‹ Athenes [microform], décrite et dessinéeChapitre 136 sur 276 · Attic. G. XVIÎ · texte numérisé non relu

Attic. G. XVIÎ

4. M. Pittakis et quelques autres ont cru retrouver, sur de» parties de stuc mieux conservées,

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M. Beulé pense que Pausanias n'a pas bien compris le sujet de cette composition. Les Athéniens, selon lui, croyaient Thésée fils de Neptune et non d'Egée. On lui dit de prouver son origine divine en plongeant dans la mer; il s'y précipita, fut recueilli par les Néréides et conduit au palais de Pluton, puis il revint après avoir reçu d'Amphitrite une couronne de pierres précieuses, dans laquelle il ne faut voir peut-être que le symbole de la richesse acquise par la navigation ^.

Dans les temps modernes, le temple de Thésée, après avoir longtemps servi d'église aux chrétiens, puis d'écurie aux Turcs, avait reçu une destination touchante : il servait de mausolée aux malheureux voyageurs qui expiraient loin de leur patrie. Abandonné pendant quelque temps, il n'était plus que l'école des architectes qui admiraient la pureté de son style, des peintres qui en reproduisaient à l'envi la belle couleur dorée; maintenant il est converti en un musée où sont réunis en assez grand nombre ces précieux fragments que le sol d'Athènes rend chaque jour à la lumière.

Dans le posticum sont diverses antiquités dont la plus importante est un grand sarcophage gréco-romain, presque entièrement brisé, dont les sculptures d'un beau style représentent un combat de cavaliers et de fantassins.

En avant du portique méridional et sous ce portique même, sont déposés de nombreux marbres antiques parmi lesquels on remarque plusieurs sièges plus ou moins ornés, provenant du gymnase d'Adrien, et un piédestal portant une inscription en l'honneur de cet empereur :

SQTHPI

KAI KTISTHI

AYTOKPATOPI

AAPIA>i2I

OATMIIIOI

« A Tempereur Adrien TOlympien, sauveur et fondateur*. »

Un magnifique sarcophage de marbre blanc, découvert dans le quar-

quelques traces du pinceau de Micon, mais comment savoir si ces faibles vestiges de couleur n'appartiennent pas à l'époque byzantine?

i. Belle. Cours d'archéologie. 1860.

2. Ce piédestal avait été vu par Chandler, à peu de distance du temple de Thésée, dans le chemin qui conduit au Pirée. Il était presque entièrement enfoncé dans la terre, et il fallut le dégager pour en découvrir Tinscription {Voy. en Grèce. T. II, p. 490).

Nous verrons pfjurquoi les Athéniens donnaient à Adrien le surnom d'Olympien.

TEMPLE DE THÉSÉE

tier septentrional d'Athènes, dans la cour du ministère des finances, est orné de guirlandes de fruits soutenues par des têtes de lions et de bœufs, et présentant au milieu, d'un côté un aigle, de l'autre un enfant. Ce sarcophage est inachevé, mais l'ensemble en est d'une grande richesse.

Au sud-est du temple, sur un tronçon de colonne, on a placé une Minerve-Victoire, À.6v)và Ntxr,, statue colossale sans tête, trouvée à Mégare.

L'intérieur du temple présente aujourd'hui, grâce à la réunion du promos et du naos ^ une salle longue de 16'", 90 sur une largeur de 6™, 22. Parmi les nombreuses antiquités qui y sont réunies dans un beau désordre qui nest point un effet de Vart^ nous signalerons : une statuette de Minerve en marbre, dans laquelle, en 1859, M. Charles

Guerrier de Marathon

au Temple de Thésée.

Minerve

Lenormant a cru reconnaître une réminiscence de la Minerve du Parthénon ^ ; un bloc circulaire de marbre que ses quatre inscriptions

4 « Elle a un demi-mètre environ de hauteur. C'est une œuvre de travail romain assez grossier, qui n'a d'ailleurs pas été achevée. La partie postérieure de la figure est encore brute, et le bras

BBOB

ATHKNES.

indiquent avoir porté une statue , mais qui ayant été creusé avait servi de fonts baptismaux dans le Théseion consacré à saint Georges; plusieurs statues ébauchées; une caryatide adossée à un pilastre et conservant des traces de peinture; des tombeaux gréco- romains; d'innombrables inscriptions sur des dalles, des stèles et des autels; quelques vases, diverses figurines de bronze, une foule de fragments de toutes sortes; enfin, sous verre, le fameux bas-relief archaïque , découvert dans Tun des nombreux tumuli de Valenidesa {la Chênaie), localité voisine de Marathon. Cette figure, où Ton retrouve de nombreux et importants vestiges de peinture , représente un guerrier contemporain des guerres médiques, appuyé sur sa lance. Sur la plinthe on lit: epaon apis- TOKAEoi et plus bas apistioxoï *.

Sur le terrain qui s'étend au sud-est du temple de Thésée, le peuple grec vient encore, le mardi après Pâques, exécuter une danse appelée le Labyrinthe, que les jeunes Athéniens y dansaient déjà le huitième jour du mois de Pyanepsion (novembre), et que Thésée lui-même avait exécutée à son retour de l'île de Crète ^.

Le reste de l'année, cette esplanade est occupée sans cesse par les troupes grecques qui viennent y apprendre la manœuvre, et les échos de l'Acropole et de l'Aréopage ne cessent de répéter les commandements qui se font en français, prononcé moitié à la grecque, moitié à l'allemande, mais nullement à la française.

A deux cents pas du temple de Thésée, sur la route de Lepsina, l'antique Eleusis, se trouvait un grand lion de marbre que les capucins n'ont point omis sur le plan d'Athènes qu'ils dessinèrent en 1670 et qui est également indiqué sur le plan de Spon ^. Ce lion, emporté par

droit, ainsi que la main qui le termine, est pris dans la masse de marbre. Les sujets retracés sur le bouclier sont seuls terminés et même avec une certaine finesse. Au reste, malgré l'inexpérience de l'artiste qui a exécuté cette reproduction, il est possible d'y sentir encore un reflet du grand caractère de l'œuvre qu'il a reproduite. »

Fr. Lenormand. Gazette des Beaux-Arts, V novembre 1860.

1. Revue archéologique, 1844. 1"" liv. — H. Hettner. Athen und der Pelopones.

2. « Theseus donc, partant de l'isle de Candie, vint descendre en celle de Délos, où il sacrifia au temple d'Apollo et y donna une petite image de Vénus qu'il auoit eile d'Ariadne ; puis, auec les autres ieunes garçôs qu'il auoit deliurez, dâsa vne manière de dâse que les Déliens gardent encore auiourdhui, comme l'on dit, en laquelle il y a plusieurs tours et retours à l'imitation des tournoyements du labyrinthe. » Plutarque. Vie de Thésée.

. 3. Ces plans sont reproduits dans le curieux ouvrage de M. de Laborde, Athènes aux xv*, \\f et XVII* siècies. T. I, p. 78, et t. II, p. 23. .,

MÉTROUN.

Morosini le Péloponésien en 1687, figure aujourd'hui à la porte de l'arsenal de Venise, avec celui qui décorait le Pirée qui en avait pris le nom de Porto- Leone,

Monument de Chalcodon. Dans la plaine, sur une butte peu éloignée à l'ouest du temple de Thésée, deux massifs de rocher, portant les ruines d'une chapelle dédiée à saint Anastase, ont fait partie, suivant M. Pit-

Monument de Chalcodon.

takis, du monument érigé au héros Chalcodon, entre la porte du Pirée et la porte Dipyle. C'est près de là que Sylla pratiqua dans la muraille la brèche par laquelle il pénétra dans la ville.

Dans la partie nord-ouest d'Athènes, il nous reste encore à signaler l'emplacement de deux édifices sacrés, dont de bien faibles vestiges sont parvenus jusqu'à nous.

MÉTROUN. En haut de la rue du Sénat (6âo; Bo'j>.sur/fptou) , qui aboutit à l'Acropole en face de la grotte de Pan, est une église ruinée qui portait le nom d'Hypapandie. M. Pittakis ^ pense qu'elle avait succédé au temple de la mère des dieux, appelé Métroun^. « Ce temple, dit-il, était entouré d'une assez grande enceinte dont quelques vestiges existent encore. On y voyait de nombreuses statues... Dans l'enceinte de ce temple était le tonneau de Diogène. »

M. Pittakis publie diverses inscriptions qu'il y copia sur des piédestaux qui s'y voyaient encore à l'époque déjà ancienne de la publication

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