‹ Athenes [microform], décrite et dessinéeChapitre 102 sur 276 · Denys d'Halicarnasse. Dynarch · texte numérisé non relu

Denys d'Halicarnasse. Dynarch

3. Voy. planche IV, à gauche, et p. 159, à droite du dessin de la façade orientale.

ATHÈNES

ionique. Non-seulement les détails les plus fins étaient prodigués dans le marbre, mais des attaches qui existent encore nous révèlent l'existence de guirlandes de bronze doré qui couraient sur les volutes dont l'œil était

également doré*.

Les colonnes sont au nombre de six, quatre en façade, deux en retour; toutes sont encore debout; mais les trois de l'angle nord-est, 1 , 2 et 3, conservent seules leur entablement, leurs poutres de marbre, et leur soffite ou plafond, formé de caissons creusés deux à deux dans chaque dalle. Deux de ces dalles sont dressées contre la muraille, près de la porte du temple ; et là surtout il est facile d'examiner la décoration des caissons, percés au fond d'un petit trou qui recevait le tenon d'une étoile de bronze. Les autres ornements étaient ou sculptés ou simplement peints sur des surfaces planes. Legrand mentionne cette circonstance, qu'il dit avoir été remarquée par M. FauveP.

Des trois autres colonnes maintenant isolées, deux (4 et 6) sont entières ; mais celle d'angle , 5 , qui avait été renversée par un boulet en 1827, pendant le siège de l'Acropole», et dont la chute avait entraîné celle d'une portion de l'entablement, a été relevée en partie, et, en 1859, on se préparait à la compléter par l'addition de deux tambours et d'un chapiteau modernes*.

Une foule de morceaux de l'entablement, des poutres de marbre, des caissons sont gisants sur le sol, devant le portique.

On doit à M. Tétaz une très-curieuse découverte. Ayant remarqué dans l'angle sud-est, au pavé du portiqi^, quelques dalles qui semblaient n'en pas faire partie intégrante, il les fit enlever et mit ainsi à découvert une cavité / réservée dans les substructions du portique , au fond de laquelle on aperçoit dans le rocher deux trous irréguliers

i. Beclé. Acropole. T. II, p. 271.

2 Certains ornements, qu'il eût été trop difficile de sculpter dans les caissons renfoncés du plafond, y étaient peints. » Lec.rand. Mon. de la Grèce, p. 76.

3 Le portique avait été approprié au logement d'nn officier turc, en fermant les entre-colonnements par des murailles, comme nous le voyons dans le dessin de Stuart, et le plafond avait été chargé d'une grande quantité de terre pour le blinder et le mettre à l'abri de la bombe ; cette précaution même a contribué k sa ruine, car le support d'angle ayant manqué, cette masse énorme n'a fait qu'accélérer et rendre plus complète la chute de l'entablement.

4. Nous avons vu, au petit musée de l'Acropole, les espèces de pivots, les ârnes en bois de cèdre provenant du centre des tambours composant le fût de cette colonne ( p. loO).

PORTIQUE DU PANDROSION.

de 0"%50 environ de profondeur, réunis entre eux par une sorte de fissure. Ces trous pourraient bien n'être qu'un jeu de la nature; tout

Trous du trident.

annonce cependant que ce sont eux que l'on vénérait dans l'antiquité comme étant l'empreinte du coup de trident frappé par Neptune. Il est vrai que le trident avait trois pointes et qu'il n'y a que deux trous, mais en aucun temps la superstition n'y a regardé de bien près. Les dalles que M. Tétaz a détachées sont justement celles que soulevaient les guides, les exégètes, lorsqu'ils voulaient offrir l'empreinte sacrée à la curiosité ou à la vénération des visiteurs et des dévots.

Dans *le môme caveau est une petite citerne en partie ruinée; M. Beulé, en la faisant déblayer, a rencontré presque aussitôt le rocher; ce ne serait point une raison pour qu'elle n'eût point remplacé le puits d'eau salée, le flot, la WkoLaco: Epsy^Ow ^ qui partageait avec l'empreinte du tKident les hommages des pèlerins de l'Acropole. Il suffisait du plus petit bassin rempli d'eau salée; et quant au bruit que cette mer en miniature faisait entendre lorsque soufflait le vent dœ sud, la communication souterraine avec le temple pouvait, comme le remarque M. Beulé, l'expliquer aussi bien que l'escalier dérobé du sanctuaire d'Isis, à Pompéi, explique les oracles rendus par la déesse 2. En effet, de l'intérieur du Pandrosion, une petite porte souterraine w, de 1'", 20 de haut sur 0"\68 de large, percée dans le bas du mur septentrional de l'Érechthéion, et à laquelle on descendait par un chemin souterrain partant du corridor H, conduisait en secret à la grotte mystérieuse.

1. u Dans l'Érechthéion, on trouve un puits d'eau de mer, ce qui n'est pas très-surprenant, car

il y en a dans plusieurs endroits au milieu des terres, entre autres à Aphrodisias en Carie; mais

ce que celui-ci offre de remarquable, c'est que, lorsque le vent du sud souffle, on y entend un bruit

pareil à celui des flots. Il y a sur le rocher l'empreinte d'un trident. Cette empreinte et ce puits sont

les signes que Neptune fit paraître pour prouver que le pays lui appartenait. »

Pai SANJAS. Ait. C. XXVT.

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