Penrose. Principles of Athenian architecture
INTKRIlilR DU l'AUTHENON. 97
l'art ne saurait adnieltre, sont insensibles dans rexécution et pourtant concnuront à l'oflot do l'ensemble. Ces colonnes plus sveltes, paraissant converger vers un i)oint de vue central, donnent au péristyle une profondeur apparente plus grande que celle qu'il a réellement^.
La hauteur des colonnes du second rang, compris le chapiteau . est de 10'", 25, et leur diamètre est de 1"', 70. La hauteur totale du chapiteau est de 0"',55, dont 0"',286 pour le tailloir, et 0'','26[\ pour l'échiné et les filets qui ne sont qu'au nombre de trois. Ici, les cannelures du fût sont formées de segments de cercle.
Intérieur du Partuénon. L'intérieur du temple E, long de 30'", 60 sur 19'", 35 de largeur, avait une disposition analogue à celle des basiliques élevées plus tard par les Romains. En 1676, Spon et Wheler y virent encore la galerie QRST, large de 5'"./i0, qui entourait de trois côtés la partie centrale du )iaos, et qui était composée de deux ordres superposés; en 1765. époque du voyage de Chandiei-. toutes les colonnes avaient chsparu; mais si 011 n'a (jue des données très-vagues sur Tordre supérieur dont on n'a retrouvé aucun fragment authenti(|ue. on a |)ii réunir assez d'éléments pour l'clever le plan de l'ordre inférieur. Si Ton en croyait Stuart et queUjues autres auteurs, il y eût eu également des colonnes au quatrième côté du naos, celui de l'est. Cette assertion nous semble inadmissible; les colonnes, ainsi qu'on peut s'en assurer par la largeur des entre-colonnements, eussent nécessairement été en nombre impair et celle du milieu se fût trouvée juste dans l'axe de la porte. En outre, le petit st;^lobate légèrement exhaussé, ([ui porlail les colonnes des trois autres côtés, n'existe pas au ([iialrièm(\ Du reste, il serait impossible aujourd'hui (l(M('rifi(M' le r,iil. le sol (''t;iiil coiucrl \y,w d'iMionues débris, cl p;tr les restes du sanctimirc (•hr(''li(Mi.
Suivaiil MM. J*accard cl l'ciirosc. le poili(|iic l'Iail souteiui par vingt cl une colonnes, et aux angles par (V^xw piliers Ut. avec pilastres saillants. Ces piliers nous paraissent une reslitulion dillicile à justilier par des e\em|iles antifines. Daius la basili(|M(> de l*onip(''i. (|ni prt'SfMilc avec l'intéi'ieur (lu Parthénon plus (fini poinl de resseuihlance. les angles du porti(|ue sont occupés par des colonnes cl non point par des piliers-.
1. C'est cette mrmc ponsi'c qui, pnussL'c à ses dernières constjqucliccs, ;i (^uidé le Borroiniiii (l;ms la construrticiii du nii'irii\ |i(irti(iiii' m iicrspcctiNc du palais S|i;id;i, à Home. 1. \\. niii:io\. l'iiiiiiK'id. — \iiy. Il' plan i\r la liasiliipic, i)a;:i' Miivantc.
Laissîuit doue de cùtc cette suppusitiou (lue ifu\ait point laite ^\. Bmndstcd^ (iiii. à la vérité, ne compte dans l'intéi-ieur du Parthénon ([uc seize colonnes, ce qui est évidemment une erreur, nous dirons ciue le poi'ti(iue était formé de dix colonnes de chaque côté et cinq colonnes au fond, en comptant deux fois les colonnes d'angle, total : 23 colonnes. ^ou^ nous Irouxons ainsi d'accord avec Spon, Wheler et Chandier. suivant lesquels le portique inl'érieur était composé de vingt-deux colonnes, tandis que l'ordre supérieur en comprenait vingt-trois. La colonne impaire se trouvait au-dessus de l'entrée, qui. par cette disposition, était dégagée et spacieuse -. Spon et Chandier eussent dû ajouter que la vingt-troisième
^^rfb ^b i«^Ui^-Mki
l'iiiii lie la Basilique de l'OQipéi.
colonne V, de l'ordre inférieur, avait été enlevée à l'époque de la transformation du Parthénon en église, afin de donner un libre passage par la nouvelle entrée transportée à l'occident. On ;ivait dû en même temps substituer aux deux morceaux d'architrave restés sans apj)ui, une architrave d'une seule pièce et de la largeur de deux entre-colonnements.
Les savants et les architectes sont loin d'être d'accord sur une question bien importante, dont aujoui'd'luii on demanderait en vain la solution au monument lui-môme. Le PaïUiénon était-il couvert ? L'existence de la galerie (jui de trois côtés régnait le long de la muraille n'est pas douteuse; il ne reste donc d'incertitude (|ue sur la partie centrale. Les exemples anti([ues ne manqueraient pas à l'appui de ro|)inion de ceux qui, comme ^L Paccard, pensent qu'elle était entièrement hypœthre ou découverte. Pourtant, ici, il nous répugne de croire (|ue cette statue d'or et d'ivoire, chef-d'o'uvre de Phidias poiu" la conservation du(iuel on avait pris de si minutieuses précautions, soit restée exposée à la pluie et
■t. y oi/aues et recherches dans la Grèce.
2. Spon et Wiiei-ku. Voijaoe en Grèce, 1070. Cha.ntii.ep,. Voyaçies. T. II, ji. .'ÎOO.
Ol'ISTHODOiME. 99
au soleil, dont les ellets désaslreiix n'eussent pas tardé à se faire sentir. Nous serions donc tenté de croire que la parlie du temple en avant de la statue était seule liypœthi(\ Il est probal)le aussi que les chrétiens achevèrent de couvrir la net centrale lorsqu'ils la transformèrent en église; cela expliquerait la nécessité dans laquelle ils se trouvèrent de percer une fenêtre dans l'abside (qu'ils substituèrent au pronaos. Bien qu'il y ait peu de foi à ajouter aux dessins des voyageurs du xvii^ siècle, on pounait cependant en tirer un indice en faveur de notre hypothèse. Dans le plan d'Athènes, dessiné par les capucins français vers 1070, aussi bien que dans la vue générale donnée par Spon en ÏGld et dans celle qui accompagne la relation deWheler^, nous trouvons le Parthénon couvert dans toute son étendue. Notre conjecture se trouverait encore confirmée par cette obscurité du temple, qui étonna LaGuilletière et que remarquèrent aussi Spon et Wheler.
OrisrnoDoAiK. Nous avons dit que la partie occidentale ou postérieure de la cella était occupée par l'opisthodome F. Dans celui-ci, outre l'argent provenant des revenus publics et des contributions des villes de la Grèce, du cpopo;, destiné primitivement à soutenir la guerre contre les Perses^, on conservait toujours au moins mille talents (5./i00,000 francs), pour les dépenses imprévues de l'Etat^.
Au commencement de la première guerre du Péloponèse (432 avant
i. Ces planches sont reproduites dans le bel ouvrage de M. de Labordc, Athènes aux \\', xvi" et XVII* siècles.
2. « Les Atht'nicns, investis du commandement que les alliés leur avaient déféré en haine de Pausanias, fixèrent l'api)oit de chaque villi' ilaiis la liiili' ciintn- le Ijarbare; aux uns, ils di'niandèrent do l'arsent, aux autres des vaisseaux. Le prétexte était de ravager les terres du roi de Perse, en représailles de ce qu'on avait souffert. C'est alors que fut instituée chez les Athéniens la manistrature des liellt'nolniiics ciiar^;i''s de percevoir le plion)s. On désignait sous ce nom la contrihution en argent. Le premier phorns fut fixé à 4(50 talents. Ce trésor était déposé à Délos, et les assemblées se tenaient dans le temple. » ^ Thlcidh)!:. L. 1 , § ".)(>.
» Aristide conseilla à tous les alliés de convoquer une assemblée, et d'y proposer le transfércment et le dépôt du fnl'sor gém'ral à Délos. Cet argent ('tait le fruit de rim|)i)t (jue cluuiue ville, pour faire face aux dépr.'uses d'une guerre probable avec les Perses, devait jjayer selon ses moyens. La somme totale de ce trésor était de 500 talents. Chargé lui-même de la lixation de cet impùt, il en lit la répartition avec tant d'exactitude et d'équiti' (|u'il s'attira restinn- de toutes les villes. »
DionoiiK i)i: Sic.ii.i:. !.. \I, 'i(i-t7. (;f. ConMi.M s Nepos. Arisliilc, '.i.
Nous astiiis vu, déposées dans le niusi'i' drs Propylées, les curieusi's insciipiiiMis ([ui <mt fait connaître la part (pu- cIkkiui di's peuples de la Grèce ])renait à cette conlrilMiiinii.
3. « Les Athéniens décrétèrent (|ue, sur les sommes déposées à l'Acropuli", 1,000 talents seraient prélevés pour f:tre mis à part sans qu'on put les dépenser, et (|ui' le r("«te serait consacré aux frais
101) ATUKNKS.
Jésus-Clirist). ép()(|iic de la plus grande puissance d'Athènes, six mille talents (32,/i00.()()() fi ancs) . selon Thucydide, étaient déposés dans l'opisthodonie ^. nuel(|ues années auparavant, le dépôt avait atteint l'énorme somme de 10. 000 talents (5/t millions de francs 2), mais on sait qu'une partie de ces trésors avait été détournée de sa destination et emplo>)ée par Périclès à l'embellissement d'Athènes^. Là aussi étaient inscrits les noms de tous les débiteurs de l'État, nommés pour cela èyyeypaaaÉvûi ev -?, À/.poTroT^ïi, inscrits dans l' Acropole, et, après rac([uittement de leur dette, sC ÀJcpoTCoXsco; c^aXvi>.ifXfx£voi, effacés de f Acropole. Les particuliers mettaient en dépôt dans l'opisthodome les sommes d'argent et les objets précieux qu'ils n'osaient garder chez eux^. On y conservait
de la guerre (du Péloponèse). La peine de mort fut prononcée contre quiconque parlerait de toucher à ces 1,000 talents ou proposerait un décret dans ce sens, à moins que ce ne fût pour repousser une armée d'invasion venant par mer attaquer la ville. » Thucydide. L. II, § 24.
Cependant, en l'an 412, après les désastres de l'expédition de Sicile et de la guerre du Péloponèse, les Athéniens se servirent d'e cette réserve pour reconstruire leur flotte.
Le trésor du temple de Minerve fut, plusieurs siècles après, pillé par Veri'ès, et ce sacrilège est l'un des crimes que Cicéron ( Verr. II, or. 1,17) reproche à l'avide proconsul.
1. « Périclès dit aux Athéniens qu'il fallait avoir toujours les alliés sous leur main; car, disait-il, c'est d'eux que dépi'iul la ]>uissance de la république, grâce au tribut qu'ils payent; et à la guerre, c'est la prudence et l'abondance d'argent qui, en général, assurent la supériorité. Comme motif de conliancc, il leur dit que le tribut payé à la république par les alliés s'élevait en moyenne à 000 talents, ' sans compter les autres revenus, et qu'il restait encore à l'Acropole 6,000 talents d'argent monnayé. ( Le niaxuiiuni avait été de 9,700 talents, dont une partie avait été employée aux Propylées de l'Acropole, à d'autres constructions et au siège de Potidée. ) Il ne comprenait pas, dans cette somme, l'or et l'argent non monnayé, résultant des offrandes privées ou publiques, les vases sacrés alToctés aux cérémonies et aux jeux, les di'pouilles des Mèdes et d'autres richesses du même genre qui n'allaient pas à moins de 500 talents. » Thucydidk. L. II, 13.
2. « Ces hommes, vos pères, ([ui ne caressaient pas leurs orateurs, qui n'en étaient pas chéris aussi tendrement que vous l'êtes des vôtres, commandèrent quarante-cinq ans à la Grèce, librement soumise, et déposèrent au delà de 10,000 talents dans la citadelle. » DÉM0STni:x'Es. S"' Pliilipp.
Le mot ojiislliodoiiie était devenu synonyme de trésor, et c'est dans ce sens qu'il est enqiloyé par Démosthènes, lUpc «t'jvtoEew;, et dans son discours contre Timocrate.
3. Le ^opô; avait été apjjnrti' de File de Délos à Athènes sous prétexte de le mettre plus en sûreté; Périclès crut |)ouvoir en disposer. « Il remonstroit aux Athéniens qu'ils n'estoyent point tenus de rendre conte de ces deniers à leurs alliez, attendu qu'ils combatoyent pour eux et ([u'ils tenoyent les IJarbares loin de la Grèce, sans ([u'eux contribuassent pour ce faire vn seul homme, vn seul cheval ni vn seul vaisseau, ains seulement de l'argent, lequel n'est plus à ceux qui le payent, ains à ceux qui le reçoivent, et qu'estant leur ville l)ien prouueui' de toutes choses nécessaires pour la guerre, il estoit honncstc d'employer le surjjlus de ces finances en choses qui, à l'avenir, (piand elles scroicnt paracheuécs, leur apportcroyent gloire sempiternelle. » Plltarque. Périclès.
4. « Nous les mettrions en dépùt dans l'Acropole, sous un sceau, comme on fait pour l'or. »
Pi,\Tox. Dial. iMeniin.
11 parait f(u'il y avait aussi des tré'sors cb'po^i's dans d'autres temples, d'après ce passage de Thucydide, ([ui fait suite à celui ([ue nous avons cité ci-dessus, note 4 :
" Il énuméra aussi les richesses des autres tenq)les, qui étaient assez considérables, et dont ils
Ol'lSTllODO.Mi:. 101
les oiïrandes faites à la déesse, les ex-voto, àvaOr^y.aTa*; enfin les dépouilles précieuses enlevées aux Perses, et entre autres le trône à pieds d'argent sur lequel Xerxcs s'était placé pour assister au combat de Salamine-. Les deux divinités gardiennes du trésor déposé dans l'opisthodome étaient Jupiter Sauveur. Zvj; ^wT/ip, et Plutus, représenté avec des ailes et par exception jouissant do la vue^. Ces richesses étaient confiées aussi aux soins, sans doute plus elTicaces, des hellénotames '^, caissiers qui étaient changés tous les (|iiatre ans. et ([ui transmettaient à leurs successeurs des inventaires gravés sur marbre, dont le musée des Propylées renferme encore de nombreux fragments ^.
La largeur de ropisthodomf était naturellement la même que celle du temple, 19'", 35, et sa longueur atteignait J./]"\70, c'est-à-chre près du tiers de la mesure totale de cella.
pourraient se servir, y conii)ris même les ornements d'or qui couvraient la statue de la déesse, si toutes les autres ressources faisaient défaut. » L. II, 13.
Un usage aiîalogue existe encore aujourd'hui chez les musulmans qui déposent dans les mosquées leurs richesses en des coffres h peine fermés. Il est sans exemple que l'on ait violé ces dépôts placés sous la sauvegarde de la religion.
I. « Les offrandes ou dons sacrés, àvaOr;jj.aTa, sont, le plus souvent, des couronnes, des coupes,
des encensoirs, des vases d'or et d'argent, clés amphores, etc. »
PoiXLX. Onomast. L. I, c. I, § 25.
« Polénion le Périégète a écrit quatre livres entiers sur les offrandes qui étaient consacrées dans le Partliénon. » Sthahox. L. IX, c. I,
Ce Poli'mon avait laissé plusieurs autres ouvrages également perdus, mais dont le souvenir nous a été conservé par Athénée. Après avoir cité (L. IX) son traité sur les ex-voto de l'Acropole, il extrait des passages d'un ouvrage sur les peinlres, dédié à Antigonus, et de plusieurs autres sur les voiles rinisitrrés dans le lemple de Carlharje (L. XII), sur Ir Var'dc de Sii'ijone, et de di'ux livres iiitituli's IlelInd'Ktues et lléiionses A Xéantlie (L. Xlll).
'2. l!\npocn\Tio\ etSiinxs. Esciivi.e, les Perses. Pi.ltaiioii; , Vie dr Théinistocle.
'.i. « Nous allons mettre Plutus à la place de Jupiter, qui gardait le trésor de la déesse. »
Aiiisioi'ii. l'hilus.
i( Le plus grand honhcnr est arrivé ;\ Plulus : il l'iait aveugle; ses yeux brillent d'un vif l'ilat, gr;\ce aux soins d'Ksculape. Il /,/. ,',/.
I^ fable de cette ronn'die roule tout entière sur la vue rendue à Plutus. Cf. TiiLCVDiDK. L. n. — Pim.osTnATi:, Kixov, i'i. — nrMosTMi;\KS. Srhol. Oral. :t in TniiDcral.
4. Ce mot, qui signifie Irésiirier de ht (Irèee, iiuli(|nr que, dans Ir priiu'iiie, ces fonctionnaires avaient été institués seulement pour surveiller la contrilniiion (!,■ la Crèce déposée à Athènes.
5. Cinq de ces inscriptions, plus ou moins complètes, fiiiuniit au Ifrdisli Miiseinn, lilijiii Saloon, sous les numéros iS'i, 'itl', 'J'Ci, 'i«'J rt ItTO.
Les auteurs anciens font fréquemment allusion aux trésors de l'opistliodonie.
Dkmkas. Il Oui, tu t'es enrichi en entrant par dessous terre dans l'intérieur du l'arlhrnon. »
Timon, k Je n'y suis jamais entn'', et ])ersonnr \\r rmira ta langue. »
1)1 vr\s. ,. Alors lu veux y l'iilrc r, rt tu us déji^i volé le ti/sor (|iii s'y trouve, n
l.ierKN. Tiiium le Misanthrope.
" N'y romple pas, tant ([ue l'on gardera des somniis iu.inensi's dans le (euiplc de ^linerve. .
•\iiis lopM. I.i/si'ilrale.
102 ATIlkNES.
Par une erreur difTiciic à justifier, Spon et Wheler, et après eux Stuart et Chandier. ont avancé que le plafond de Fopisthodome était soutenu par six colonnes disposées sur deux rangs. Or, l'opislliodonie ayant encore moins de profondeur que de largeur, il eût été impossible d'y placer six colonnes espacées selon les règles dont les Grecs ne se sont jamais entièrement départis. Nous devons donc admettre, avec tous les architectes et archéologues modernes, que les colonnes n'étaient qu'au nombre de quatre; et si l'on n'acceptait pas l'opinion de M. Paccard, qui croit le pavé de l'opisthodome une restauration de l'époque romaine, cette hypothèse serait encore justifiée par la remarque que fit M. Cockerell de quatre dalles carrées régulièrement placées sur le sol, et ayant dû porter autant de colonnes; l'architecte anglais dit aussi avoir vu sur l'une d'elles une trace ronde de quatre pieds de diamètre qu'il pense être l'indication d'une colonne ionique. Mais le diamètre de ce cercle, qui, du reste, a depuis longtemps cessé d'être visible, ne serait même pas égal à celui des colonnes doriques du posficum, qui ont l'".70. Nous ne croyons donc pas qu'on doive en tenir compte, car il conviendrait bien moins à une colonne ionique dont la base eût laissé une trace encore plus large.
Avec les données fort restreintes et contradictoires que nous possédons, pouvons-nous décider auquel des deux ordres appartenaient les colonnes de l'opisthodome? Nous pensons qu'il y aurait peut-être témérité à le faire jusqu'au jour où un heureux hasard aura fait retrouver quelque élément de ces colonnes entièrement disparues, aussi bien qu'un pilier de briques cjne les Turcs avaient substitué à l'une d'elles déjà brisée au xvii'' siècle. Spon et Wheler, (jui virent les colonnes en place, les disent de même ordre et de même grosseur que les colonnes doriques du posticum , et Stuart a accepté leur témoignage. D'un autre côté , M. Penrose , dans ses Principes d'architecture athénienne , et M. Paccard, dans sa Restauration du Parthénon, les supposent ioniques, et l'exemple de Toiihc inh'Tinii' des Propylées semble justifier cette hy|)othèsc. De phis. la hauteur du |)laf()nd de ropisthodome, iiidiciuéc encore par des restes de C()nii(h(\ pai-aît en elTet exiger l'emploi d'un ordre de j-troportion ]^]u> allongée (|ue le (lori(|ue. le plus court des ordres grecs*.
I. Au lirilish Muséum. Elym Snloou, on montiv, sons lo niimiro iOO, une paitio d'une volutf corin-
SCn.PTrRHS DU PARTHKNON. 103
Nous croyons avec MM. Penrose, Paccaid. et rxMilr ([ue, dans l'anti(iuitô. aucune communication n'existait entre le temple et l'opisthodome, qui était loin (ravoir le même caractère religieux. Nous n'en voudrions d'autre preuve ([ue le fait mentionné par Plutarque^ du logement dans son enceinte de Démétrius Poliorcète (jui en fil le théâtre des plus odieuses débauches. Quelque avilis que fussent les Athéniens*-, ils n'eussent sans doute pas souiTert la profanation du temple de la divinité protectrice de leui' \\\\o.
Sci i.i'Ti;r,i:s. Passons maintenant à l'examen des admirables chefsd'œuvi-e dont la sculpture avait enrichi le Pai'thénon. Cm([ grands ouvrages en ce genre avaieni fait du temple de Minerve la merveille des merveilles; c'étaient les deux frontons, les métopes, la frise de la cella, et la statue colossale de Minerve en or et en ivoire. Une grande partie de ces sculptures était encore en place au commencement de ce siècle; mais, par mallieur. lord Elgin, (|ui était ambassadeur à Constantinople. obtint, en 1801, du gouvernement turc un firman qui l'autorisa à élever lui éc/iafandafjc autour de l'ancien (emple des idoles pour mouler en plâtre les ornements et les figures, et de plus à enlever les pierres oit se trouvaient des inscriptions ainsi que les statues conservées. On assure qu'il en coûta 7ù,0()0 liv. st. (i. 850, 000 francs) à lord Elgin pour s'approprier les plus belles parties du monument ({u'il fut possible de transpoiier à Londres. Du reste, cette barbare spéculation ne fut guère
thiennc qui, dit la notice, a appartenu :\ un chapiteau de rintéricur du Partht^non. C'est évidemment une erreur; Tordre rorinthicii n'était pas encore employé à Athènes au temps de Périclés.
1. « Adonc quoiqn'auparanant les Atliénicns semblassent auoir desployé entièremciit leur arriére ospargncàlui di'ceruer toutes sortes d'honneurs ;\ l'envi l'un de l'autre, si trouuèrent-ils encore d'autres tous nouucaux moyens de lui gratifier et de le llater : car ils ordonnèrent que le derrière du temple de Mineruc, qui s'appeloit Parthéneu, comme (|ui diroit le temitle de li \ii rp\ lui seroit préparé et acoustré pour son logis pour y faire sa résidence : et disoit-on que c"estoit la déesse Minerue qui le reccvoit et le logcoit chez elle. Mais, ;\ la vérité, c'estoit un hostc trop peu chaste et pudique pour penser qu'iuie déess(î vierge prist i\ gré qu'il fust logé auec elle. »
PiATAnoi i:. \'ic de Déinéirius.
Quelques lignes plus bas, l'historien ddiiiie des détails, qui ne peuvent trouver |)lace ici, sur les orgies auxquelles se, livra, dans ropisilidilduie, le ((OKiuc'iiml d'Atliènes. A l'occasion de son séjour dans le Parthénon , Plotaiiiue cite ces deux vers tiiVs de lune des pièces du poëte Pliilipiude :
Lui qui du PjirtliéiMU avait l'ait une ,iuli(iij,'e, l'.t le^;é sa luaitressi- au t('ui|ili' de la Vier^;!'.
2. Vey. dans le />./p/io.s-o/)/i/.s/c (rAthéui'c, 1,. \ I, le r.'.ii des Ihilteries incroyables rpie les Athéniens ne rougiront pas de prodigu<;r fi Di-métrius.
in4 AT ni: ni: s.
.profitable à son auteur, car, en 1810. la collection entière ne lui fut achetée ])oiii' \o \]u>i''o l>iitannique. par acte du parlement, que 35.000 liv. st. (875.000 francs) et un des ])lus illustres compatriotes du spoliateur du Pai-fhi'non . lord Byron. voyant son nom gravé sur une colonne du temple, écrivit au-dessous : Qvod non fcccnnit Gothi, Sç.otus fccil. Tl est vrai que lord lilgin s'est acquis une célébrité qu'eut enviée Érostrate, et que. pour consoler les Athéniens des trésors qu'il leur arrachait, il a fait don à la ville d'une horloge placée dans la tour du bazar et accompagnée de cette pompeuse inscription :
THOMAS COMES DE ELGIN ATHENIEN. HOROL. D.D.
S.P.Q.A. EREX. COLLOC.
A.D. MDCCCXIV'.
Il n'eût peut-être pas été impossible d'excuser jusqu'cà un certain point les déprédations de lord El gin. qui pouvait alléguer pour sa défense le désir de sauver d'une destruction prochaine des chefs-d'œuvre exposés cha([ue jour à la barbarie iconoclaste des Turcs, alors maîtres de la Grèce ; mais comment justifier la brutalité avec laquelle il arracha sa proie , brisant les monuments , souvent même , ainsi ({ue nous le verrons à l'Êrechtliéion . enlevant des colonnes, des cariatides, sans s'inquiéter de la chute des entablements auxquels elles servaient de support, semblable enfin à un sauvage qui mettrait en pièces une précieuse coupe de Cellini, pour s'approprier quekiues pierres qui s'y trouveraient enchâssées? Ce n'est point ainsi qu'au siècle })récédent en avait agi l'ambassadeur de France, M. de Choiseul-Gouffier. qui n'avait rapporté ([ue quok[UPs moulures, une métope et un fragment de frise depuis longtemps détachés du monument.
Frontons. T.e sommet des frontons, âsTot, avait pour ornement une énorme palmette. dont on a retrouvé quelques débris ensevelis aujour- (riiiii (Lois une casemate où viennent s'enfouir, au fur el à mesure de leur déccjiucitc , les fragments d'architectui-e (|ue les fouilles mettent au jour pour un moment. Cette pninielle était -elle, comme au temple
1. Le pouvcrnomont anglais a depuis envoyr ;^ Atlièiies la collertion dos plâtres des sculptures du Parthénnn; elle a i^té déposée, dans une petite mosquée voisine de la Tour des vents.
FRONTONS DU PARTHKNON. 103
d'Égine, accompagnée de deux statues placées comme des supports héraldiques? C'est ce qu'il est impossible de vérifier aujourd'hui, la partie supérieure des frontons maii(|iiaiil à Tune et à l'autre façade. En revanche, il est facile de s'assurer, par les traces qui existent encore, que les extri'mités de chaque fronton portaient une statue, un grifTon. un sphinx, un trépied, enfin une décoration quelconque.
Les sculptures qui ornaient les tympans des frontons n'étaient point des bas-reliefs , mais une réunion de figures en ronde bosse comme au temple de Jupiter Panhellénien dans l'île d'I^gine.
Selon Pausanias^, le fronton antérieur représentait la Naissance de Minerve'^, et le fronton postérieur la Dispute de Minerve et de Neptune au sujet de l'Attique^. Or, ceux qui avaient vu le fronton occidental intact, sinon dans ses détails, au moins dans toutes ses masses, avant l'explosion de dGS7, sans s'arrêter à l'examen approfondi des sculptures, s'étaient accordés à y reconnaître la Naissance de Minerve, ou plutôt sa Présentation par Jupiter au.Jo dieux de l'Ob/mpe, et en avaient conclu que, contrairement à l'usage, la façade du Parthénon était tournée à l'occident. 01 lier de Nointel, ambassadeur de France en 1()7/|. partagea la même opinion, et les esquisses ciu'il fit faire des figures déjà mutilées de ce fronton servirent encore à accréditer une erreur qu'elles eussent du détruire^. Stuart le premier reconnut l'erreur, et avança que le