Belle. Acropole. T. II, p. 'iTl
2. Certains ornements, qu'il eût été trop difficile de sculpter dans les caissons renfoncés du plafond, y itaii'iit peints. » Legr.wd. Mon. de la Grèce, p. 70.
3. Le portique avait été approprié au logement d'un officier turc, en fermant les entre-colonncnients par des murailles, comme nous le voyons dans le dessin de Stuart, et le plafond avait été chargé d'une grande quantité de terre pour le blinder et le mettre à l'abri de la bombe; cette précaution mémo a contribué à sa ruine, car le support d'angle ayant manqué, cette masse énorme n'a fait qu'accélérer et rendre plus complète la eliute de l'untahleuieiit.
4. Nous avons vu, au petit musi-c de l'Acropole, les espèces de pivots, les âmes en bois de cèdre provenant du centre des taudiours cuinpiisanl le fût de cette colonne ( j). iriO).
PORTIQUE Dl l'AXDHOSIOX. 16o
de 0"\50 environ de j^iofondeur. réunis entre eux pai' une sorte de fissLU'e. Ces trous pourraient l)ien n'èti-e (juini jeu de la nature; tout
Trous (Ui ti'iJent.
aimonre repondant cfuo ce sont eux f|ue l'on \('n('rait dans l'antiquilé comme étant Tenipreinte du coup de trident frappé par Neptuii(\ Il est vrai que le trident avait trois pointes et qu'il n'y a que deux trous, mais en aucun temps la superstition n'y a regardé de bifii près. Les dalles ((ue M. Tétaz a détachées sont justement celles que soule\ aient leA guides, les exégètes, lorscpi'ils voulaient ofTi'ir l'empreinte sacrée à la curiosité ou à la vénération des visiteurs et des dévots.
Dans le môme caveau est une pdilc citerne en partie ruinée; M. Beulé, en la faisant déblayer, a l'encontré presque aussitôt le rocher; ce ne serait point une raison pour qu'elle n'eût point remplacé le puits d'eau salée, le Ilot, la OaAacrca Ep3/6r;iç 1 qui partageait avec lempreinte du trident los hommages des pèlerins de l'Acropole. 11 suiïisait du plus petit bassin rempli d'eau salée; et quant au bi'uit (|ue cette mer en miniature faisait entendre lorsque souillait le vent du sud. la communication souterraine avec le lem|)le pouvait, comme le remar(|ue M. Beulé. rexpli(|uer aussi bicMi ([ue l'escalier dérolx' du sanctiiaiiv dlsis. à Pompéi. e\|)li(|iic les oracles i-endus pai' la déesse-. V.w elïel. de rinli''rieur du J'androsion. une petite port(> soutfM'raine i(\ de r'^^U de haut sur ()"'.()S de lari;-e. |)ei"C(''e dans le bas du iniu' se|)tentrioiial d THreclitliéioii. et à Li(|ur||c on descendait par ini clieiiiiii xuilerraiii pai' tant (lu corridor 11. conduisait en secret à la grotte ni\>l('rieuse.
I. <( Dans rKreolitlii'ion, (ni trninc un pniis ircaii de inrr, rr (|iii n'est jkis lr("'s-siirprpiianl , cai" il y fil a clans ))]iisiiMn-s cndrnits au niilii'u des Uutcs, outre; autres à Aplirodisias en Carie; mais ce (juc celui-ci otlVi' de remarquable, c'est iiue, lorsque le vent du sud souille, on y entend un bruit pareil i"i celui des flots. Il y a sur le rocher l'empri-inte d'un trident. Cette empreinte et ce ])uits sont
les sji^ues <|ue Xe|ilii|ir lit p;ir;ill|e |iniir |ir(iil\rr c|i|.' Ir |i:i\s lui ;i|i|>artenail . •
l'M x\\l\s. .1//. C. XXVI.
'J. I-.. liiii iii\. l'itiniirid. '!■ rt\\{., |i. ','>.
ATIIKNES.
Au fond du portique septentrional s'ouvre une grande porte m, dont les ornements étaient d'une rare élégance, bien que manquant un |)eu de relief.
Porte septentrionale de l'Erechtliéion.
Cette porte, la seule qui nous soit restée presque intacte de l'antiquité grecque, est de forme légèrement pyramidale ; large de i"'./i5 à la base, elle n'a pas |)lus de i'",30 au sommet. Le linteau s'étant fendu, on ne sait à quelle époque, les Byzantins avîiient dû, à l'intérieur de la baie, ajouter un autre linteau et deux pieds-droits ne présentant ((ue de simples moulures qui ne doivent point être confondues avec le chambranle primitif. ^Sa corniche, 'jxepGupov, richement ornée, est soutenue par
deux consoles, àyy.coveç.
i^ors(iu'on avait franchi cette porte, on se trouvait dans une soi1e de passage 1'^ large de 3"',9îl , long de 9"", 60, qu'éclairaient trois fenêtres ouvertes à l'ouest, et ({ui. lors d(^ la transformation de l'Erechtliéion. était devenu \(' narthe.v, ou vestibule de l'église byzantine . mais (|ui. dans l'origine, servait à la fois de vestibule au Pandrosion, et de communication avec le porti(|ue des Caryatides, dont nous parlerons bientôt. Ses murailles sont tivs-dégradées, et, selon toute apparence, par le feu. Toute son ('tendue est occupée par une grande citci'iie, dont la voûte, (jui a été défoncée pai' la cliiile de la partie supérieui'e du mmoccidental de ri'j'echtlif'ioii, (excédait de plus dc^ 0"'.M) l<' niveau du seuil de la porte. Les Turcs, pour établir ce réservoir, avaient tiré parti
PAM)ROSfO\. 1(57
des SLibstriictions de rédifice antique, mais ils avaient du les reprendre en sous-œuvre pour les faire descendre à la profondeur nécessaire.
Le vestibule était séparé du sanctuaire par un mur que M. Tétaz suppose avec beaucoup de vraisemblance avoir été percé de trois portes non. correspondant aux trois divisions du temple, aux trois nefs de l'église. En avant des piliers qui les séparaient se seraient trouvés deux piédestaux pp. portant des statues.
L'existence de ce mur noM plus iii(li(iu('e (|ue par des arrachements (jui se voient encore dans la partie supérieure des murailles du sud et du nord, restées lisses dans le bas, nouvelle preuve de l'existence des deux portes latérales nn.
Pandros[0\. Le sanctuaire de Pandrose F formait un rectangle de 9'", 60 de largeur sur G'". 20 de profondeur, soutenu par quatre colonnes, et dont la partie centrale dut être découverte, car elle contenait l'olivier sacré /•, qui n'eût pu vivre et se développer pendant tant de siècles pvlvé d'air et de lumière. 11 ombrageait l'autel de Jupiter Herceus ou llercéen '^ ainsi cjue nous l'apprend l'anecdote que nous avons déjà citée d'après Philochorus.
Tout en admettant avec M. Tétaz l'existence de cette partie hypœthre ou découverte, au centre du Pandrosioii, nous ne sonnnes pas entièrement d'accord avec lui sur sa disposition. Dans son plan, l'hypfrthre forme un rectangle s'étendant de l'ouest à l'est, et ne laissant C()UV(>rt qu'un étroit espace en avant de la porte principale o, aussi l)ien ([u'au pied de la muraille occidentale du temple de Minerve Poliade. Cet espace est même si étroit de ce dernier côté que la statue de Pandrose s. cpi'avec raison il adosse à celte muraille, serait à peine abritée par la sailli)^ d'ime roniiclio. Le Paiidrosion (''tant braiicoiip plus I;n'ge (pic profond, il udiis sciiihlcr.iil poiirLiiil assez naturel d(> supposer rii\pœthre n'alléctant pas ju-^tciin'iit l;i t'oiiiic opposée. Si. au contraire, l'hypu'tlii'e. s'(''li'ii(l;iiit d'iin côh' jir->(iir;ui mur non. s'ai-riMail ;i Toi au\ Colonnes 7 et -S. un pnrljiiiic coiiNcrt /// ain-ait permis de circuler de trois C(Més. laudis (|iie du (|ualrième le \e>til)tile \] aurail compk'N' l'enceinte. Ainsi, la slaliie de iVindrose eût ('■!('■ abrih'e soiis le peili(|ii(i oi'iental. et au centre de la pjulie d(''Couverle eussiuil pu de nn^me trou-
ver place l'olivier sacré et l'autel de Jupiter Hercéen. C'est dans ce sens fjue nous avons cru pouvoir modifier le ])lan de M. Tétaz, tout en indiquant encore par des lignes ponctuées celui qu'il a proposé. Nos lecteurs pourront ainsi se ])rononcer entre les deux opinions, cpi, du reste, nous devons l'avouer, ne reposent. Tune comme l'autre, que sur des hypothèses, aucune trace de ces chspositions ne se retrouvant sur le terrain.
Ce n'est également que sur une probabilité que M. Tétaz se fonde pour supposer que les quatre colonnes c|ui, par leur proportion, n'eussent pu atteindre au faîte de l'édifice, étaient surmontées d'un second ordre composé de caryatides plutôt que de colonnes; cette pensée, vraie peut-être, lui a été inspirée par la découverte, dans l'intérieur dn temple, d'un fragment de corniche analogue à celle de la tribune des Caryatides.
Nous avons vu que par un escalier /.-, situé clans son angle sud-est, et par le corridor C , le Pandrosion communiquait avec le sanctuaire de Minerve. Dans l'angle opposé devait ouvrir la porte d'une autre enceinte H, longue et étroite, occupant l'espace compris entre le mur septentrional du sanctuaire de Minerve, et le mur commun du même côté à tout rÉrcchthéion. Cette dernière muraille ayant les parpaings de marbre dont elle se compose ravalés à l'intérieur dans toute sa hauteur, il est facile d'en conclure que le pavé de ce réduit a dû être toujours et dans toute son étendue de niveau avec le sol du Pandrosion. Peut-être cette obscure enceinte n'avait-elle d'autre destination que celle de servir de magasin, sacrarium ^ lepocpuT^aV-iov ou àp/sîov, pour les instruments du culte; peut-être, comme le suppose M. Beulé, était-ce dans ce lieu ciu'on entretenait le serpent sacré, oix.oupoç o<pi;, dont parlent Hérodote et Plutarque^, et qui sert de prétexte à l'une des femmes de la comédie d'Aristophane pour rompre son serment et chercher à fuir de l'Acropole 2;
■1. « Les Athi'nicns disent qu'il y a dans le temple de la citadelle un grand serpent qui est le gardien et le protecteur de la forteresse; et, comme s'il existait réellement, ils lui présentent tous les mois des gâteaux au miel. » HÉnonoTE. L. VHI, c. 41.
Démosthf'Mie, exilé d'Athènes, jetant un dernier regard sur l'Acropole, s'écria : « O Minerve Poliade! comment peux-tu prendre intérêt i\ ces trois bêtes farouches, la chouette, le dragon et le peuple? » PLUTAnQLE. Vie de Démoslhènc.
Pour décider les Athéniens à abandouiicr la vilN,' et à se réfugier sur la flotte^ Thémistocle supposa que le serpent de Minerve avait abandonné le sanctuaire. (Plutarque. Thémistocle.)
2. « ,Ie ne puis dormir dans la citadelle depuis ((uo j'ai vu le serpent qui en l'st h' gardien. »
l.ijsislr., V. 758.
l'ANDllOSIOX. I6<)
peut-être était-ce une de ces cliambres secrètes, a^u-ov, adylum ^ (jui se trouvaient souvent dans les temples, d'où tout le monde, excepté les prêtres, était sévèrement exclu, et dont ceux-ci se servaient pour abuser par les oracles de la crédulité publi(|ue; peut-être enfin est-ce dans ce lieu qu'il faudrait chercher l'emplacement du tombeau d'iù'echthée cjuc l'on sait par les témoignages anli([ues avoir existé dans Teuceinte de l'Érechthéion ~.
Lorscfue l'on voulut consacrer au culte du Christ l'enceinte entière de l'Erechthéion. tout le massif qui portait le sanctuaire de Minerve B, aussi bien que le passage G et l'escalier /.-. dut être enlevé, afin ({ue le sol de l'église n'eût plus qu'un seul niveau dans toute son étendue. Dès lors le portique oriental devint sans destination, comme il l'est encore aujourd'hui, ne pouvant servir d'entrée à l'abside chrétienne placée en contrebas, et l'édifice n'eut plus qu'une seule porte principale, celle du portique septentrional ouvrant sur le vestibule E, devenu le narthex de l'église byzantine.
C'est de cette époque que date le pavé de la nef formé de marbre gris du mont Hymette, et encore conservé en grande partie.
En avant du chœur dont il ne reste que quelques débris, un seuil de mai'bi'e porte la trace de deux colonnes, et à leur gauche est encore un grand bloc cou\e]1 d'ornements byzantins ayant fait partie du juuid'appui ([ui séparait le chœur de la nef.
Beaucoup d'autres débris épars dans l'enceinte de l'Érechthéion ont appartenu également à l'église ; telles sont des colonnes de vert antique et de pavonazzetto ^, qui avaient remplacé celles du Pandrosion et une partie des murs latéraux du sanctuaire de Minerve Polia(l(\
Au fond du vestibule E est une porte a qm. par un escalier dont deux marches subsistent encore, conduisait à riuti'riiMU- du poi'ti(|ue des Caryatides G, accolé au côté méridional de rJirechlhéion. au ni\rau du temple de Minerve Poliade. Une autre porte, jiercée dans le bas du iniir
1. u On appelle adyhnti, aoÛTov, un endroit du temple inaccessible, sacn^ obscur, et oCi se rendent les oracles. » Pollux. Ononiasl. L. I, c. 1, S ^•
2. « Krichthonins étant mort lut enseveli dans lo temple de .Minervi'. »
Ai'oi,i.oi)Oiu\ UI. 11.
ÎN'ous a\(tus (ji'Jà (lit (|iic les auli'iu's :uii-ien'^ ediirundcni cnuiiinii'lli'meul LriclitJKiniiis et Krcclillii'e.