochus IV Kpiphane par Galigula, qui lui adjoignit une partie de la Gilicie., Antiochus IV fut un des premiers princes ([ui l'econnurent Vcspasien comme empereur, et il commanda un corps d'auxiliaires au siège de Jérusalem ; mais, en l'an 7'2. s'étant compromis par une alliance avec les Parthes. il perdit son royaume (|ui hit définitivement réuni à Tempire romain^ sous le nom ^(V/vu/i/ir(il('.sic ^.

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