V. Acropole ir.Mlihii's. T. 11, p. 'J.'iT
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Caryatides qui. évidemment, n'a jamais pu servir d'entrée au teiiii^le . nous parait réunir toutes les probabilités, et par sa forme, et par sa position, et par le caractère de son architecture dans Ia(|uelle on voit figurer de grands denticules . ornements spécialement funi'i'aires aux belles époques de l'art grec.
Sur les degrés communs à tout l'Éreclithéion. s'élève de 1"'.9G une sorte d'enceinte de grand appareil formant un soubassement et longue de 7'". (30 sui- ;)"',G0 de profondeur. L'élégant entablement, haut de 0'".90. qui surmonte cette tribune, ne se compose que d'une^ architrave et d'une cornicli(\ i'ar une exception unique, la frise a été supprimée, afin que, rendu plus léger, il ne parût pas écraser ses supports, en apparence plus faibles c|ue des colonnes ou des piliers; il est soutenu en effet par six caryatides, quatre de face et deux en retour. Ces figures, qui sont au nombre des productions les plus parfaites de l'ai't grec, ont 2'", 33, compris la plinthe sur laquelle elles reposent et l'espèce de chapiteau qu'elles supportent. Dans ces jeunes filles, M. Beulé croit voir des Erréphores, pensant trouver dans le poids qu'elles supportent un souvenir du fardeau mystérieux que leur confiait la grande prêtresse * ; mais les Erréphores n'étaient ([ue des enfants, au nombre de deux seulement, et il nous semblerait plus naturel, si l'on veut trouver dans ces figures autre chose que de simples caryatides- et les rattacher au culte de la déesse, d'y reconnaître les Canéphores qui figuraient également dans les cérémonies des Panathénées et ({ui étaient des vierges adultes, telles que nous les présente la tribune de l'Iù'echtliéion. Si. sur ce point de ])cu d'importance, nous ne j)artageons point l'opinion de
1. <: Une circonstance m'a singulièrement étonné; je crois devoir la rapporter, parce qu'elle est peu connue. Deux jeunes filles, que les Athéniens nomment les Erréphores, logent à peu de distance du temph; de Minerve, et même, durant un certain temps, elles y prennent leur nourriture. La fête étant arrivée, voici ce qu'elles font pendant la nuit. Kllcs prennent sur leur tète ce que la prêtresse de la déesse leur donne à porter; elles ignorent ce que c'est, et la prêtresse ne le sait pas elle-même. Il y a dans la ville, à ])eu de distance de la Vé)}t(s danx les jardins, une enceinte où se trouve nn chemin souterrain ouvert par la nature; elles descendent par là, laissent au fond ce qu'on leur a donné, et elles reçoivent et apportent quelque autre chose élégamment couverte. On les congédie ensuite et f)n les l'eniplace ]iar deux autres jeunes filles ([n'on ann'iie dans la citadelle, n
Paisamas. Att. C. XXVII.
2. 11 est bien entendu que nous n'employons ici le mot rnnjatijdes, y.afûaTiOcç, que dans un sons purement architectural, et que nous ne faisons nullement allusion aux jeunes prisonnières de Carya qui, sMi\ant Vitruve (L. I, c. I . dennèrent leur nom à ce genre de sii|>|)(irl.
THiiU'M-: ih:s c.ww \tii)i:s. i::^
M. Ik'iilé, en rcNaiiflic , nous ne saurions l'aire ressorlir aussi bien ([ue lui un des prinripaux niéi-ites de ces figures célèbres. « Ce qu'il y a d'admirable, dit-il '. dans les vierges de ri'j"eclilli('ion, ce n'est pas seulement la sculpture (les opinions seront, je crois, unanimes pour les placer au prennCr rang parmi les anti(iues). c'est le caractère monumental (|iii les met en harmonie avec les lignes et le sentiment de tout l'édifice-. Telle est Tentente des deux branches de l'art souvent séparées chez les modernes, toujours étroitement imies cliez les Grecs : le sculpteur semble avoir subordomié son œuvre à celle de l'architecte; l'architecte a tout calculé pour faire valoir les statues du sculpteur. De cette abnégation si intelligente est résulté un ensemble ijui atteint la plus haute perfection ({ue la science puisse rêver. »
Empruntons encore à un écrivain allemand (luehiues mots {{ui compléteront cette intelligente appr('ciation. <( Dans les inscriptions, dit llermann Ifcttnei'^, les caryatides de F l'j-echthéion sont appelées x.opat, jeunes filles. Avec (iiiclle i)erfection l'artiste a su unir la plastique à l'architecture ! I*<)in' (|ii(' la masse ne paraisse pas ti'op pesante, le plafitiid du portique n'est pas chai'gé d'un toit et prend ainsi l'api^arenre d'ini dais. Et ce dais, les vierges le souli(Minênt sin* leurs têtes gravement et sanselTort, Comme si elles portaient des ustensiles sacrés dans la procession des Panathénées. Leurs formes puissantes, leurs nobles traits, les riches plis de leurs draperies, et surtout l'ampleur de leur chevelure luxuriante, sont rendus avec une vigueur et une liberté qui placent ces statues au [)remier rang des sculptiu'es anli([ues; et cependant, sdus aucun rapport, elles ne franchissent les limites de leur destination architecturale. Iieiiiplir lein- office est pour elles un plaisir et non une l";iligue; et l'on voit à la lichesse de leurs formes ([ne lem- force niiisi'iihiire n'est pas inférieure an poids qu'elles siq3portent. »
Des six statues, trois seulement étaient encore (mi place au moment (l(> ralTranchissement de la Grèce; une ([uati'ième était tombée pendani le dernier siège de l'Acropole; la ciiu|nièine avait ('té emport('e p.ir lord
'i. Aussi ne pciit-on coiiiproudrc comment Leroy a cru devoir conrlure, du silence de Pausaiiia'^. ((lie le portique des Caryatides n'existait pas encore (li> son temps. Le style nu'^me, si essenliellemeiit grec, de ces adMiiral)les ligures ne sullit-il |)as pnin- repousser absolument une telle supposition?
'.i. Athcii iitiil tli-r l'rliiiKiiirs.
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Elgin, (|iii ne s'était g-uùre préoccupe de la pensée que son déplacement entraînerait la l'uine de la plus grande partie de renlablemcnt. On croyait que la sixième, celle placée en arrière, du côté oriental, figurait à Rome, au musée du Vatican. M. Pittakis en a retrouvé le torse brisé; la partie inférieure et la tète ont été refaites et elle a pu reprendre sa place. (Juaut à la seconde figure à partir de l'angle sud-ouest, qui, enlevée par lord Klgin, est restée au Musée Britannique i, après avoir été longtemi)s remplacée par un moulage en terre cuite offert par l'Angleterre, elle a été habilement refaite en marbre })ar un artiste grec; enfin, celle qui avait été renversée pendant le siège a pu être également relevée après c[ue de minutieuses recherches en eurent fait i-etrouver la tête depuis longtemps perdue. Les portions de l'entablement et du soubassement qui manquaient ont été remplacées par des marbres simplement massés et la tribune a pu ainsi, en 1846, être rétablie toute entière aux frais de la France, sous la direction de M. Paccard, architecte pensionnaire de l'Académie de Rome, grâce à l'heureuse initiative et à la puissante influence de M. Piscatory, alors ministre de France à Athènes.
Les caryatides, ainsi que l'entablement à l'intérieur comme à l'extérieur, poi'tent encore des traces très-visibles de peinture. Les autres détails d'architecture de l'Érechthéion, surtout dans les parties hautes, étaient également peints et même enrichis de dorures, mais avec une grande sobriété.
Derrière la caryatide du second rang à l'est, est taillé dans le soubassement de la tribune un étroit passage :; ([iii permettait de pénétrer dans l'intérieur et (|ui |)robablemeiit, dans l'antiquité, était fermé par une grille. Presque tout le dallage de la ti'ibune, reposant sur des assises de pierres grossièrement équarries, existe encore en place, ainsi qu'une grande partie du soflfite, dont un morceau considérable gît renversé sur le sol.
Plusieui's marbres anti((ues sont déposés sur l(\s degrés (|ui forment au sud le soubassement de rLrcchthéion. On y remarcjue un bas-relief représont.'int uno trirème, découvert le 19 octobre 1858 entre l'I'jTChthéion et le piédestal de Minerve Promachos. une lél(> de Bacchus indien