‹ Athenes [microform], décrite et dessinéeChapitre 181 sur 276 · TON EEAKOSIQN KAI G AHMOS · texte numérisé non relu

TON EEAKOSIQN KAI G AHMOS

AXA0ENTOS EK TQN lAIQN

AIONïSIOr TGV AÏAOr MAPA

OQMOr ArOPANGMGTNTQN

AÏTGY TE AIGNVlIGr MAPA

f)ÛNIGr KAI KGINTOr NAIBIGV

PGra>GV MEAITEÛS

« Le conseil de l'Aréopage, le conseil des six cents* et le peuple {honorent) la divine Julie,

Providence auguste {de cette statue) érigée aux frais de Denis, fils d'Aulus,

de Marathon ; étant agoranomes, ce même Denis de Marathon

et Quintus Naevius Rufus de Mélite. »

La présence auprès du portique d'une statue érigée par un agoranome, OU inspecteur du marché, est une preuve de plus à l'appui de notre opinion sur la destination du monument.

La TGLR DES Vents 2, ou horloge d'Andronicus Cyrrhestes, est un petit édifice de marbre blanc et de forme octogone, qui s'élève au milieu d'une place à l'extrémité et dans l'axe de la rue d'Éole, au pied et au nord de l'Acropole, non loin de la nouvelle Agora. Ce marché étant le lieu le plus central et le plus fréquenté de la ville , aucune situation n'était plus convenable que celle-ci pour un monument destiné à donner aux citoyens des renseignements dont ils pouvaient avoir besoin à chaque instant.

Entièrement dégagée des décombres dans lesquels, à l'époque de l'expédition de Morée, elle était encore à moitié ensevelie, la tour des Vents se trouve aujourd'hui isolée dans une enceinte en contre-bas de 5 mètres

i. Sur ce conseil des six cents, voy. p. 228. 2. Voy. la vignette en tôte du chapitre.

TOUR DES VENTS

au moins au midi , et de 3 mètres seulement au nord , fermée par une grille, et dans laquelle sont déposés divers fragments antiques.

Ce monument a été décrit par Vitruve*. « Ceux, dit -il, qui ont recherché avec le plus de soin les différences des vents, en ont compté huit, et particulièrement Andronicus Cyrrhestes 2, qui bâtit pour cet effet à Athènes une tour de marbre de figure octogone, sur chacun des côtés de laquelle était l'image de l'un des vents à l'opposite du lieu d'où il souffle. Sur cette tour, qui se terminait en pyramide, il posa un triton d'airain qui tenait une baguette de la main droite; et la machine était ajustée de sorte que le triton, en tournant, se tenait toujours opposé au vent qui soufflait et l'indiquait avec sa baguette-'^. »

11 paraît qu'au moyen d'un mécanisme fort simple, une aiguille suivait à l'intérieur du monument les évolutions du triton. « Dans le haut de cette coupole, dit Varron ^, est peinte la rose des huit vents, comme dans l'horloge que fit Cyrrhestes à Athènes; et une aiguille supportée par le tourillon se meut de façon à indiquer quel vent souffle au dehors. »

Ce curieux édifice a été omis par Pausanias, et pourtant à l'époque où il visita Athènes il existait depuis longtemps. M. Pittakis croit avec Stuart qu'il dut être à peu près contemporain de la première horloge publique, établie à Rome dans un lieu couvert par Scipion Nasica, pour suppléer à l'insuffisance des cadrans solaires, en l'an 159 avant Jésus- Christ, l'an de Rome 595^; mais d'après certaines imperfections d'architecture indiquant un commencement de décadence, M. Beulé ^ pense qu'il ne date que du règne d'Auguste.

Hors œuvre, le diamètre de la tour des Vents est de 7"', 95, ses huit faces égales entre elles sont larges de 3™, 28 et hautes de i2'",20, y compris les trois degrés du soubassement, et la corniche ornée de têtes

2. Nous ne trouvons dans les auteurs anciens aucun renseignement sur cet Andronicus Cyrrhestes. Était-il astronome, sculpteur ou architecte? Était-ce simplement un riche particulier qui dota Athènes d'un monument utile? C'est ce qu'il est impossible de décider.

3. Telle est à Venise la statue en bronze de la Fortune qui décore la douane de mer ; telle est la fameuse Giralda de Séville ; telle était sans doute aussi la statue colossale de Jupiter, exécutée par Lysippe, pour la ville de Tarente, « placée tellement en équilibre, dit Pline (L. XXXIV, 18), qu'on la Taisait mouvoir d'un doigt sans qu'aucune tempête pût la renverser. »

Page 1