‹ Athènes (volume 3)Chapitre 68 sur 234 · Vie de Péridès · texte numérisé non relu

Vie de Péridès

ATllH.NKS.

nière figure, hi main lançant un javelot était placée avec tant d'habileté qu'elle cachait une partie du visage, mais qu'on en voyait encore assez des deux côtés i)()iu' ([ue la resseniblance tïit évidente. »

Les Athéniens n'eussent pas soullei-t ({u'on inscrivît sur la statue le nom de son auteur, non plus que celui de Périclès qui l'avait fait faire, et Phidias avait trouvé ce moyen ingénieux d'éluder la défense ^, faisant même, comme nous venons de le voir, de son propre portrait la cheville ouvrière du colosse entier, afin qu'il ne pût jamais en être détaché.

Nous verrons au temple de Thésée une statuette dans laquelle M. Ch. Lenormant a cru reconnaître une réminiscence de la Minerve du Pai'thénon. Ce colosse figure sur un beau tétradrachme qui api^artient à la plus brillante époque de l'art athénien.

Tétradracbiue,

La Minerve de Phidias fut placée dans le Parthénon la première année de la 85'' olympiade (/i38 ans avant Jésus-Chi'ist) . sous l'archontat de Théodore. Cent trente ans après, l'or en fut pillé par le tyran Lacharès, qui enleva le manteau de la déesse et le remplaça par un manteau d'étoffe, disant qu'il serait plus léger pour l'été et plus chaud pour l'hiver.

Cliandier croit (|ue la statue fut détruite définitivement vers l'an /iOO avant Jésus-Christ, par les Yisigoths, conduits par Alaric. Il est vrai que, si l'on en croyait Zosime, Alaric marchant contre Athènes aurait aperçu Minerve armée sur les créneaux, et Achille debout devant les remparts de l'Acropole, oj . elTi'ayé par ces apparitions, aurait renoncé à son entreprise et traité avec les Athém'ens. Mais toute cette histoire,

1. « Les artistes veulent tHre célébri'S après leur mort. N'est-rc pas pour cette raison que Phidias plaça son portrait sur 1p bouclier de Minerve, \kxvcv (\n"\\ w lui ('i;iit pas permis d'y inscrira son "«m? » • (-ichiioN. Tuscitl. I, 1.').

MINERVE i)L l'AKTllÉNON. 131

dit avec raison Cliandler^. n'est (fiic le dire d'un païen zélé pour ses divinités, qui cherche à les soutenir dans leur proscription ot même à relever leur crédit anéanti. 11 est au contraire prouvé qu'Athènes eut, ainsi que les autres villes de la Grèce, beaucoup à souffrir de la part de ce conquérant féroce; et tout porte à croire que l'idole puissante et révérée de Minerve fut alors enveloppée dans la dévastation générale qui fit main basse sur toutes les statues sans distinction, comme sans examiner si elles étaient descendues du ciel ou si elles étaient l'ouvrage de Phidias. »

En tout cas. si l'assertion de Zosime devait être acceptée, la Minerve qui, du haut des remparts, fut apparue aux regards épouvantés d'Alaric n'eût point été celle du Parthénon, mais un autre colosse de Phidias, la Minerve Promachos , qui. en effet, était visible du dehors, élevée qu'elle était sur un énorme piédestal dont nous retrouverons les restes.

M. Beulé ne partage pas l'opinion de Chandicr; il pense au contraire que la Minerve ne fut enlevée du Parthénon que par les chrétiens, sous le règne de Justinlen, et que probablement elle alla orner l'hippodrome de Constantinople avec d'autres œuvres de Phidias, et faire pendant au Jupiter Olympien -.

Si nous n'entrons pas dans do plus grands détails sur cette œuvre, l'une des merveilles de l'antiquité, c'est que ce serait sortir de notre cadre, qui n'embrasse que les monuments encore existants, au moins en partie. Quant à la statuaire cliryséléphantine en général, et à la AJinerve du Parthénon en particulier, on pourra consulter à leur sujet le magnifique ouvrage de Quatremère de Quincy. le Jiipilcr Ohjmpien, l'intéressant chapitre que M. Beulé a consacré à la statue de Phidias^, et voir dans le Magasin pitloresrpie ^ le dessin et la description de la r(^production qui en a été faite d'après les textes par M. Simart, aux Irais et siiiles indications de M. le duc de Luynes, et (jui a tiginv à l'exposition universelle de Paris en 1855.

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