‹ Athènes (volume 3)Chapitre 55 sur 234 · Dritish Muséum, Elgin Saloon, n · texte numérisé non relu

Dritish Muséum, Elgin Saloon, n

'2. Thalassa, la Mer. Hésiode (Théog.) la dit fille de l'Éther et d'Héméra (l'Air et le .lour) ; elle était au rang des divinités. Pausanias nous apprend que sa statuo-était placée, à Corintbe, auprès de celles de Neptune et d'Ampbitrite; et que, sur la base d'un autre monument, elle était représentée en bas-relief, tenant sa fille Vénus.

3. Leucothée, la même (pilno, n(jurrice de Bacchus, à laquelle les dieux donnèrent ce nom après qu'elle fut admise au rang des divinités nuirines. Klle avait un autel dans le temple de Neptune, à Cnrinthe.

MÉTOPES DU FARÏHÉNON. 113

de jNeptuiie. » J^a partie supérieure du corps d'Euryte avait sans doute été enlevée par un boulet ; la partie inférieure est restée en place, mais elle fait peu de saillie et il est diiTicile de l'apercevoir, à moins de monter sur le fronton par l'escalier de Taucien minaret^.

On reconnaît facilement, sur ce qui reste des sculptures de ce fronton, les traces d'ornements en bronze, la plupart dorés sans doute, qui en avaient fait partie. Le masque de Minerve conservé au Musée de Londres avait évidemment un casque de métal, et, autour de l'égide qui couvre le fragment du torse, on voit l'indication de serpents et d'une tête de Méduse également de bronze. Ce mélange de deux matières rend déjà plus vraisemblable un fait qui, pour choquer nos idées modernes, n'en est pas moins incontestable : toutes ces figures étaient coloriées et enrichies de dorures ; les yeux de la Minerve étaient même formés de quelque matière précieuse qui, en disparaissant, a laissé les orbites vides.

On est habitué à reporter à Phidias tout l'honneur des sculptures et parfois même de l'architecture du Parthénon. Ouelque longue qu'eut été la vie d'un homme, elle n'eût jamais suffi à une pareille entreprise, et cependant les travaux du temple de Minerve ne furent pas les seuls qui marquèrent la glorieuse carrière de Phidias. Force est donc de convenir que s'il eut la suprême direction de ces travaux, s'il en exécuta luimême (iucl([ues-uns, si d'autres furent la reproduction en marbre de ses compositions, d'autres aussi furent l'oeuvre d'artistes d'un talent déjà éprouvé et dont il dut respecter l'indépendance. Nous ne pouvons suivre ici M. Beulé dans l'intéressante discussion à laquelle il se livre pour rechercher les véritables auteurs des IVoulons du Parthénon 2; nous nous contenterons de dire f|u'il ('tal)lit. d(^ la manière la plus probable et par les distinctions les plus ingt'iiieuses, ((ue le fronton oriental fut l'd'uvre de Pliidias aidé de ses élèves et surtout d'Agoracrite, le |)lus habile et le plus aimé, tandis que le IVonton occidental est dû au ciseau d'Alcamène, son émule plutôt (jue sou disciple.

MiÎTOPES. La seconde suite de sculptures du Parthénon était composée des métopes (jui, décorant la frise extérieure, alternaient avec les Iri-

1. Ail nrilish Muxeuni, Elgin Saloon, sous les mimi'nis 17S, IIO-.TIT) et :i'il, on conserve plusieurs autres fragments que l'on croit aussi avoir ;ip|)art('iin ;iux fidiiimis du i';iiilii'iinii.'

ni ATllKNKS.

glyphes entre lesquels elles étaient glissées dans des coulisses par la partie supérieure que f(>rniait ensuite la corniche. Les métopes ont une hauteur de 1"'.335 sur une largeur de 1"*,27(); celles qui sont voisines des angles soni un peu plus étroites. Cet excès de la hauteur sur la largeur falt^ voir (juc l'architecte avait en vue de les faire paraître carrées malgré la saillie de la bande de l'architrave. Les figures s'en détachaient presque en ronde bosse, et, si elles avaient ainsi un relief beaucoup plus prononcé que celles de la frise intérieure du portique, c'était parce qu'elles n'étaient pas destinées comme celles-ci à décorer un mur uni et à être vues de près*, et qu'elles devaient au contraire produire leur effet au milieu d'ornements d'architecture très-saillants, par lesquels il fallait qu'elles ne fussent pas écrasées.

Les métopes du Parthénon étaient au nombre de 92 : J i à chaque face, 32 à chaque côté du temple; un assez grand nombre avaient échappé aux ravages du temps et à l'explosion de 1687, quand le monument fui livré aux déprédations de lord El gin. Dix -sept des métopes qu'il arracha en brisant les triglyphes arrivèrent à Londres , où elles font l'ornement du Musée Britannique. Plusieurs ont été englouties entre le cap Malée ou Saint- Ange et l'île de C('M'igo (l'ancienne Cythère), dans le naufrage d'un bâtiment qui transportait divers objets d'antiquité pour le compte* de lord Elgin-.

Une métope est au Musée du Louvre; elle était hors de place depuis longtemps cjuand elle fui rapportée en France par M. de Choiseul- CiDunier qui en avait fait l'acquisition avec l'aide du consul de France à Athènes, M. Fauvel , (|ui a rendu à l'archéologie de si importants services. En 18.18, après la mort de M. de Choiseul, ce marbre précieux a été acquis pour le Musée au prix de 25,000 francs.

I. K Phidias possi'dait des notions trôs-étendues sur l'art do construire, au moins sur la part if tliroriquo. Commont sans cela eût -il pu survoillor les travaux d'architectes tels f{»rictiiuis et (laliicrate? Comment eiit-il montré, dans le Parthénon, une admirahie intelligence des besoins de l'architecture et sacrifié toutes les prétentions de la sculpture, lui sculpteur, à l'harmonie et à l'effet général du unniniiient? C'est ainsi qu'il diinuc aux métopes un relief exagéré contrairi' à ses principes, pour qu'elles soient en rapport avec les fortes saillies de l'entablement. La frise de la cella, au contraire, tant son relief est léger, tant ses proportions sont petites pour la hauteur qu'elle occupe, n'attire que faiblement les regards; elle leur écliappe quelquefois; mais il fallait ne jias écraser une muraille lisse par l'impDitanco des sculptures et la couronner au contraire d'un iiaudeau délicat. »

Bt:i i.i':. I.a Jeiinpuse'do Phidias {Revue des Deux Mondes, mars 18U0).

2 Voijaries de Chandler, tradm-tinn française publii'e en 1800. Notes de MM. Servois et Tîarbié du Bocage.

MÉTOPKS 1)L l'ARTUENUN.

Ilo

Aujourd'hui quatorze métopes, la plupart loi-t endommagées," sont encore en place; une métope presque complète, mais mutilée, et quelques fragments ont été retrouvés dans les déblayements exécutés au Parthénon sous la direction de M. l*ittakis, et ils sont déposés dans l'enceinte de l'opisthodome. Les autres métopes ne nous sont connues que par les dessins de Carrey. Ces divers bas-reliefs ont été publiés maintes fois en tout ou en partie, et entre autres par Stuard, Legrand, Brôndsted, etc.

Les métopes de Londres et de Paris, provenant toutes du côté méridional du temple qui était le mieux conservé, puisque, lorsque Carrey les dessina, il n'y manquait que quelques bras et quelques têtes*, repré-

Métope.

sentent en général des épisodes du combat des Centaures et des Lapithes aux noces de Pirithoiis et d'Hippodamie -; mais quelques autres sujets

1. « A rcst et à Touest, toutes les intHopes sont h. l(>ur place, frustes pluttM que mutilt^es, tant le fanatisme a mis de persévérance à les anéantir. On voit que des échafaudages ont été dressés, que des ouvriers ont travaillé à praiids coups de marteau, ici nivelant compli'tcment la dalle de marbre, là satisfaits de rendre m(''coiiMaissiil)!es les sujets et les personnages qu'on y avait sculptés. Les mét(Tpes du nord ont été défigurées de la mémo manière. Ktait-cc l'église, était-ce la mosquée qu'on puriliait ainsi en faisant disparaître li!s images profanes? Peu importe de savoir qui a encouru, des Grecs ou des Tincs, une indignation (|ui ne remédierait à rien. On ignore même, ce qui serait plus intéressant, quelle cause avait fait l'-itargner ica trente-deux métopes du sud. Comme ce côté du temple est tourm'- vers le dehors df la forteresse et voisin du unir d'enceinte, ou n'y iK\ssait jamais. Avait-on calculé (pie les regards n'auraient jias Uni d'être blessés? »

\'.. IJki i.K. Acropiilr d' Ailleurs. T. Il, j). W'I.

'1. Aux noces de Pirithoiis, les Centaures s'étani enivrés insultèrent les femmes des Lapitlies, habitants de la Thessalie et sujets de PiritiioCis. Tiiésée, ami de a', prince, à la tétc des Athéniens, se réunit aux Lapithes; un grand imnilui; de Centaures furent tués et le reste prit la fuite. <• Non,

se trouvaient dans celles (jni ont disparu (jli qui sont restées en place. M. Beulr. parmi ces sculptures presque toutes méconnaissables, a cependant cru distinguer : à la façade orientale, Minerve combattant un Titan ou repoussant Vulcain. la déesse combattant Encelade. domptant Pégase pour le procurer à Belléroplion, etc., et quelques traits de l'histoire des héros qu'elle inspirait ou protégeait, Hercule, Persée et Thésée; au côté nord, (juelques restes d'hommes et de chevaux dans lesquels il est difficile de voir, connue l'ont prétendu quelques voyageurs, le combat des Amazones; enfin, sur la façade occidentale, une série d'engagements entre des guerriers à pied et alternativement entre un piéton et un cavalier, compositions qui lui paraissent inspirées non plus par la fable, mais par l'histoire, et qu'il pense représenter des victoires remportées par les Athéniens sur les Perses^.

Nous ajouterons que rien ne nous semble plus admissible que cette supposition. Était-il un sujet qui fut plus à sa place sur une frise qui précédait cet opisthoclome, rempli des dépouilles des Perses et des trésors amassés pour les combattre de nouveau , si jamais ils osaient remettre le pied sur le sol de la patrie ?

Enfin, au côté méridional du temple, les dessins de Carrey nous

dit Nestor {Iliade. L, I), jamais je n'ai vu, et jo ne verrai sans doute jamais des liéros tels que Pirithoûs, Drias, pasteur des peuples, Cénée, Exadius, le divin Polyplième, et le fils d'Egée, Thésée, semblable aux immortels. Ils étaient certes les hommes les plus courageux qu'ait nourris la terre; ils conihattircnt de vaillants ennemis, les Centaures des montagnes, qu'ils exterminèrent dans une lutte terrible. » La tradition que nous fournit Homère sur les commencements de cette lutte diffère un peu de celle généralement adoptée : « Jadis, dit-il {Odyssée. L. XXI), le vin fit perdre la raison au fameux Centaure Rurythion, lorsqu'il était chez les Lapithcs, auprès du magnanime Pirithoûs; quand le vin eut troublé ses sens, il devint furieux et commit des crimes épouvantables dans le palais même de Pirithoûs; mais la colère s'empara bientôt de tous ces héros réunis; ils se jetèrent sur Eurythion, le traînèrent hors du vestibule et lui coupèrent avec l'air;iiii rriicl le nez et les oreilles. Le Centaure Eurythion, vivement offensé, s'en alla couvert de honte et après avoir suiii le châtiment d'une aberration funeste duc à son esprit insensé. Voilà quelle fut l'origine de la guerre qui eut lieu rntrc les Centaures et les Lapithcs. »

Le souvenir d'une victoire, due en grande partie à rintervention de li'ur lit'ros et de leurs ancêtres, dut être cher aux Athéniens; aussi ce combat devint-il nu des thèmes favoris des sculpteurs, des peintres et des poètes de l'antiquité; on le trouve reproduit sur un grand nombre de bas-reliefs et de vases peints, et sur l'une des fresques trouvées à Herculanum {llpvcidanum et Pompéi. II, pi. 18. Didot), et il a été chanté! ou décrit par IIksiode. In scut., v. 177 ; par Pi.utauoie. Vie de TItésée; par DiODonK DE Sicii.i:. L. I\ ; par Sris \r,o\. I{,<r. ijenri. L. IX; pur Vuîom.e. Ceoro. L. III, Enéide. L. IV, et Culex, v. 28; par Omi.i. Mrt. F,. \U et XIV, et Amures, h. IF, I-Jlefi. l'J; i)ar Pr,opi;ncK. L. II, Eleçi. (i; par Stage. Tlivbaule. L. VI, etc. Suivant /Elien {Hist. diverses], un ]Kirte antérieur à Uonière, Mi'lisandre de Milet, avait diViJt aussi le combat des Centaures et des Lapithes.

MÉTOPES DU PARTHÉNOX. 117

apprennent qu'outre les vingt-trois métopes représentant des combats de Centaures et de Lapithes, il y en avait neuf doul les sujets étaient empruntés aux anciennes traditions relatives à Torigine d'Athènes^.

La métope du Louvre, l'une des mieux conservées, bien que les têtes et quelques autres parties aient du être refaites par Lange, d'après l'esquisse de Carrey. offre un vieux Centaure saisissant une fennne qui cherche à échapi)er à sa poursuite ; elle séparait les dixième et onzième trigiyphes de la frise méridionale à partir de la façade du temple 2.

Des dix-sept métopes du Musée Britannique, quinze représentent des combats singuliers et à succès variés entre un Athénien ou un Lapithe et un Centaure; la seizième, provenant de l'angle ckoit du côté septentrional du temple, représente deux femmes, l'une debout, l'autre assise sur un rocher; on voit seulement un cavalier sur la dix-septième ([ui appartenait à l'angle gauche de la façade occidentale^.

La métope déposée à Athènes dans l'enceinte du Parthénon offre un Centaure enlevant une femme.

Enfin, deux tètes provenant de Tune des métopes ont été découvertes au Musée de Copenhague par M. Brôndsted^; elles ont été apportées en Danemark, en 1688, par un certain capitaine lïartmand ^. l'un des compagnons de Kœnigsmark au funeste siège de l'Acropole. Ces tètes sont celles d^ai Centaure et d'un jeune homme. A la dernière on remar(iue tout autour un enfoncement et au front un petit trou qui annoncent assez clairement l'existence d'un ornement en métal, une band^'lcttc large de 0'".03 à 0"',04. dorée et ornéo sin- le devant d'un bouton ou d'uni' agrafe.

IjC méi'ite des métopes qui sont parvenues jusqu'à nous est très-

I. Voy. BiiAndsted. Voi/ar/ps et redierches dans la Grèce. "1'' livi-., p. '■2()7 à '207. '2. Cdmti- dk Ci.\n\r. Description, du Musée des antiques du l.<iiirrr.

:i. llrUisI, Miisruni, FMjin Saloon, n"* 1, 2, 3, i, 5, C, 7, 8, 10, 11, 12, l:!, 11, i."., lli, Itl'il 10''. Sous les nunK'Tos :UM i\ 1509, 321 et 323, on conserve au niCmo musée divers fragments ([u.' l'un ( idii avoir fait partii' (l"aiitrcs mcHopcs du i'artln'non.

i. \'(iya(jes et recherches dans la (îrèrc, \\. 171.

5. La note inscrite, en 1000, aux registres du Musée porte : « Deux têtes de niarlire iini mil été aulrefiiis dans le temple de Diane, à I^phèse , envoyées d'Allirnes par le rapilaine Harlntand, l'an 108S. ..

Il ne faut pas s'arrêter à cette iiidicalinn iiurni/'r pai- un n'daclrnr ifiniuanl. Dès cette époipio l'emplacement mi^'im' du ti;mple d'Kpliése élaii nu pinlilriur, ri il n'est guèrr |iinliali!r ipir drh scidpluri's (Ml provenant eussent jmi -^c trouver à Allièiies.

IIS ATIlKXliS.

inégal; dans toutes on trouve une connaissance remarquable du corps humain, mais dans la plupart on chercherait vainement la beauté idéale de l'art arrivé à son apogée. Toutes ont conservé le cachet réaliste de l'école archaïque, et, seules parmi les sculptures du Parthénon, elles rappellent les marbres du temple d'Égine'^.

Phidias, pour sufTu'e aux innombrables et gigantesques travaux du Parthénon, dut appeler à lui tous les sculpteurs capables de le seconder. •Les métopes, moins importantes que les sculptures des frontons, placées plus haut que la frise du portique et ne demandant pas la même homogénéité, séparées qu'elles étaient les unes des autres par les triglyphes, ne présentant d'ailleurs que des sujets simples, peu compliqués, pouvaient surtout être confiées à des mains différentes et plus ou moins habiles. Isolées au milieu des ornements saillants et secs de l'architecture, elles pouvaient aussi, avec moins d'inconvénient, présenter quelquesunes de ces formes anguleuses, reste du style de l'ancienne école, à laquelle Phidias put ainsi emprunter soit des artistes d'un talent déjà formé, soit aussi quelques-uns de leurs élèves influencés déjà par la nouvelle manière. Nous croirions dilTicilement pouvoir, avecM.de Clarac^, attribuer quelques métopes àAlcamène, par la seule raison que, dans le fronton du temple de Jupiter à Olympie, il avait sculpté un Centaure voulant enlever une jeune fille 3. Si d'ailleurs, comme nous le croyons, les figures du fronton occidental sont dues au ciseau d'Alcamène, la comparaison seule de ces sculptures avec les métopes suffit pour réfuter cette opinion.

Frise. La suite de sculptures la plus considérable du Parthénon est ce qui reste encore, spit sur place, soit dans les musées, de la frise ^ qui décorait la partie supérieure du mur de la cella à 13 mètres environ ^lu sol, sous le portique. Cette frise, qui régnait sans interruption tout autour du temple, a i"',^25 de hauteur, sur une longueur qui n'était pas moindre

Page 1