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PŒCILE

monuments qui l'avaient le plus frappé dans ses voyages; le Pœcile fut du nombre , et c'est par les ruines de sa copie encore debout à la villa Adriana, qu'il nous est possible de concevoir une idée exacte de ce qu'il était à Athènes.

Plan probable du Pœcile.

Qu'on se figure un double portique fermé à chaque bout et partagé dans toute sa longueur par un mur. L'une des galeries, exposée au nord, offre en été un abri contre la chaleur; l'autre, regardant le midi, concentre pendant l'hiver les rayons du soleil ; des sièges y attendent les flâneurs, les politiques et les philosophes^; une porte centrale E permet de passer d'un portique dans l'autre; tel était le Pœcile. Les faces de la muraille centrale offraient de chaque côté deux vastes espaces, A B et G D , propres à recevoir les compositions des grands peintres appelés à y retracer des épisodes célèbres de l'histoire de la Grèce et d'Athènes. G'était là que s'étaient exercés les illustres pinceaux de Polygnote 2 et de ses deux disciples Paninus et Micon. G'est au premier qu'appartient un sujet parfaitement conforme à la nature de son talent, puisqu'il excellait surtout à peindre les femmes : « Les chefs sont assemblés pour délibérer sur l'attentat d'Ajax contre Gassandre. On voit figurer dans la composition Ajax lui-même, Gassandre et d'autres captives ^ » Plutarque, d'ailleurs, dit en termes précis que cette scène était l'œuvre de Polygnote ^.

1. u Tout entier à ces réflexions, j'arrive au Pœcile; j'y vois une foule très-compacte, quelques hommes sous le portique même, un plus grand nombre en plein air, certains autres enfin criant et vociférant des sièges où ils étaient assis. Je me doute, ce qui était vrai, que c'est une discussion philosophique. » Lucien. Jupiter tragique,

2 « Polygnote travailla gratuitement au Pœcile d'Athènes avec Micon, qui, lui, se faisait payer. »

Pline. L. XXXV, 35.

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