‹ Athenes [microform], décrite et dessinéeChapitre 140 sur 276 · ViTRiVE. L. VII. Préf · texte numérisé non relu

ViTRiVE. L. VII. Préf

2. "Oiisp T?i{xtT£).è? xaréXiite tsXetjtwv ô àvaOsiç pa<n>>£Ûç. L. IX.

Laporte-Dutheil traduit ainsi ce passage : u L'Olympium resta imparfait à cause de la mort du roi qui en fit la consécration ; » mais, reconnaissant lui-même que cette consécration d'un édifice à moitié achevé est peu vraisemblable, il propose, tout en avouant que ce serait être en opposition avec tous les manuscrits et les imprimés, de substituer au mot àvaôsî;, qui a consacré, le nom même du prince, Antiochus, 'Avxioxoç. N'est-il pas plus simple d'employer le verbe àvaTiOyiiAi, ainsi que nous l'avons fait, dans une de ses acceptions ordinaires, celle de refaire, de recommencer? Nous verrons bientôt que le monument lui-môme donne raison à l'interprétation que nous proposons et que nous avons pour nous Tite-Live qui dit que le temple fut commencé, inchoatum, et non pas consacré, dedicatutn, par Antiochus.

3. M Dans les offrandes qu'Antiochus adressait aux villes, dans les honneurs qu'il rendait aux

dieux, il surpassait en magnificence tous ses prédécesseurs. Témoin le temple de Jupiter Olympien

à Athènes et les statues dont il entoura l'autel de Délos. »

PoLYBE. Hist. gén. L. XXVI, fragm. 10.

4. « Le roi Antiochus, quatre cents ans plus tard, ayant promis de faire la dépense de l'entreprise, Cossutius, citoyen romain, dirigea, avec le plus grand talent, la construction de la vaste cella, rérection des colonnes autour du diptère, la pose des entablements, et la distribution des autres ornements selon les règles de la symétrie. » Vitrive. L. VII. Préf.

5. « Antiochus surpassait en magnificence tous les autres rois, lorsqu'il envoyait à différentes villes de quoi faire des sacrifices les jours de fête, ou dans les hommages qu'il rendait aux dieux. C'est ce qu'on peut voir par le temple de Jupiter Olympien de la ville d'Athènes et par les statues qu'il avait fait placer autour de l'autel de Délos. » Athénée. Deipn. L. V.

TEMPLE DE JUPITER OLYMPIEN

Tite-Live^, Velleius Paterculus^, s'accordent à désigner Antiochus Epiphane ^ , qui régna en Syrie vers le même temps , de l'an 176 à l'an 164.

Le temple dont nous voyons les restes était d'ordre corinthien, le plus moderne des ordres grecs ^; il était diptère, c'est-à-dire entouré

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Plan du temple de Jupiter olympien.

tout entier d'un double rang de colonnes, qui même ici était triple à chacune des façades. Cette disposition, la plus riche et la plus dispendieuse de toutes, dut être rarement appliquée, et Vitruve^ n'en cite que

1 . « La magnificence d'Antiochus envers les dieux serait attestée, ne fût-ce que par le temple de Jupiter Olympien qu'il fit commencer à Athènes, le seul au monde qui réponde à la grandeur de ce ï^i«"- " TiTE-LiVE. L. XU, c. 25.

2. « Antiochus Epiphane, ce roi de Syrie qui éleva dans la ville d'Athènes un temple à Jupiter Olympien... » Velleius Patercclus. Hist. rom. L. I, c. 10.

3. Le surnom d'Épiphane, illustre, a prévalu, bien que Polybe {Hist. gén. L. XXVI, fragm. 10) etTite-live (L. XLI, c. 2) prétendent qu'Antiochus méritait plutôt celui d'Épimane, fou furieux.

4. Nous verrons que le plus ancien exemple connu de cet ordre est le monument choragique de Lysicrate qui ne date que de la fin du iv« siècle avant J.-C. Il est vrai qu'on sait que, vers l'an 385, on avait déjà employé cet ordre au temple de Minerve à Tégée, bâti par Scopas, et que même on a cru en reconnaître le germe dans un chapiteau unique du temple de Phygalie, dessiné par Ictinus, l'architecte même du Parthénon, en l'an 429 avant J.-C.

ATHÈNES

deux exemples : « C'est ainsi, dit-il, que sont construits à Rome le temple dorique de Quirinus , et à Éphèse le temple ionique de Diane , ouvrage de Chersiphron *. »

Un troisième temple diptère, celui d'Apollon Didyméen à Milet, bâti par Péonius et Daphnis, ne remonte pas non plus au delà du iv" siècle

avant notre ère.

Le temple fondé deux cents ans auparavant par Pisistrate ne pouvait être que d'ordre dorique , le seul usité en Grèce à cette époque ; il ne pouvait avoir dix colonnes à la façade, puisque encore sous Périclès on regarda comme une innovation le Parthénon qu'Ictinus fit octastyle, tandis que tous les temples qui l'avaient précédé étaient simplement hexastyles; bien moins encore devait-il être diptère. Or, comme ce temple s'élevait déjà à une certaine hauteur au-dessus du sol, il est évident qu'Antiochus ne put le continuer sur le même plan , et que s'il utilisa quelque partie de ce qui existait de son temps, ce ne put être tout au plus que le massif des fondations auquel nécessairement il donna une beaucoup plus grande étendue. Ce n'est donc pas sans raison que nous avons dit, interprétant d'une nouvelle manière le passage de Strabon , que ce prince recommença 2 le temple que la mort ne lui permit pas d'achever. Il devait être assez avancé cependant, ainsi que le prouve le passage de Vitruve que nous avons cité^, lorsqu'en l'an 87 avant Jésus-Christ Sylla s'empara d'Athènes, puisqu'il le mit au pillage et enleva des colonnes ^ et des portes de bronze avec leurs chambranles pour en orner le temple de Jupiter Capitolin. Plus tard, les rois alliés d'Auguste voulurent le terminer 5, mais, quoi qu'en ait dit Suétone, l'œuvre fut encore interrompue^.

1. Vitruve conserve ici, au temple d'Éphèse, le nom de son premier architecte qui vivait au commencement du VI* siècle; mais, brûlé par Érostrate en 356, il fut rebâti avec plus de magnificence par Dinocrate, et ce ne peut être qu'à ce second temple que s'appliquent les mots de Vitruve : uti est, comme est, et non pas comme fut, le temple de Diane.

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